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« La décentralisation permettra de moderniser sereinement le service public ».

 

Guide Le Figaro Rhône-Alpes du 30 novembre 2002


Alors que les assises de la décentralisation se tiendront le 11 décembre prochain en Rhône-Alpes, la présidente de la région veut engager pleinement sa collectivité sur le chemin de la réforme gouvernementale.


Quels changements va entraîner la réforme de la décentralisation ?

Avec la décentralisation, les Français et, par conséquent, les habitants de la région Rhône-Alpes, sauront qui fait quoi. Ils mettront un visage sur les responsables de leur vie quotidienne. Croyez-moi, en matière de transports express régionaux, les usagers savent maintenant que la compétence est régionale. Et ils savent me faire part de leurs besoins lorsqu’ils me rencontrent dans un train.

De quels atouts dispose notre région pour gérer les responsabilités qu’elle réclame ?

Nous avons pour nous l’expérience et l’avance acquise dans les domaines de l’économie et de la « formation tout au long de la vie », ainsi que l’habitude de travailler de manière très étroite avec l’ensemble des partenaires et des acteurs de terrain. En demandant tous ensemble la vraie décentralisation, celle qui passe par la réforme de l’Etat, nous posons la question de la dépense publique dans ce pays. Cela montre aux fonctionnaires que nous n’agissons pas contre eux, mais que si l’on doit engager un milliard de crédits sur une action, nos concitoyens doivent en avoir pour un milliard. C’est une question d’efficacité. Par sa réforme, le Premier ministre ouvre aujourd’hui une vraie fenêtre d’opportunité historique.

En quoi la Région est-elle plus compétente que l’Etat ?

En matière de formation, la Région est plus à même de faire du travail sur mesure avec les acteurs et les bénéficiaires. La décision de proximité donne plus de souplesse, une meilleure gestion, et la possibilité de s’adapter à la vie économique telle qu’elle est. Nous pouvons mettre de la qualité dans toutes nos prestations. Cette qualité coûte cher, et nous devrons veiller à ne pas augmenter la fiscalité locale au moment où la fiscalité nationale baisse. Nous pourrons gérer mieux, car nous travaillerons avec les vrais acteurs, évitant ainsi la redondance de crédits. La décentralisation implique que l’Etat se recentre sur ses missions stratégiques et qu’il soit garant de la cohésion nationale. Regardez les transports express régionaux. Les objectifs seront atteints cette année, même si tout peut toujours être amélioré. Cela montre que l’on peut réussir. Il ne faut pas avoir peur de la décentralisation. Elle permettra de moderniser sereinement le service public.

N’est-ce pas risqué de lancer ce grand projet à l’approche des élections ?

Je ne le crois pas. Cela va au contraire recréer un lien entre les citoyens et la chose publique. C’est une réponse à l’abstentionnisme, au lien distendu, au fossé creusé lors du premier tour de l’élection présidentielle. Les français ont clairement signifié leur volonté à ce qui les regarde. La décentralisation va dans ce sens. C’est une démarche au service des citoyens. La volonté décentralisatrice du Président de la République et du Premier ministre est bien comprise sur le terrain. La discussion de ce projet n’est plus réservée aux seuls professeurs de droit. Je souhaite que les élections régionales soient une manière pour les électeurs de dire au Premier ministre « Je vous ai compris ».


Propos recueillis par Frédéric Poignard


Guide Le Figaro Rhône-Alpes du 30 novembre 2002

 

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