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Article paru dans 20 minutes, edition lyonnaise, le Vendredi 03 septembre 2004
«Je partage le diagnostic de Sarkozy sur l’UMP» |
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L’université d’été des jeunes UDF et un conseil national se tiennent, ce week-end, à Cogolin (Var). Entretien avec le président du parti.
Que vous inspire la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP ?
François Bayrou : Nicolas Sarkozy présente sa candidature comme une réponse à l’échec de l’UMP. Echec électoral, mais aussi échec à représenter la société française. Ce diagnostic, je le partage depuis le premier jour. De même, il a défendu à plusieurs reprises l’idée d’un pluralisme dans notre démocratie. Tout cela permet la naissance d’un climat différent. Maintenant, chacun des partis majeurs doit présenter son projet et ses équipes. Les Français choisiront.
Vous avez parlé de « mal profond » concernant la façon de gouverner actuelle...
Les citoyens ont le sentiment que l’on joue une pièce dans laquelle ils n’ont pas leur rôle. La représentativité du Parlement n’est pas juste : 65 % des sièges sont occupés par une formation qui a fait 19 % au premier tour de la présidentielle 2002 et 16 % aux européennes. Il faudra bien trouver une représentation plus juste des Français avec un autre mode de scrutin. Et il faudra que le Parlement joue enfin son rôle en faisant la loi et en contrôlant le gouvernement.
La politique du gouvernement est-elle claire ?
Le gouvernement va se trouver devant des questions cruciales. Que faire de la « cagnotte » ? Est-ce qu’on se décide à la fermeté pour retrouver un jour l’équilibre, ou est-ce qu’on continue à augmenter la dette ? Comment répartir les cadeaux fiscaux ? Comment réformer nos institutions ? Quelle définition pour l’Europe, avant le référendum, notamment au moment de la décision sur la Turquie ? Jusqu’à maintenant, ces questions ont été éludées. On approche du moment de la clarification.
En fait, vous êtes contre l’entrée de ministres de l’UDF dans ce gouvernement ?
Participer à un gouvernement n’a de sens que si nous avons un projet partagé. Pour l’instant, il n’y a pas de projet partagé, ni même discuté. On n’entre pas dans un gouvernement pour le plaisir d’avoir des places.
Dans ce cas, comment faire exister votre parti avant 2007 ?
L’UDF a fait 12 % aux deux dernières élections et est une des trois formations politiques majeures. Nous allons élaborer un projet et mettre en place une organisation nouvelle.
Que préconisez-vous ?
Le pays va faire de grands choix pour son avenir. On doit réformer profondément notre démocratie pour que les citoyens aient, enfin, voix au chapitre. On doit rendre à la France l’équilibre de sa gestion. On a besoin de décisions qui n’avantagent pas certaines classes sociales au détriment d’autres. Et on a besoin d’une orientation européenne clarifiée. Il faut aborder la question des délocalisations. Les 35 heures ne sont qu’un aspect de cette question. Il faut une stratégie globale pour que l’emploi soit durablement créé en France et en Europe. Et sans avoir besoin de cadeaux en échange. C’est possible : Peugeot va multiplier par deux ses créations d’emplois l’année prochaine.
Recueillis par Arnaud Sagnard |
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