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La crise du système éducatif français est unanimement considérée comme le symbole de l’inadaptation française, d’autant plus que les réformes nécessaires sont régulièrement reportées en raison de l’inertie désormais légendaire de cette institution. Il nous apparaît que l’école doit bénéficier d’une revitalisation et d’une concentration sur les deux missions essentielles qui lui sont dévolu :
- la transmission de savoirs
- mais aussi la transmission de valeurs qui fondent la sociabilité des futurs adultes.
Cette adaptation doit parallèlement inclure des mesures en faveur de l’employabilité des jeunes, laquelle passe par une revalorisation des filières professionnelles.
Le défi de l'Education Nationale
L’Education Nationale a du faire face il y a une quarantaine d’années à une arrivée massive des nouvelles classes d’âge nombreuses dans le système. Il semble que l’école a en partie sacrifié sa cohésion pour assurer la massification du système. Le niveau des dépenses est considérable : Le budget alloué au système scolaire est depuis longtemps le premier de l’Etat et ce sont au total plus de 650 milliards de francs qui sont consacrés annuellement à la dépense d’éducation. Le volume des personnes impliquées est aussi énorme puisque un quart de la population française est effectivement occupé à instruire (1,4 million) ou à s’instruire (15 millions, du primaire au supérieur). Le défi quantitatif a donc bien été relevé, mais la conséquence en est que l’Etat donne l’impression exclusive de gérer des budgets et des effectifs au lieu de manier des critères plus qualitatifs. On a effectivement assisté à une véritable translation des inégalités vers le haut, puisque le baccalauréat n’est plus un diplôme sélectif (60% d’une classe d’âge l’obtient actuellement, soit une proportion six fois supérieure à celle de 1960) et ne garantit aucunement l’insertion professionnelle. La réussite professionnelle passe par l’accès aux filières sélectives (grandes écoles d’ingénieurs et de commerce notamment) où la représentation des milieux défavorisés reste extrêmement faible.
L'illetrisme
Un accent particulier doit être mis sur le phénomène de l’illettrisme, puisque 15% des élèves de sixième seraient concernés par ce « fléau » qui occasionne généralement un retard irrattrapable, préparant l’exclusion sociale. L’école doit par conséquent se concentrer prioritairement sur cette transmission des savoirs primordiaux (apprendre à lire, écrire et compter).
Rétablir l'autorité de l'enseignant
L’autorité de l’enseignant est de nos jours fortement remise en cause. Le rétablissement de cette autorité est indispensable via une réelle transmission de valeurs qui préparent l’intégration des jeunes dans la société. Les enseignants semblent en effet trop souvent pratiquer une forme d’autocensure fondée sur une conception trop étroite de la laïcité. Mais le développement des violences et incivilités dans le milieu scolaire n’est pas le seul fait des professeurs : la démission des parents est un puissant facteur de cette dégradation. Les parents ont en effet trop souvent tendance à faire de l’école le bouc-émissaire de leurs propres erreurs. L’élève a besoin de repères : Cette éducation doit être l’œuvre conjointe de l’école et des parents. Les valeurs morales doivent être transmises, en particulier celles de civisme et de respect de l’autre. La réintégration de la Marseillaise dans les programmes témoignerait de cette prise de conscience. D’autres mesures seraient de nature à casser le climat de violence actuel : en particulier la création de collèges et lycées « hors-les –murs » pour les élèves les plus récalcitrants.
La Formation Professionnelle
La formation professionnelle doit impérativement être revalorisée, car elle est le parent pauvre du système français, pâtissant d’un discrédit massif par rapport aux filières de l’enseignement général. Les besoins des entreprises sont néanmoins considérables et il s’agit d’assurer l’employabilité des jeunes. L’offre de formation professionnelles doit être élargie et améliorée, pour éviter que la France continue d’être la lanterne rouge de l’Europe en matière de chômage des jeunes (encore 20%). L’action des conseils régionaux en matière de formation professionnelle est déterminante en la matière. La formation professionnelle continue concerne également les universités. Les relations entreprises/universités et instituts doivent être consolidées. Le Conseil Régional Rhône-Alpes s’attache en l’espèce à garantir et améliorer la connexion entre le monde éducatif et le monde des entreprises par le développement de dispositifs de soutien de la formation qualifiante des jeunes.
La formation professionnelle continue, fondée sur la loi du 16 juillet 1971 doit également être développée. Les résultats sont jusqu’à présent limités, d’autant plus que la répartition des efforts entre les différents secteurs est particulièrement inégalitaire : les grands bénéficiaires des programmes de formation continue restent les agents de la fonction publique, alors que les salariés des PME profitent nettement moins de ces possibilités de progression.
Mobilité des emplois
La société actuelle étant marquée par une transformation profonde de la notion de travail, la mobilité des emplois est devenue une réalité : par conséquent l’adaptation à cette mobilité passe par l’élargissement des formations à l’ensemble de la durée de vie professionnelle. La prévalence traditionnelle des diplômes doit être progressivement remise en cause afin que l’expérience professionnelle elle-même fonde la progression (idée cruciale d’une « seconde chance » en faveur de ceux qui n’ont pas eu l’occasion d’acquérir un diplôme initial valorisant). Il s’agit de généraliser la reconnaissance de la compétence acquise.
La survalorisation des formations initiales doit faire place à un système d’élargissement de la formation continue à tous les âges et de validation des acquis tout au long de la vie professionnelle. L’application effective de ce projet permettra à la fois de réduire le creusement des inégalités sociales actuellement à l’œuvre, de favoriser l’épanouissement personnel et professionnel et d’accroître la productivité des entreprises par la meilleure utilisation induite des ressources humaines.
Décentralisation contre hyper-centralisme
La décentralisation (de la politique de formation professionnelle) contribuera à la réalisation de ces objectifs dans la mesure où l’hypercentralisme actuel ne fait qu'aggraver l’inertie globale du système.
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