
C’est au bouchon lyonnais "les Marionnettes" qu’Anne-Marie Comparini a réuni lundi 4 juin les habitants du quartier du Point du Jour pour un nouveau café politique.
Elle a réaffirmé aux personnes présentes sa fidélité aux idées défendues par François Bayrou lors de la campagne pour les élections présidentielles. Le cœur de la vision du candidat UDF était bien vu car on constate que les principaux sujets sur lesquels il avait attiré l’attention, sont repris par le nouveau Chef de l’Etat.
Le MODEM garde cependant sa particularité dans le paysage politique en ce sens que sa manière de régler les problèmes de notre pays est innovante. Sortant de l’opposition et de l’approbation systématiques, l’UDF-MODEM veut traiter efficacement les dossiers en consultant les citoyens concernés par les réformes.
Elle a beaucoup insisté sur la liberté de pensée et de parole qu’elle trouve au MODEM, et ne regrette en aucun cas le chemin difficile qu’elle a choisit pour ces élections législatives. Elle est très attachée à cette indépendance.
La création du MODEM répond à une dynamique formidable, lancée par les 7 millions de personnes qui ont adhéré au programme de François Bayrou. Les petits partis ont été littéralement tués pendant les présidentielles et en même temps, les électeurs ont tenu à porter l’UDF à près de 19%. Anne-Marie Comparini est convaincue que les Français commencent à comprendre que seule la recherche de l’équilibre et de l’ouverture peuvent moderniser la gestion de notre pays. AMC défend la véritable recherche de l’intérêt général, au lieu de présenter des mesures qui sont très souvent catégorielles.
La députée du Rhône a reconnu que l’enjeu de cette élection était de taille de part le mode de scrutin qui ne permet pas une véritable représentation des tendances politiques de notre pays. Elle a précisé que près de 40% des personnes qui ont voté au premier tour des élections présidentielles au centre et aux extrêmes, ne seront pas représentés proportionnellement à l’Assemblée, qui sera très certainement composée d’une grande vague bleue et d’un pôle socialiste.
Les questions de la salle ont tout d’abord porté sur la relance économique. AMC a rappelé deux moyens soutenus par l’UDF-MODEM pour y parvenir. Il s’agit en premier lieu de permettre aux entreprises de créer deux emplois sans charge. C’est une idée qui avait été avancée par Michel Camdessus et par le Conseil Economique et Social. Cela donnerait de la flexibilité au chef d’entreprise dans la mesure où il n’y aurait aucune contrainte de recrutement (qualification ou public). Ce dispositif, très attendu par les PME, permettrait également de sortir des emplois aidés, qui rendent difficiles l’évolution des carrières professionnelles.
La deuxième mesure défendue activement par l’UDF-MODEM est la mise en place d’un plan d’aide aux PME, véritable vivier d’emplois. L’instauration d’un SBA à la française donnerait à ces entreprises plus de flexibilité, et les aiderait à accéder plus facilement aux commandes de marché public.
Anne-Marie Comparini considère que si l’Etat doit s’engager financièrement, il doit le faire par de véritables investissements durables et rentables plutôt que par des aides à la consommation.
L’une des premières mesures qu’elle défendra si les électeurs lui redonnent leur confiance, sera à l’occasion de la discussion du Projet de loi de finance pour 2008. AMC a précisé que la moitié de la dette de notre pays est financée par des emprunts faits auprès des banques étrangères ; profondément choquée par cette réalité, Anne-Marie Comparini rappelle l’extrême urgence de nous attaquer à nos déficits, et de faire faire à notre Etat des économies réelles.
Depuis l’instauration de la loi sur les 35 heures, les grands groupes bénéficient d’exonérations fiscales. Cette aide coûte 5 milliards d’euros à l’Etat, pour des entreprises qui réalisent des bénéfices conséquents. AMC considère qu’il convient de repenser les aides aux entreprises en collant d’avantage à ces réalités économiques. Elle désire donc intervenir à l’occasion des discussions budgétaires pour proposer une meilleure gestion de ces exonérations et lutter contre les nombreuses niches fiscales qui ruinent le peu de marche de manoeuvre dont nous disposons pour investir dans des secteurs porteurs, comme la recherche et les nouvelles technologies.
Par ailleurs, la députée du Rhône a rappelé que nous avions des engagements au niveau européen qui fixe des seuils à ne pas franchir. La France s’illustre par son avant-dernière place dans le classement des pays européens en matière de dette, il est donc urgent de tout faire pour réduire notamment les dépenses de fonctionnements qui plombent notre budget.
L’UDF-MODEM s’est prononcé, dans le cadre de la loi sur la participation, contre les stocks options. En complément, AMC a approuvé la proposition d’un participant de rendre les comités de rémunération plus transparents et d’éviter les nominations de complaisance.

Une autre question a été posée sur l’avenir européen du MODEM. AMC a rappelé que le groupe UDF au Parlement européen appartenait déjà à l’Alliance des Démocrates et Libéraux Européens. Ce groupe de 120 personnes rassemblant les formations centristes des Etats-membres sait peser efficacement dans les discussions et a souvent fait la bascule sur les textes européens.
Anne-Marie Comparini a précisé que les discussions entre les différentes familles politiques se faisaient de manière beaucoup plus ouverte au PE, et que nous avions tout intérêt à adopter dans notre Assemblée, ce mode de discussion transpartisan et pragmatique sur les questions qui se posaient.
La députée du Rhône s’est félicitée de la volonté du Président de la République de vouloir l’adoption d’un traité simplifié qui inclue la Charte des droits fondamentaux, ce que voulait l’UDF, et de ne pas être resté sur son idée de « mini traité ».
Anne-Marie Comparini a rappelé la position de l’UDF sur l’intégration de la Turquie. Nous avons toujours dit à l’occasion des différents débats à l’Assemblée nationale, en prévision des Conseils européens, que nous voulions établir un partenariat privilégié reposant sur des règles claires, plutôt que de soutenir l’intégration de la Turquie à l’UE.
Ce débat a donné l’occasion aux Etats-membres de réfléchir à la définition des frontières européennes et a rappelé la nécessité d’approfondir l’intégration des 12 derniers Etats, avant de poursuivre tout élargissement.
Enfin, l’environnement par le soutien des énergies renouvelables a été évoqué. En réponse à une question, Anne-Marie Comparini a redit qu’elle était persuadée que les entreprises avaient une carte majeure à jouer en investissant dans ce domaine. Les données concernant les matières premières et les énergies nous confortent dans l’obligation de diversifier les ressources. C’est un enjeu environnemental qui peut un être un véritable atout économique.
La soirée s’est terminée autour d’un verre dans une ambiance très sympathique.