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Lyon Capitale du 16 au 23 octobre 2002
En tant que « bleue » à l’Assemblée, j’ai trouvé que la procédure y est extrêmement complexe, bien plus qu’à la Ville ou à la Région. Une fois qu’on la domine, on voit tout l’intérêt qu’un élu de terrain peut représenter quand il amende le travail administratif des commissions, pointu techniquement, mais qui peuvent passer à côté de la réalité des choses. Par exemple, dans le projet sur la Justice, des familles peuvent porter plainte plus facilement quand il y a eu acte grave, mais sur le terrain, l’intimidation peut jouer sur une famille. Il fallait donc que l’on puisse porter plainte de manière anonyme. C’est ce que j’ai demandé. C’est adopté.
Lundi 7. J’étais à Lyon à un colloque sur la création d’entreprises organisé par Renaud Dutreil. La Région s’y était associée. Vous me connaissez, sans être comme vous, je suis un peu taquine et j’en ai profité pour dire certaines choses. Paris ne s’arrête pas au périphérique. J’ai donc expliqué aux Parisiens qu’il y avait déjà en région, notamment en Rhône-Alpes, des dispositions pour la création d’entreprises. Et donc, pour nous plus d’efficacité, à la Nation les allègements fiscaux, et à nous, l’aide directe. C’était mon regard façon Lyon Cap’. On m’a dit : « On ne savait pas que vous faisiez ça ». Il faut bien que Paris se rende compte des réalités. Raffarin a trouvé notre plan région,al audacieux, mais compliqué à mettre en œuvre.
Mardi 8. Réunion au groupe UDF à l’Assemblée. C’est clair, nous sommes là pour soutenir Raffarin, avec nos spécificités. Raffarin est d’un pragmatisme fou. Il est pratico-pratique. Et il n’a pas peur quand la techno structure parisienne lui dit non, de lui dire : « Si ! ».
Mercredi 9. Avec le député Albertini, nous déposons tous les deux une proposition de loi constitutionnelle sur l’inscription de la Région dans la constitution, et sur les Libertés locale. Une première. Et nous proposons quatre garanties pour qu’il n’y ait pas de retour en arrière possible. Il est légitime de penser qu’il y a trop de communes, de régions, de départements. La grande nouveauté de la loi Raffarin, c’est que des communautés d’habitants vont pouvoir par referendum modifier les contours de leur territoire. Ca va tellement dans le bon sens qu’on ne voudrait pas qu’un jour ou l’autre, un premier ministre revienne en arrière. Dans la méthode Raffarin, on place le citoyen avant, les élus ou les experts. Le soir, je rentre à Lyon.
Jeudi 10. C’est la fête des 200 ans du lycée Ampère. Quand en 1802, Napoléon l’a créé, il a fixé deux règles. Premièrement, former les jeunes ; deuxièmement, concilier égalité et excellence. Je me fais la réflexion qu’on dit la même chose aujourd’hui. Il n’y a jamais d’idée nouvelle. C’est ça, la vie collective.
Vendredi 11. Réunion, autour de Raffarin, des 26 présidents de Région. Nous sommes trois femmes. On retravaille sur la régionalisation. Raffarin me redit : « C’est une vraie régionalisation. A chaque transfert de compétence, il y aura un transfert complet, en terme de financement et de ressources humaines ». Il s’y est engagé.
Samedi 12. Audiences à ma permanence de Lyon.
Dimanche 13. Messe de l’inauguration de l’Eglise Saint-Paul (Lyon 5ème, ndlr) suite à sa rénovation. Grand prix de tennis.
Lundi 14. Députée le matin. Visite de la prison Saint-Paul Saint-Joseph. Il faut absolument reconstruire ailleurs la prison de Lyon. Et puis, il manque du personnel. Nous devons aussi écouter les syndicats qui sont unanimes à réclamer un métier plus intéressant pour les gardiens, qui leur permettrait de sortir d’un strict rôle de surveillant. Ils pourraient aider les prisonniers à se reconstruire, ce qui est indispensable, surtout pour les jeunes. Dans l’après-midi et dans les serres du Parc de la Tête d’Or, lancement national de la fête de la science, avec le maire de Lyon et en présence de Claudie Haigneré, ministre de la Recherche.
Propos recueillis par Philippe Chaslot.
Lyon Capitale du 16 au 23 octobre 2002
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