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Discours d'Anne-Marie COMPARINI au Congrès de Versailles

 



« Mes chers collègues,

Puisque nous n’avons que 5 minutes, ce que je regrette, mon intervention ne portera que sur la Constitution pour l’Europe qui même si elle comporte quelques lacunes, est une avancée majeure pour nous européens.
J’en parlerai avec d’autant plus de satisfaction que l’UDF réclamait déjà en 1999 un système institutionnel capable de rendre l’Europe plus démocratique, plus efficace et plus lisible. Il nous semblait en effet vain de vouloir un projet européen, sans avoir les institutions aptes à le promouvoir auprès de nos concitoyens.

Aujourd’hui avec la Constitution, nous accédons à une étape décisive qui nous fera progresser vers plus de démocratie. Une étape bien utile car l’Europe a besoin de la participation des Européens pour répondre à l’incontestable déficit démocratique. Mais aussi pour se rapprocher de sa vision fondatrice. L’Europe a été créée non pour coaliser des Etats, mais pour unir des Hommes. Or, son fonctionnement intergouvernemental explique en partie le peu de familiarité des citoyens avec elle. C’est donc un grand pas que la Constitution fait faire. En organisant un rééquilibrage au profit des parlements européen et nationaux, elle donne aux citoyens la possibilité d’apporter un soutien actif aux questions européennes qui ne doivent plus leur être étrangères.

Une étape décisive aussi parce que la Constitution symbolise notre envie d’agir ensemble autour d’un projet clair. Nous entendons souvent « à quoi sert l’Europe ?» Et bien, disons le : l’environnement mondial nous impose de ne pas assister les bras croisés à la montée -à couper le souffle- de grandes régions économiques, au profond changement social et technologique qui trouble nos concitoyens, et à l’émergence de périls inédits qui menacent notre sécurité intérieure et extérieure. Ces défis importants seront relevés à une autre échelle que celle de nos Etats. Cette autre échelle, c’est l’Europe. Mais il faut qu’elle ait un minimum d’instruments de gouvernance.
Là encore, la Constitution répond à ces critiques. Elle assure enfin, il y a longtemps que nous l’attendions, une identification de ses dirigeants et de leurs responsabilités. Avec le rétablissement du Conseil européen dans sa fonction politique, avec la mise en place d’une gouvernance économique car l’euro ne fait pas à lui seul l’économie ! Et avec des outils diplomatiques et militaires, l’un ne va pas sans l’autre, pour marquer le monde de son influence et faire respecter le droit à sa sécurité.

Enfin, la Constitution nous fait progresser vers un espace social commun. L’Europe a besoin d’être présente par sa puissance mais aussi par son modèle socioéconomique car nos concitoyens demandent, avec raison, que nous trouvions des solutions européennes pertinentes aux problèmes qui les préoccupent. A-t-on vu sur tous les bancs que la Constitution est le premier texte européen qui assigne à l’Union des objectifs sociaux et qui reconnaît les syndicats et les services publics. Et dit-on assez fortement, pour que les Commissaires européens l’entendent, que nous voulons atteindre par l’harmonisation, des objectifs qui permettront d’élever tous les peuples de l’Union à notre niveau de vie et non pas le contraire !
Vous l’aurez compris mes chers collègues : avec ces exemples, nous sommes impatients d’expliquer aux Français les changements bienvenus, qu’apporte la Constitution Européenne ! Encore faudrait-il que la date du référendum français soit connue !
Par ailleurs, nous ne craignons pas le débat sur la Constitution, encore faudrait-il que le Président n’accélère pas le calendrier, au risque de desservir l’Europe !

Quoiqu’il en soit, nous participerons à la campagne avec énergie et convictions, et puisque nous appellerons à voter OUI à la Constitution européenne, nous votons POUR cette révision, qui en est l’antichambre.

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