Anne-Marie COMPARINI inaugurait le 1er Campus Européen Cuir et Chaussure à Gerland, mis en place par l'entreprise CTC implantée dans le 7ème.
Ce projet, qu'elle avait soutenu et financé à la Région Rhône-Alpes, l'un des partenaires, confirme la place de la région comme leader dans le secteur de la maroquinerie.
Anne-Marie COMPARINI a, dans son intervention, souligné l'innovation importante de ce campus, qui permettra de relever le défi de la compétitivité internationale.
Voici le texte de son intervention:
L’innovation a toujours été pour vous, un enjeu majeur et très tôt - il y a longtemps que nous nous connaissons- l’équipe dirigeante du Centre technique du cuir a compris qu’il fallait considérer la qualité des produits et leur créativité comme une opportunité. Pour les entreprises que vous conseillez. Pour les jeunes que vous formez.
En ce début de 21ème siècle, votre capacité est loin de s’émousser comme en témoignent les nouveaux locaux que nous inaugurons aujourd’hui. Vous comprenez dés lors ma joie d’être avec vous. C’est un bel exemple de dynamisme que vous nous donnez : il est source d’espoir au moment où le spectre du déclin hante nos esprits et trouve une résonance dans l’opinion publique.
Mais il faut dire que nous avons la chance à Lyon de disposer de grands pôles technologiques. Vous êtes un de ceux là et il est essentiel de vous permettre une réactivité plus forte par l’acquisition d’équipements adaptés aux activités industrielles actuelles. Et de vous aider à multiplier vos champs de recherche en vous soutenant dans vos stratégies d’alliance avec d’autres réseaux technologiques européens et de coopération avec le monde industriel.
Au fond la réalité est là. La concurrence s’établit et par les prix et par l’innovation et dans la plupart des secteurs d’activité, la croissance trouve son origine dans la capacité de ses acteurs à inventer de nouveaux produits qui donneront un avantage commercial à nos entreprises pour se maintenir sur les marchés extérieurs et en trouver d’autres.
Mais je ne sous-estime pas les efforts à entreprendre car le décrochage est patent surtout en comparaison avec les Etats-Unis. Disons les choses clairement notre talon d’Achille, ce n’est pas le manque de talents. Nous en avons ! Notre talon d’Achille, c’est une mobilisation trop faible en faveur du soutien à l’investissement privé et à la recherche publique.
Pour les industriels, on le sait tous, innover coûte cher et le résultat n’est pas immédiat. Et les PME françaises investissent huit fois moins dans la recherche que les PME américaines. C’est un défi à relever prioritairement. Je suis convaincue qu’un statut général des enseignants chercheurs qui donnerait de la souplesse dans le temps, l’alternance ou la concomitance des activités de recherche, de formation et d’animation des équipes est une voie à ne pas négliger au moment où nous devons à la fois renouveler les générations de scientifiques, rendre plus intéressantes ces deux fonctions et réussir le transfert des connaissances vers les entreprises.
C’est ce que vous faites déjà ici en apportant un appui technologique aux jeunes créateurs d’entreprises et aux entreprises, nombreuses du secteur.
Votre structure peut inspirer les réflexions nationales : la compétitivité ne vient pas que des pôles émergents, elle vient aussi des entreprises dites traditionnelles qui pourront utiliser l’innovation. Si nous savons les soutenir par des crédits d’impôt ou des plateformes telles que celle que nous visitons.
Se fixer de telles priorités a un coût, je le sais bien et c’est pourquoi je milite pour que notre Pays sache investir sans faiblir dans les domaines qui font la croissance : la formation, la recherche et l’innovation.
Investir au niveau national pour renforcer ses capacités sur des secteurs ciblés en recherche fondamentale sans lesquels aucun transfert d’innovation n’est réalisable et s’organiser efficacement autour d’un site ou d’une région pour avoir une vision territoriale plus marquée et valoriser les bonnes idées en multipliant les liens avec les entreprises.
Investir aussi au niveau européen. On parle beaucoup ces temps-ci de l’Europe, de son élargissement et on néglige peut être les stratégies communes de croissance, la recherche-développement ou la réalisation de réseaux de mobilité, dans lesquelles nous pouvons exceller.
Je pense d’ailleurs que le rapport Kok qui met en garde l’union sur les retards pris dans la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne tombe à pic. Et même si ce rapport est excessif, il peut nous aider pour favoriser l’économie du savoir:
À concevoir des actions conjointes et volontaristes au niveau européen,
À les envisager rapidement tant la concurrence internationale est rude avec la montée en puissance de la Chine, de l’inde,
Et à évoquer la nécessaire augmentation du budget européen en Europe.
Vous le voyez mesdames et messieurs qu’en parlant très succinctement de stratégies nationales et européennes en des termes voisins de ceux que j’ai utilisés à l’assemblée nationale, je ne me suis pas trop éloignée de l’événement qui nous rassemble.
Parce que tous ceux qui travaillent ici montrent par leurs actions, la justesse de leur compréhension d’un monde complexe. Ils méritent donc notre estime. Et doublement dirai-je, car ils contribuent par là même, au développement d’entreprises fortes sans lesquelles nous ne pourrions conserver les moyens de notre cohésion sociale. C’est essentiel à notre époque et c’est pourquoi je tenais à le souligner.