LANCEMENT DE L’ANTENNE LYONNAISE DU CERCLE ECONOMIQUE SULLY
DINER-DEBAT DU JEUDI 3 NOVEMBRE 2005
Anne-Marie COMPARINI devant les participants de la première soirée du Cercle Economique Sully de Lyon
C’est à l’Hôtel Charlemagne dans le deuxième arrondissement que l’antenne lyonnaise du Cercle Economique Sully a été lancée , jeudi 3 novembre au soir, par son Président national Michel de Fabiani, ancien président de BP France et Europe, et Henri GUITELMACHER, choisi comme délégué régional pour animer les prochaines réunions du Cercle à Lyon. A cette occasion, Anne-Marie COMPARINI et Michel MERCIER, étaient les invités d'honneur.
Une centaine de participants - chefs d’entreprise, cadres dirigeants, responsables syndicaux ou d’organisations professionnelles étaient réunis pour ce dîner-débat qui avait pour premier thème « Relancer le travail et l’emploi ».
Anne-Marie COMPARINI, dans son allocution d’ouverture, a évoqué les raisons qui l’ont amenée à promouvoir la création d’une antenne lyonnaise du Cercle Sully, et ce qu’elle attendait des réunions de cette nouvelle structure. (cf texte de son allocution ci-dessous).
Michel de Fabiani est ensuite intervenu pour présenter le Cercle Economique Sully, son fonctionnement et ses aspirations. Il a précisé les thèmes majeurs sur lesquels les antennes du Cercle seraient appelées à travailler. Il s’agit notamment de faire des propositions sur la réforme fiscale, le travail, l’énergie, la promotion de l’esprit d’entreprendre, et l’innovation.
Ensuite, les participants ont pris la parole pour préciser leurs attentes vis-à-vis du Cercle Sully ou les thèmes qu’ils souhaitaient également voir abordés. Certains ont souhaité poser des questions aux invités d’honneur.
Ainsi, le débat s’est intéressé à la décentralisation, au coût du travail, à la crise du monde syndical, à la réforme du code du travail, aux 35h, ou au Budget et à la dette de l’Etat.
Interpellée en tant que parlementaire sur ce dernier point, Anne-Marie COMPARINI a souhaité réagir en précisant que les parlementaires UDF tiraient depuis 2002 la sonnette d’alarme quant à situation des finances publiques. Elle a précisé qu’après un vote d’abstention pour le budget 2005, les députés UDF venaient de voter contre la première partie (recettes) du Budget 2006 pour cinq raisons essentielles, notamment le fait que ce projet de budget était à leurs yeux insincère, injuste, et qu’il était surtout porteur de menaces pour l’avenir dans la mesure où il ne remédiait en rien aux déficits publics. Bien au contraire, il reconçait sur le long terme à un certain nombres de recettes pourtant indispensables (privatisation des sociétés d'autoroute). Elle a enfin précisé qu'à l'instar de ses collègues siégeant à l'UMP, elle avait été élue pour alléger la dette publique et réduire les impôts.
C’est à Michel Mercier qu’est revenu la charge de conclure la soirée.
Il a d’abord tenu à remercier Anne-Marie COMPARINI de son initiative, Michel de Fabiani pour son travail, et les participants d’avoir répondu présent.
Prolongeant les propos d’AM COMPARINI, il a lui aussi évoqué le problème des finances publiques, les positions du groupe sénatorial qu’il préside mais aussi la situation financière des collectivités locales qu’il connaît bien pour présider le Conseil général du Rhône, et qui seront cette année pour la première fois en déficit. Rappelant la conviction décentralisatrice qui a toujours animé l’UDF, il a avoué cependant que la décentralisation à la française est une décentralisation "pervertie". En effet, la décentralisation telle qu’elle est en train d’être mise en place en France se traduit d'avantage par un transfert de charges vers les collectivités locales et non par la possibilité pour elles de développer des politiques originales et autonomes en adéquation avec les besoins locaux. Par ailleurs, la décentralisation en France n'a pas paradoxalement pas permis d'aboutir à un allègement du train de vie de l'Etat.
En conséquence, Michel Mercier a affirmé attendre beaucoup des travaux du Cercle Sully et plus précisément que se dégagent de ces réunions d’échange et de proximité indispensables des propositions de réforme globale. En effet, faisant référence au Rapport Camdessus, il a rappelé que la France souffrait surtout de l’ « effet système », qui fait que toute « mesurette» est inutile voire perverse, car elle remet en cause des pans entiers d’un système en ne s'attaquant qu'à des problèmes à la marge. Il en prend pour exemple la réforme fiscale qui, bien que nécessaire, s’avère injuste et inefficace puisqu'elle ne s’ést attachée qu’à une partie du problème, en l’occurrence la réforme des tranches d’imposition.
Allocution d’AM COMPARINI en ouverture du Colloque :
A l’origine de cette réunion, il y a une discussion de « colloque buissonnier » à Turin. Avec un propos dérangeant parce que nous avons remis en cause un des mythes fondateurs de la société, une des utopies de la seconde guerre mondiale: notre régime de protection sociale (santé et retraite). Qui a bien fonctionné pendant les périodes de reconstruction du pays. Mais qui aujourd’hui, pénalise notre économie et les français eux-mêmes dans leur emploi. A y regarder de près en effet le nœud du problème français est bien là.
Le coût du travail trop chargé, donc des produits français trop chers, c’est un pouvoir d’achat qui n’augmente pas ; c’est le départ d’entreprises, les délocalisations ne sont pas seulement décidées pour se rapprocher de clients potentiels ; c’est un commerce extérieur en déficit, ce qui est relativement nouveau chez nous.
Cette idée m’a trotté dans la tête et je me suis mise à l’écoute de tout ce qui pouvait se dire sur ce sujet.
A l’origine de cette réunion, il y a la conviction que lorsqu’un pays doit changer ses modes de pensée et d’action, il faut une mobilisation forte. L’opinion des seuls politiques ne suffit pas, le projet doit être partagé.
Il y a aussi la conviction que lorsqu’un pays est en état de crise, et le notre l’est malheureusement, il ne faut pas improviser. Les pilotes d’avion ou de bateau tentent de régler les situations de crise par l’application de procédures d’urgence mûrement réfléchies et répétées avant l’incident.
A l’origine de la date il y a l’intuition que le moment est venu de sonner « la fin de la récré », de se mettre au travail. Les caisses sont vides, les français vont mal et nous cumulons tous les déficits : financier, de croissance, de cohésion, de gouvernance et d’Europe.
Dans l’histoire de notre pays, me direz-vous, c’est déjà arrivé. C’est vrai. Mais le monde est différent des années 1957. Nos importations viennent de pays à bas salaires. La création du marché unique ne donne pas le dynamisme escompté faute d’harmonisation fiscale et sociale. L’environnement international est dangereusement mouvant : il n’est qu’à voir les conséquences sur nos économies du prix des matières premières, du terrorisme aveugle et de l’anarchie des flux financiers.
Un groupe comme celui de Sully peut aider les politiques :
A avoir une vision lucide de la crise et de ses souffrances.
A assumer la réalité pour l’améliorer de manière pragmatique.
Et à prendre des risques. C’est important. Le monde futur ne sera pas chez nous, si nous ne prenons pas ces risques là !