Compte-rendu du café politique à Saint-Jean le 14 mai 2007
Anne-Marie Comparini a lancé ses cafés politiques hier soir dans le Vieux Lyon.

Elle a évoqué en introduction l’importance du rôle du député dans une démocratie moderne et elle a fait un état des lieux de l’Assemblée nationale après la législature qui s’achève. C’est en insistant sur la confrontation systématique qui opposait la majorité et l’opposition qu’Anne-Marie Comparini a rappelé sa démarche.
Elle part en campagne avec l’idée que la classe politique doit jouer franc jeu avec les citoyens. Il est du devoir des responsables politique de dire la gravité de la situation : croissance en panne, endettement, et il est du devoir aussi de présenter clairement le programme et les intentions.
Anne-Marie Comparini n’est pas naïve sur la méthode, car le système des deux blocs principaux qui existe depuis très longtemps a formé l’esprit politique des Français et la démarche de l’UDF-Mouvement Démocrate oblige à un changement d’habitude.
Elle a rappelé que quand le gouvernement proposera un texte qui ira dans le bon sens, elle le votera mais si le texte comporte des risques de divisions, elle le dira et s’efforcera d’y apporter des solutions.
Cette méthode n’est pas nouvelle, elle l’a pratiquée lors de son premier mandat lorsqu’elle a soutenu par exemple le projet de loi portant engagement national pour le logement ou celui pour le développement de la participation et de l’actionnariat salarié et lorsqu’elle mettait en garde le gouvernement sur les risques que contenaient le Projet de loi de finances pour 2007 (qui n’était pas un budget en équilibre) ou le projet de loi sur l’énergie.
Cette méthode est indispensable pour notre vie politique et elle a été approuvée par 18,8% des votants lors de l’élection présidentielle.
Cet engouement a donné naissance à un nouveau mouvement politique auquel l’adhésion est forte. De nombreuses personnes viennent à la permanence pour proposer leur aide et font preuve d’une forte motivation.
Par ailleurs, elle a insisté sur le fait que cette nouvelle voie est gênante pour les deux autres partis qui avaient leur place. Or maintenant le message de l’UDF - Mouvement Démocrate dérange, on le voit avec les nombreuses rumeurs qui veulent enfermer ce mouvement avec la gauche.
Anne-Marie Comparini a redit que le MODEM n’était pas un « parti culbuto », c’est un parti à part entière, qui ne fait allégeance ni à la droite, ni à la gauche. Ce parti est là pour équilibrer le pouvoir et pour cela il faut avoir un groupe au Parlement.
Le MODEM sera donc cette force d’équilibre constructive qui ne fera pas d’opposition systématique.
Enfin, elle a présenté son suppléant, Bertrand JABOULEY, qui est professeur d’économie et qui a une grande expérience des mouvements jeunes. Il sait s’engager dans la vie associative, notamment à Perrache.

Les personnes présentes ont ensuite posé leurs questions.
L’une d’elles concernait le départ des députés anciennement UDF, sous l’étiquette « majorité présidentielle » et la perte de crédibilité de la classe politique dénoncée par les citoyens. Anne-Marie Comparini a répondu que François Bayrou et les 577 candidats vont défendre des convictions profondes qui ne disparaissent pas en l’espace d’une semaine. Anne-Marie Comparini estime que ses collègues ont décidé de porter des valeurs de l’UDF dans la majorité présidentielle alors qu’elle-même est très attachée à son indépendance.
Des députés étaient déjà partis en 2002 pour rejoindre l’UMP nouvellement créée, or ils n’ont pas eu à l’époque d’espace dans cette structure politique. Il y avait également une consigne de voter les textes et l’interdiction de voter la censure. Pour la députée, l’indépendance doit être conservée et les citoyens représentés et respectés.
Elle a eu ensuite l’occasion de repréciser que l’UDF était une composante constitutive du Mouvement Démocrate. Elle y participe avec le projet présidentiel de François Bayrou et les engagements pris par les candidats aux législatives sont en phase avec la philosophie de Bayrou. C’est la raison pour laquelle le nom du parti apparaît toujours, et que le nombre de ses adhérents sera comptabilisé en plus du nombre des nouveaux adhérents qui se connectent sur le site de François Bayrou.
En réponse à une autre question sur la première loi qu’elle aimerait faire adopter, Anne-Marie Comparini a insisté sur la priorité qui est le redémarrage de notre économie. Elle rappellera l’idée de la création de 2 emplois sans charges. Pour cela, le député peut déposer une proposition de loi ou profiter d’un texte gouvernemental en débat à l’Assemblée pour faire adopter un amendement en ce sens.
Anne-Marie Comparini a déjà agit de cette manière depuis 2002 lorsque après avoir rencontré une personne route de Vienne qui lui a fait part de sa situation pour le calcul de sa retraite, elle déposé un amendement dans le cadre de la réforme menée par François Fillon, visant à prendre en compte la pénibilité du travail effectué et l’âge auquel la personne commence à travailler.

La députée a été interrogée sur sa position au sujet du contrat unique que veut mettre en place Nicolas Sarkozy. Anne-Marie Comparini avait eu l’occasion lors de la campagne présidentielle de dire sa position sur ce sujet.
L’UDF - Mouvement Démocrate est davantage pour mettre en place un CDI à droits progressifs avec quatre éléments constitutifs : une période d’essai raisonnable et clairement limitée, la rupture du contrat soumise à l’obligation de motivation, - donc susceptible de recours-, le droit à indemnité renforcé au fil du temps et le droit à la formation pris en compte.
Enfin, concernant la question du pouvoir et de la représentativité des syndicats, Anne-Marie Comparini a répondu qu’elle souhaitait qu’ils soient confortés, avec une assiette plus large, car notre société a besoin de corps intermédiaires. La pratique allemande est une approche intéressante, qui serait envisageable en France mais cela nécessite d’écouter et de débattre véritablement. Les syndicats doivent aussi avoir une vision modernisée de la vie publique.