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Le cancéropôle de Rhône-Alpes associe étroitement recherche et industrie

 

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Le cancéropôle de Rhône-Alpes associe étroitement recherche et industrie


Lancé dans le cadre du Plan cancer décidé en 2003 par Jacques Chirac, il est désormais opérationnel et met en réseau l'activité de 2 000 chercheurs. Six plates-formes, consacrées chacune à une spécialité médicale, sont réparties sur Lyon, Grenoble, Saint-Etienne et Clermont-Ferrand

Le cancéropôle Lyon - Auvergne - Rhône-Alpes (Clara) est désormais opérationnel. Les Rhônalpins comme les Parisiens ont pris une longueur d'avance sur les cinq autres projets qui doivent voir le jour en France dans le cadre du Plan cancer lancé par Jacques Chirac en 2003. Les acteurs régionaux avaient anticipé le plan élyséen en s'engageant, dès 2000, en faveur de la recherche contre le cancer.

Les présidents de la région Rhône-Alpes, Anne-Marie Comparini (UDF) puis son successeur Jean-Jack Queyranne (PS), ont piloté le dossier en association avec deux partenaires financiers, le département du Rhône et le Grand Lyon. Ces trois collectivités ont décidé d'aller au-delà de leur compétence propre en injectant respectivement 15 millions d'euros. Des financements qui viendront s'ajouter à ceux de l'Institut national contre le cancer (INCA, 2,3 millions d'euros en 2004), des programme internationaux et des industriels.

Juridiquement, les Rhônalpins ont choisi d'abriter le cancéropôle au sein d'une fondation, reconnue d'utilité publique, la fondation Bullukian, créé en 1986 pour encourager, notamment, la recherche médicale sur le cancer. Ce statut pourrait cependant évoluer car le gouvernement et l'INCA souhaitent que les cancéropôles créent des groupements d'intérêt public.

L'objectif du cancéropôle n'est pas de rajouter une énième structure à un système qui compte déjà des génopôles, neuropôles et autres biopôles. L'idée est de mettre en place un réseau, associant la recherche privée et publique, l'université et l'industrie. Pour organiser ce réseau de 2 000 chercheurs, une équipe réduite de huit personnes a été constituée.

A sa tête, au poste de déléguée générale, c'est une énarque, Mireille Guigaz, ambassadrice de France pour la lutte contre le sida et les maladies transmissibles, qui a été nommée. Elle est entourée d'un directeur scientifique, Jean-Yves Blay, professeur de médecine et d'un directeur du développement industriel et des programmes, Jean-Luc Balzer. Pour éviter les dérives financières, les statuts prévoient de limiter à 10 % du budget les dépenses de cette tête de réseau.

Concrètement le cancéropôle lyonnais se décline en six plates-formes réparties sur Lyon, Grenoble, Saint-Etienne et Clermont-Ferrand. Chacune regroupera, autour d'une spécialité médicale, un centre de recherche et un ou des industriels. Ainsi, le pôle Lyon-Est, associant l'hôpital Edouard-Herriot, la faculté et l'entreprise Biomérieux, aura en charge le secteur de la pharmacogénomique, la carte d'identité des tumeurs. Le centre anticancéreux Léon-Bérard, avec l'université et l'entreprise Ideal pharma, travaillera sur la génomique fonctionnelle. Début 2007, ces trois derniers partenaires s'installeront dans un nouveau bâtiment en construction à côté du centre Léon-Bérard avec 60 employés.

« CRÉER DU DÉVELOPPEMENT »

Parmi les thématiques privilégiées figureront notamment la biothérapie, visant à accélérer le développement clinique de nouveaux médicaments anticancéreux, l'épidémiologie, la santé publique ou le rapport entre nutrition et cancer.

A côté de ces plates-formes, deux projets transversaux ont été définis. L'un porte sur la création d'une banque virtuelle des tumeurs à destination du monde clinique et des chercheurs, l'autre sur « la preuve de concept ». Sous cette dénomination, les responsables du cancéropôle veulent privilégier une approche selon eux emblématique : donner aux chercheurs la possibilité de financer le passage de la science et du laboratoire à la démarche industrielle, afin qu'il puisse ensuite convaincre les financeurs.

Le Grand Lyon, qui a beaucoup pesé pour inclure dans le cancéropôle cette dimension économique, devrait attribuer 3 millions d'euros par an à des projets que retiendront un comité scientifique et un club des industriels. Le 11 juillet dernier, le cancéropôle a lancé un appel à projets. Douze lettres d'intention lui sont parvenues. Six projets ont été présélectionnés et sont en cours d'évaluation par des experts externes.

Pour éviter le saupoudrage, trois candidats devraient être retenus le 22 novembre. « Cette volonté d'associer très fortement le monde scientifique et le monde industriel est vraiment l'axe majeur du cancéropôle Lyon - Auvergne - Rhône-Al pes », explique Jean-Yves Blay. Merck santé, par exemple, s'est engagé dans cette démarche sur des thématiques qui ne concernaient pas directement l'entreprise.

« Nous voulons faire comprendre aux uni versitaires que nous souhaitons à travers la recherche médicale et l'innovation créer du développement économiqu e », commente Thierry Philip, vice-président du conseil régional et patron du centre Léon-Bérard, qui a piloté le projet. Selon une étude réalisée par un cabinet d'audit extérieur, depuis 2002, la recherche contre le cancer a créé 150 emplois à Lyon et devrait en créer deux fois plus en 2006.

Pour les responsables du cancéropôle, la cohérence des différentes structures créées au cours des dernières années reposera en priorité sur l'axe Lyon-Grenoble, c'est-à-dire l'alliance d'une tradition biomédicale et des nanotechnologies. « Nous devons nous méfier de la tendance très française au «zapping˜. Tous ces pôles de compétences doivent nous permettre de solidifier la relation Lyon-Grenoble et au-delà notre coopération avec la Suisse et notamment Bern, où se concentre la moitié de l'industrie européenne du médicament, et Genève, capitale de la banq ue », estime Thierry Philip.


Sophie Landrin

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