Compte rendu du déjeuner thématique sur la Recherche, 30 mai 2007

C’est dans le quartier de Gerland, qu’Anne-Marie Comparini a réuni des responsables des grands instituts de recherche, de l’enseignement supérieur et des confédérations de chercheurs.
En guise d’introduction, la députée du Rhône a précisé que sa campagne portait de vraies propositions et ne consistait pas en un catalogue de promesses intenables. Elle a rappelé la nécessité de connaître les priorités de notre pays et de consulter les acteurs directement concernés, en dehors des études administratives.
Elle a rappelé qu’elle ne comptait pas faire de l’opposition systématique au gouvernement mis en place, mais qu’elle tenait à ce que soit prise en compte la réalité du terrain.
Une question lui a été posée sur les évolutions du secteur de la recherche et de l’enseignement supérieur qu’elle a pu constaté tout au long de son mandat, et après ses interventions.
D’après Anne-Marie Comparini, les responsables politiques et administratifs ont enfin compris le principe de programmation pluriannuelle. Cela existait déjà pour la Justice ou pour la Défense, et elle constate que ce mode de fonctionnement commence à être pris en compte pour la Recherche. Que ce soit pour les finances ou les carrières, il nous faut des actions programmées à long terme avec des moyens constants et des personnels motivés. Cela est essentiel pour être compétitif et agir de manière claire.
Concernant les questions qui se posent aux jeunes chercheurs, AMC a souligné que grâce aux longues discussions qui se sont tenues lors du débat sur le Pacte pour la recherche en février 2006, la revalorisation des salaires et la grille des recrutements commençaient aussi à être prises en compte.
La question de la suppression d’un certain nombre de fonctionnaires a été évoquée et elle soulève des inquiétudes pour ce secteur. AMC a répondu que la suppression de certaines fonctions « papier » ne la dérangeait pas, en revanche il est nécessaire de maintenir un nombre adapté de fonctionnaire pour les fonctions régaliennes et stratégiques comme la justice ou la recherche.
La publication de rapport Hertzel était une bonne chose, mais il faut aller plus loin et rendre le directeur des universités véritable chef d’entreprise qui gère de manière responsable et planifiée la structure dont il est à la tête.
Une remarque a été faite par un participant, elle concerne les véritables besoins des instituts de recherche. En réalité ce n’est pas tant d’argent dont ils besoin, car les budgets étant maigres depuis un certain temps, ils ont appris à trouver des financements parallèles afin de financer les projets. En revanche ils ont besoin d’un certain nombre de postes, car à l’heure actuelle les jeunes chercheurs s’en vont à l’étranger, souvent même avant le doctorat. Face à cette fuite des cerveaux, il convient là encore de planifier le recrutement. Pour que cela soit efficace il faut que cela aille de paire avec une évaluation et un suivi, c’est ce qui est demandé par les responsables qui veulent qu’on leur fasse confiance.
Le thème de l’autonomie des universités a été ensuite évoqué. Anne-Marie Comparini a insisté sur le fait que cette évolution ne devait pas être qu’un mot. Le directeur de l’université doit pouvoir la gérer directement et s’entourer d’une équipe conséquente, ainsi que de vice-présidents motivés. C’est un vrai contrat à établir entre l’Etat et les universités avec des clauses claires.
La députée du Rhône a rappelé qu’il fallait différencier l’autonomie, de l’indépendance et encore de la privatisation. Pour cela il convient de définir clairement ce que contient ce terme « d’autonomie ».
Un participant a souligné qu’elle existait déjà dans certains domaines. En effet, une certaine flexibilité existe pour choisir les sujets de recherche selon les établissements, sur le choix des enseignants par une commission locale des recrutements, mais en revanche il n’existe pas de coordination.
Il faut donc approfondir l’autonomie et non pas forcément l’élargir. Cela ne peut être fait qu’à travers une véritable politique scientifique qui n’existe toujours pas à l’heure actuelle.
Tous les participants se sont accordés à dire que la concertation et l’évaluation sont les clés qui manquent à l’efficacité de notre système. Ces responsables sont très demandeurs de mobilité, résultant d’une véritable coordination des structures de recherche.