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lettre d'information
 

Inauguration bâtiment LR6 à l'ENS Lyon

 



Anne-Marie COMPARINI est intervenue lundi 5 juillet lors de la cérémonie d'inauguration du nouveau bâtiment LR6.
En tant que Députée du Rhône et de la circonscription dont dépend l'ENS, elle a rappelé l'importance du secteur de la recherche dans cette partie de Lyon et l'enjeu de promouvoir de telles infrastructures indispensables aux activités de recherche en France.





Voici le texte de son intervention:

"Merci, Monsieur le Directeur, de m’avoir invitée à cette inauguration.
On dit souvent qu’en ce début de siècle, la France et l’Europe semblent avoir perdu leur foi dans le progrès. Que leur capacité à innover paraît s’émousser.

Cette inauguration montre que tout n’est pas juste dans ce constat. Je dirai même, pour bien connaître cette partie de ma circonscription- triangle d’or de la recherche- que je n’y vois aucune frilosité, aucun essoufflement.
Bien au contraire. Que ce soient les équipes de l’Université, celles des grands instituts ou celles des Grandes écoles, toutes manifestent un formidable dynamisme. Un dynamisme d’autant plus remarquable que c’est vous-même- je peux en témoigner- qui recherchaient sans cesse à développer votre positionnement dans le milieu- très concurrentiel- de la recherche mondiale.

Et vous le faites, parce que vous avez compris que la recherche et l’innovation peuvent seules nous sortir de la stagnation actuelle.
Osons le dire. La croissance venue d’ailleurs, c’est bien. Mais ce serait encore mieux si nous étions capables de « fabriquer » notre propre croissance.

C’est possible et pas visiblement au dessus de nos forces. L’une des clés réside dans notre volonté de développer la recherche et dans notre capacité à innover, afin de créer des emplois nouveaux. Pourquoi notre Pays serait-il, en Europe, celui qui crée le moins d’emplois, alors qu’il peut être fier de posséder un pôle scientifique de grand rayonnement ?
Ces brefs commentaires pour expliquer que le temps est venu de réviser nos politiques en matière de recherche. Je dirai même qu’il y a urgence à agir dans ce domaine car la concurrence des économies post-industrielles par l’innovation n’est pas nouvelle. Elle aurait dû être prise en compte, avec plus d’ampleur, dès le Sommet de Lisbonne.

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, il faut savoir investir dans les hommes. Prévoir un statut du chercheur et son évolution de carrière (pas de recherche sans enseignement et vice-versa). Prévoir des moyens financiers pour les équipes elles-mêmes. Nos organismes publics sont trop cloisonnés, insuffisamment ouverts sur le monde et l’entreprise. Il faut les réorganiser, mettre en place de réels partenariats entre eux et favoriser les mutualisations des programmes de recherche.

Il faut savoir parier sur les pôles d’excellence, en concentrant les efforts de tous nos lieux de savoir sur des stratégies communes mûrement réfléchies. Les pôles deviendront alors sources de croissance et aimants pour les entreprises.

Il faut savoir investir dans l’Europe. Il serait en effet réducteur de ne repenser nos politiques qu’au niveau national. Il ne s’agit pas de créer de nouvelles instances- inutilement budgétivores- mais avant tout d’accélérer le processus de coopération technologique. La recherche française est bien placée dans le 6ème programme européen. Sachons utiliser le doublement du budget européen à venir pour lancer des initiatives dans les secteurs industriels porteurs et rendre notre territoire plus attirant pour les meilleurs chercheurs.
J’ai tenu à vous parler de ces grands axes de réforme parce que c’était l’un des quatre amendements déposés par mon groupe à l’Assemblée nationale au moment du vote du budget 2004. Il avait été malheureusement rejeté.
Parce qu’ils émergent des propositions rédigées par les comités locaux, en vue du prochain colloque national des chercheurs.
Parce qu’enfin le Président de la République les a repris dans sa conférence de presse d’avril.

Je ne sous-estime pas l’effort que cette politique nouvelle sous-entend.
Je connais trop, simple exemple, l’ampleur des investissements réalisés ici depuis 10 ans. Mais le décrochage des efforts de recherche français et européens face aux Etats-Unis qui pratiquent une politique volontariste, face au Japon qui en fait une priorité nationale, face à de nouvelles zones d’Asie largement engagées dans l’innovation, nous condamnent à aller au-delà des discours incantatoires et à intensifier l’effort financier.

Je sais bien aussi que les finances publiques souffrent de déficits considérables et d’un endettement qui ne cesse de croître. Mais c’est notre force vitale et motrice des progrès à venir. D’ailleurs, pensons aux ouvertures faites par Bruxelles sur le Pacte de Stabilité. La recherche n’est-elle pas un vrai investissement sur lequel on peut construire du développement!

Ce que nous voyons ici, un pôle à rayonnement mondial, bien doté des équipements performants, réunissant tous les acteurs de la recherche universitaire et scientifique, accueillant des incubateurs de start-up me confirme dans l’idée qu’il ne faut plus attendre et que dès le budget 2005 il faut faire de la recherche et de l’innovation l’une de nos priorités nationales.


 

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