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La famille joue un rôle essentiel, à la fois dans l’épanouissement de l’individu et dans la consolidation d’une société.La politique de l’Etat doit s’efforcer de favoriser la constitution des familles et leur stabilité.
Il s’agit en particulier de réduire par des mesures de soutien financier le décalage qui existe entre le nombre d’enfants souhaité (évalué selon les études statistiques à 2,8) et le nombre d’enfants réels (situé à 1,8 actuellement).
La relative vigueur de notre natalité (par rapport à la grande majorité de nos voisins européens) témoigne d’une confiance dans l’avenir que l’Etat doit soutenir par les mesures appropriées (près de 800 000 naissances par an).
La famille est primordiale puisqu’elle fonde à la fois la personnalité et la sociabilité des gens.
La cohésion sociale est dépendante de la stabilité familiale : l’évolution des dernières décennies montre bien cette interdépendance entre crise sociale et crise de la famille.
La famille est transmission de repères et de valeurs, en l’absence de laquelle la mission de l’éducation est rendue très difficile.
Le déclin de l’autorité, facteur de multiples déviances, est lié à la remise en cause d’un modèle traditionnel qui doit être adapté et non rejeté.
L’Etat ne doit effectivement pas se substituer aux familles, mais il doit soutenir leur développement et assurer leur stabilité, face aux risques sociaux (maladie, perte d’emploi) et aux contraintes professionnelles (structures d’accueil pour les enfants, aménagement du temps de travail, congés parentaux).
Le congé parental ne doit ainsi pas être limité aux trois premières années, mais être étendu jusqu’à la majorité de l’enfant.
Le versement des prestations familiales doit parallèlement être prolongé jusqu’à 22 ans, dans un contexte d’allongement constant de la durée des études observé ces dernières décennies.
Nous envisageons également la reconnaissance des droits à la retraite pour le parent qui a fait le choix de se consacrer à l’éducation des enfants : mesure d’autant plus juste que c’est la natalité qui permet d’assurer le financement des retraites sur le long terme.
Il s’agit de ne pas confondre politique sociale et politique familiale, comme les gouvernements socialistes ont trop tendance à le faire. L’attribution des allocations familiales sous conditions de ressources (tentative de 1998) a témoigné de cet égarement.
Le but serait d’assurer, à revenus comparables, un niveau de vie égal entre foyers à charge de famille limitée (pas ou peu d’enfants) et foyers avec nombreux enfants par un mécanisme de solidarité horizontale.
Le développement de la concertation est nécessaire. La décentralisation, que je souhaite autant que vous, permettra cette meilleure adéquation aux besoins, notamment au niveau des départements et des communes.
Privilégier le cadre traditionnel de la famille (le mariage) est probablement souhaitable, mais il ne faut pas ignorer les évolutions nettes : plus de 40% des naissances ont lieu hors mariage de nos jours (seulement 10% en 1980).
L’essentiel reste le soutien au développement harmonieux de l’enfant. Dans cette optique, l’adoption doit être réservée aux couples composés d’un homme et d’une femme, dans l’intérêt de l’enfant.
Quant à la prise en compte des préoccupations « familialistes » dans les média, il apparaît effectivement qu’un contact plus étroit entre associations des familles et média doit être mis en place, pour éviter autant que faire se peut certaines dérives.
Les familles défavorisées doivent bénéficier d’un soutien spécifique, notamment en matière de logement.
Les structures de garde d’enfants doivent être développées tout en veillant à ce que les parents conservent le libre choix dans le mode de garde (individuel ou collectif). L’allocation correspondante doit être indifférenciée, même en l’absence d’activité professionnelle de la mère.
Les entreprises favorisant l’activité des mères par la création de crèches ou un aménagement positif de leur temps de travail bénéficieront d’un « crédit d’impôt famille-entreprise ».
En ce qui concerne la bioéthique, l’instrumentalisation de l’être humain via les possibilités de clonage est inacceptable, seules les études sur les cellules souches doivent être autorisées, et même encouragées étant donné les perspectives qu’elles offrent.
Le but de toute politique familiale cohérente consiste à lever tous les obstacles possibles au désir d’enfant par des mesures de soutien impliquant tous les acteurs de la vie sociale (Etat, entreprises, collectivités locales et associations), quand bien même la natalité ne dépendrait (heureusement) pas exclusivement de considérations matérielles et « pratiques ». Cette cohérence, par la mise en œuvre de moyens conséquents qu’elle induit, nécessite en particulier que soit mis fin à la pratique abusive consistant à prélever sur les excédents de la branche famille pour combler les « trous » d’autres budgets sociaux (notamment l’assurance maladie).
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