|
Le Progrès du 9 mars
Jeudi soir, les causeurs du Pavillon avaient choisi pour thème de discussion la décentralisation et ses implications en Rhône-Alpes.
Avec une invitée de marque pour éclairer la lanterne des profanes en la matière : la présidente de la région : Anne-Marie Comparini
Contrairement à ce qu’ils serait tentant de croire, les « causeurs du Pavillon » ne constituent pas une association au sens 1901 du terme, mais un mouvement spontané né il y a quatre ans à l’initiative des libraires du quartier Gerland. Leur objectif : discuter, débattre sur des sujets très divers de la vie politique, social ou encore culturelle. Jeudi dernier, il s’agissait de la décentralisation.
A 19 h 30, une trentaine de personnes pénètre dans une salle au premier étage d’un restaurant proche de la place des Pavillons, guidée par l’un des causeurs qui explique qu’exceptionnellement la rencontre n’aura pas lieu au fameux local Pavillon. C’est que le groupe accueille une invitée d’un certain standing en la personne d’Anne-Marie Comparini, présidente de la région Rhône-Alpes, apparemment très enthousiasmée par la perspective d’instruire les Gerlandais sur la difficile question de la décentralisation : « c’est bien de se rencontrer comme ça dans un quartier pour travailler sur des sujets ».
Durant une vingtaine de minutes, la députée a donc exposé son idée de la décentralisation « un sujet qui nous concerne tous mais dont l’aspect très technique n’enflamme pas les foules. Il s’agit pourtant d’une idée forte, qui doit permettre une gestion collective plus proche du citoyen, et d’un moyen d’adapter l’administration à la société actuelle ». De nombreux exemples concrets spécifiques à la région Rhône-Alpes ont ensuite été rappelés, comme la manière dont l’aéroport Saint-Exupéry a été rendu accessible aux huit grandes villes de la région (grâce notamment aux TER).
L’exposé a été suivi par les questions des participants. «Quelles compétences peur quelles collectivités ?», «Quelles place pour les départements ?», «Comment permettre au citoyen lambda de se repérer dans toutes les collectivités ?», «Comment contrôler les nouveaux pouvoirs qu’auront les préfets et les maires ?», etc.
Avant de quitter l’auditoire, Anne-Marie Comparini a publiquement exprimé son ambition : «Faire en sorte que soit créé en 2003 l’équivalent de ce que furent à l’époque les chambres régionales des comptes». 2003 risque en effet d’être une année faste pour les expérimentations en la matière, suite au souhait émis par Jean-Pierre Raffarin d’inscrire la décentralisation dans la Constitution.
Laurent Jardin
Le Progrès du 9 mars
|