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Les événements du 11 septembre dernier ont montré la nécessité d’une adaptation radicale des politiques de défense. Le temps des grandes stratégies fondées sur une mobilisation massive de forces conventionnelles semble définitivement passé, néanmoins d’autres menaces se font jour, auxquelles il convient d’apporter une réponse déterminée.
La lente érosion des crédits de défense, constante depuis la chute du mur de Berlin, s’est accentuée au cours des 5 dernières années, remettant en cause les capacités mêmes de la France à maintenir un outil de défense à la hauteur de ses ambitions. Le budget de défense français, premier en Europe depuis plusieurs décennies, a connu une telle diminution relative que la Grande-Bretagne bénéficie désormais d’un budget militaire supérieur, alors que les contraintes de ce pays sont inférieures au nôtre. Les budgets de recherche militaire ont été tellement réduits que certains programmes, à force d’être reportés, sont progressivement remis en cause, car la performance d’un produit est assez ephémère.
La France doit s’attacher à rétablir les crédits de défense, notamment en matière d’équipement, nettement au dessus du niveau de 2% du PIB qui n’est même pas atteint dans le budget 2002… Il s’agit également de revaloriser la condition militaire et de repenser le lien entre notre armée et la Nation, suite à la mise en œuvre de la professionnalisation militaire après 1996.
La France doit s’efforcer de parvenir, de concert avec ses alliés européens, à une définition de la politique stratégique au niveau européen, puisque les enjeux, comme les menaces, sont mondiaux et transnationaux. La convergence des politiques de défense européennes fera enfin de l’Europe un acteur déterminant au niveau de la diplomatie internationale. Cette convergence sera favorisée par une réforme des institutions qui accroîtra notamment les capacités militaires de l’Union européenne intégrée et la clarté du discours européen en matière de défense (rôle de la PESC, la politique étrangère et de sécurité commune).
Face au risque terroriste incontestable, comme l’a montré le terrible attentat de Karachi, la politique de contrôle des frontières doit être fermement renforcée au niveau des frontières extérieures de l’Europe. La frontière entre sécurité intérieure et sécurité extérieure est beaucoup moins nette qu’auparavant.
La coopération entre services de renseignements doit également être renforcée, du fait du caractère de plus en plus transnational des menaces. Mondialisation des sociétés, mondialisation des menaces.
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