Anne-Marie COMPARINI inaugurait samedi 25 novembre 2006 l'exposition et les stands installés Place Saint-Jean à l'occasion de la Journée Nationale des Prisons organisée par le Groupe Local Concertation Prison composé de diverses associations telles que GENEPI, Companio, la Croix Rouge, Accueil San Marco, l'Association des visiteurs de prisons... et le Secours Catholique.
Bruno LACHNITT, Délégué du Secours Catholique, a ouvert cette inauguration, présenté l'exposition et le travail des différentes associations et les enjeux de réflexion autour de la prison.

Après le Cardinal Philippe BARBARIN, Anne-Marie COMPARINI s'est exprimée et a livré ses analyses issues de son travail de parlementaire membre du groupe d'étude sur les prisons de l'Assemblée nationale:
"Je voudrais remercier le groupe local concertation prison, organisateur de cette journée, les associations Genepi, San Marco, Companio, qui sont si présentes auprès des détenus qu’elles ont raison de porter la réflexion au niveau des citoyens.
C’est bien à chacun d’entre nous de réfléchir au système de sanctions que nous voulons pour notre Société et de se poser deux questions :
Notre système est-il adapté ? Je ne le crois pas, notre pays fait trop souvent appel à l’emprisonnement négligeant ainsi, par facilité ou manque de moyens, toutes les alternatives à la détention. Sans parler du bracelet électronique, je pense au centre de semi liberté qui permettrait à des adultes condamnés de garder dans la journée une activité professionnelle. Je pense aussi pour les jeunes aux travaux d’intérêt général mais on a du mal à les mettre en place ou aux centres d’éducation fermés, ils ne représentent malheureusement que 1OO places pour tout le territoire.
Nos lieux d’emprisonnement assurent-ils un traitement digne des détenus et leur permettent-ils d’éviter la récidive ? Nous savons tous que la prison est dans certains cas facteur criminogène. Là encore, notre système pénitentiaire devrait appliquer des règles de bon sens. La première, c’est qu’aucun détenu ne devrait purger intégralement sa peine en milieu fermé et avoir une « sortie sèche ». Tous les spécialistes reconnaissent que la mixité « détention et libération conditionnelle, arme efficace contre la récidive » devrait être obligatoire. Bien entendu, cela veut dire que la libération conditionnelle a été préparée avant la sortie et s’accompagne d’un suivi socio-éducatif, de contraintes de soin et d’un projet de réinsertion. La seconde règle est que toute personne privée de liberté doit exercer une activité de travail ou de formation pendant sa détention. N’oublions que 18% des détenus sont illettrés et la moitié a un niveau scolaire de fin d’études primaires. Puisque je milite pour ces deux pistes d’actions, j’ai conscience qu’elles ne peuvent être mises en oeuvre qu’avec des prisons modernes - nous avons trop d’établissements qui datent aujourd’hui encore du 19ème siècle avec des conditions de détention inacceptables pour ne pas dire inhumaines. Et qu’avec un renforcement du personnel de suivi, d’insertion et de soins psychiatriques. Il faut le dire cela suppose un doublement du budget « Justice et administration pénitentiaire », qui est à l’heure actuelle de 5 milliards d’euros.
Ce n’est pas une utopie. Je faisais remarquer l’an dernier à mes collègues lors du vote du budget justice que le coût d’un détenu en France est de 20 000 euros alors qu’il est de 44 000 en Italie et de 69 000 en Grande Bretagne. C’est une priorité que nous devons nous fixer car croire remédier à la délinquance en jouant sur le « tout répressif » ne me parait pas être la bonne voie."