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«Je ne partirai pas aux élections municipales."
Entretien avec Michel Rivet-Paturel, article du Progrès du 19 septembre 2007
L’ancienne présidente du Conseil régional met fin à son parcours politique
Serez-vous tête de liste aux municipales à Lyon ?
Non, je ne partirai pas aux municipales. Je ne le dis pas sans émotion car j’aime beaucoup Lyon et j’ai été très sensible au soutien des Lyonnais dans mes différents mandats et à tout ce qu’ils m’ont apporté.
Alors pourquoi les délaisser ?
Parce qu’il n’est pas possible d’avoir deux discours. On ne peut plaider pour un renouvellement du personnel politique et rester. Dans mon parcours politique, j’ai toujours mis mon discours en pratique.
Le résultat des législatives a-t-il influé sur votre décision ?
Le patron c’est le peuple. Mon échec aux législatives m’a aussi conduit à penser que la classe politique ne devait pas s’accrocher au pouvoir. Mon meilleur défaut c’est la lucidité.
Et l’agression verbale violente de Patrick Devedjian fin juillet ?
Ça fait 20 ans que je reçois des coups et ils ne m’ont jamais touchée fondamentalement. Peut-être grâce à Barre qui disait qu’il faut avoir le cuir épais.
François Bayrou ou Michel Mercier auraient-ils pu vous faire changer d’avis ?
Compagne de combat de Fançois Bayrou de longue date je me doute qu’il aurait préféré que je reste dans l’engagement politique mais ma décision est une décision très pensée. Leurs interventions n’auraient rien changé.
La perspective de faire alliance au second tour avec Gérard Collomb ou Dominique Perben vous a-t-elle rebutée ?
Doutez-vous encore de ma capacité à prendre des décisions à risques ? En 1999 j’ai dirigé la Région avec des Verts et des socialistes et en 2004 j’ai fait liste commune avec l’UMP.
Pensez-vous à la déception des militants démocrates ?
Je la comprends mais c’est un hommage que je leur rends : ma décision est plus facile à prendre car je sais qu’il y a une relève qui est prête.
Quel leader à votre place ?
Je fais confiance aux militants. Si j’ai pris ma décision il y a déjà quelque temps et ne la livre qu’aujourd’hui, c’est parce que je me suis donné le temps de mettre la maison démocrate en ordre : les groupes de travail sont opérationnels et notre site participatif est lancé. Il y a trois ou quatre personnes qui ont dans leurs mains les cartes pour devenir chef d’équipe..
C’est la fin de votre carrière politique ?
Je termine mon parcours politique. Je souhaite retourner dans la vie professionnelle. Mais je mènerai mon mandat au Conseil régional jusqu’à son terme.
>> Quel est votre avenir ?
Celui que je vais me construire. J’explore des pistes professionnelles, plutôt dans les sciences et dans les PME que j’aime beaucoup.
Vous partez après une défaite aux Régionales puis une autre aux législatives, n’avez-vous pas un petit goût d’inachevé ?
Quand je suis à la Part-Dieu et que je vois qu’il y a beaucoup plus de TER parce que je l’ai fait voter ; quand je vois tous les incubateurs d’entreprises que j’ai mis en place, quand je vois la pose de la première pierre de la halle Jean-Jaurés qui était dans le contrat d’agglomération que j’ai signé en 2003 avec Gérard Collomb comment aurais-je un goût d’inachevé ? Je suis également fière d’avoir contribué, à mon niveau, à la modernisation des idées : à la Région, j’ai été l’artisan de ce changement qui semble aujourd’hui naturel : faire travailler ensemble des gens différents.
Qu’est-ce qui vous porte ?
Le monde qui change.
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Du Vaucluse à Lyon
Née le 11 juillet 1947 à Orange, Anne-Marie Comparini a fait carrière à l’ORTF puis à l’INA au début des années soixante-dix. Elle sera assistante parlementaire de Raymond Barre de 1978 à 1995.
Conseillère régionale de Rhône-Alpes depuis 1989, conseillère communautaire et adjointe au maire de Lyon de 1995 à 1999. Députée UDF du Rhône de 2002 à 2007. Elle succéda à Charles Millon à la présidence du Conseil régional début 1999 après l’accord de celui-ci avec le FN. Elle dirigera la région avec une majorité hétéroclite composée d’une poignée d’élus de droite et du centre et la plupart des élus de gauche.
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Lucidité, humilité et dignité
Proche et fidèle de Raymond Barre, Anne- Marie Comparini tire sa révérence après son échec aux élections législatives.
Victime consentante de la stratégie d’indépendance de François Bayrou elle ne regrette rien : «C’était les valeurs» qui étaient en cause, dit-elle, et manifestement celles du sarkozysme triomphant ne pouvaient pas être celles de cette ancienne alliée de l’UMP. Femme de conviction, humaniste et grosse bûcheuse - unique femme du groupe UDF à l’Assemblée elle fut plus d’une fois mise en avant - elle s’incline aujourd’hui devant « le peuple qui est notre vrai patron ».
Chacun apprécie selon ses propres options le parcours, les positions et les réalisations politiques d’Anne-Marie Comparini mais une évidence semble s’imposer : en se retirant d’elle-même du jeu elle honore la politique et contribuera peut-être un peu à réconcilier les électeurs avec ce personnel si souvent décrié pour son arrogance.
Après vingt ans de différents mandats, avec lucidité et humilité, elle tire les conséquences des règles démocratiques et des principes qu’elle défend. Quel homme politique, à son âge, aurait eu le courage et, osons-le, la dignité d’en faire autant ?
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