Déjeuner de travail avec les responsables associatifs de Perrache (MJC et Club Bon Accueil s’étaient excusés)
Anne-Marie Comparini rappelle sa méthode de travail basée sur le dialogue avec les acteurs de terrain, associatifs ou professionnels; pour expertiser les textes de lois proposés à l’Assemblée Nationale, apporter des amendements et définir sa position lors du vote du texte.
Son suppléant, Bertrand Jabouley, qui a longtemps occupé des responsabilités associatives dans ce quartier, souligne l’intensité du tissu associatif à Perrache, créateur de lien social. Il est donc important de s’appuyer sur cette expérience et la diversité des initiatives perrachoises.
L’Association AJ2-Permanence Emploi, chargée d’accompagner les demandeurs d’emploi et les Rmistes explique les réussites d’une petite structure associative animée par des bénévoles et une salariée par rapport aux autres structures de placement. Il expose également ses difficultés, face à un public plus complexe, la décrue du chômage laissant sur le carreau une population qui cumule les handicaps (sociaux; familiaux; psychologiques; de discrimination…), population de plus en plus éloignée de l’emploi.
Autres problèmes soulevés : - les locaux : les 55 mètres carrés sont insuffisants.
- la baisse des subvention du fonds social européen
Anne-Marie Comparini se félicite de l’efficacité du travail d’AJ2, qui a une véritable mission de service public, sans en avoir toujours la reconnaissance. Il faut assurer un financement stable et pluriannuel pour ce genre d’activité, pour une plus grande visibilité. Il faut aussi faire confiance à ces acteurs de terrain qui font souvent mieux et pour moins cher que les structures institutionnelles.
Les deux clubs boulistes du quartier : la boule Ravat et la Fraternelle de Perrache présentent leurs activités. Ils insistent aussi sur leur rôle social. Combien de sociétaires expriment en ces lieux leurs difficultés et leur souffrance. Grâce à leur capacité d’écoute et de conseil, ces associations vont bien au-delà de leur objet social premier de club bouliste.
Face au vieillissement des sociétaires, l’ouverture aux nouveaux habitants est nécessaire. Pour cela, il faut un cadre attractif. Tout avait été mis en œuvre avec la Mairie : la création de jeux couverts et une plaquette d’information. Or les défaillances dans les travaux effectués à la Fraternelle n’ont pas permis d’accueillir les jeunes venus pour les cours de boule. Et la plaquette d’information n’est pas suffisamment attractive. Il faut aussi veiller à apprendre l’accueil des nouveaux adhérents., à travers une charte du « vivre ensemble » dans l’association.
L’UCAP, association des commerçants, souligne les difficultés de circulation et de stationnement. L’ouverture de la voûte Smith avait été promise, aujourd’hui remise en cause. Perrache est un goulot d’étranglement qui va s’atrophier avec les nouvelles constructions qui ne prévoient pas assez de parking.
L’avenir du petit commerce dans ces conditions est aussi difficile. S’installer ou se développer aujourd’hui est un véritable pari sur l’avenir, alors que le prix des baux commerciaux flambe, sans que la clientèle augmente. La « montée en gamme » du quartier devrait attirer de nouvelles enseignes, mais aujourd’hui le commerce reste essentiellement alimentaire, avec une pression toujours forte des « kebabs ». Là aussi, une réponse politique est attendue.
L’UCAP et le Comité d’intérêt Local Sud Presqu’île s’inquiètent du déclin du Marché Bayard. Un marché actif est aussi un soutien au commerce. Comment adapter le commerce aux nouvelles normes de consommation sans disparaître?
Mme Comparini est particulièrement attachée à une vie de quartier active, garantie par le dynamisme commercial. Elle s’était d’ailleurs opposée au projet du gouvernement d’étendre l’ouverture des grandes surfaces le dimanche.
Le CIL Sud Presqu’île montre que Perrache est un quartier qui dispose d‘atouts considérables et qu‘un vaste espace vierge se libère sur lequel les politiques comme les associations et les autres acteurs de terrain vont pouvoir exercer leur imagination et construire la ville de demain. Il faut pour cela définir des priorités et avoir un esprit de prospective sur les grands équilibres de la société du XXI° siècle en matière de transport, de stationnement, de logement, d’équipements privés et publics etc… Il souligne aussi la complexité des structures administratives (ex : la Gare SNCF = RFF/ SNCF/ SYTRAL/ COURLY/ VILLE).
Anne-Marie Comparini rappelle que les structures sont simplifiées à Paris avec une autorité unique et qu’il faut aussi revoir le versement transport pour que les grandes agglos comme Lyon soient davantage aidées.
Elle souligne aussi l’importance des comités d’intérêt locaux qui ont une structure associative indépendante, libre face au pouvoir municipal, ce qui constitue une force par rapport aux conseils de quartier qui ont encore du mal à trouver leur place. Face aux difficultés de financement des associations, il faudrait que les mairies d’arrondissement aient davantage de liberté dans le soutien à la vie associative. On voit aussi les difficultés des associations à trouver des salles pour leurs activités, les petites salles sont souvent prises et coûtent cher. Et il n’y a pas de grande salle à Perrache, sauf l’Embarcadère, privée, et à un coût dissuasif pour de petites structures.
En conclusion, cette rencontre a été le moment d’un échange constructif entre associations qui ont des objectifs différents, mais qui partagent un territoire commun et des problématiques souvent communes. Il y a d’ailleurs un développement des actions communes entre associations qu’il faut promouvoir. Cette rencontre est aussi pour Mme Comparini l’occasion de mieux comprendre la complexité des questions et d’y apporter une réponse plus conforme à l’intérêt général.