
C’est une nouvelle fois au Café « Le Capricorne », situé au milieu de la route de Vienne, qu’Anne-Marie COMPARINI avait donné rendez- vous aux habitants de la partie du 8ème dont elle est l’élue, cette fois pour présenter sa candidature aux élections législatives des 10 et 17 juin prochains.
Elle a tenu a présenter avec force le sens de sa démarche et de son positionnement dans le contexte politique que nous connaissons aujourd’hui. En effet, les candidats UDF-MoDem dont elle est l’une des principales représentantes au niveau nationale, n’ont pas pour vocation de freiner l’action du Gouvernement formé par Nicolas Sarkozy, Président élu et qui aura la majorité dont il aura besoin pour gouverner.
Elle juge qu’au contraire, la constitution d’un groupe « centriste » et « central » est plus que jamais nécessaire car lui seul pourra apporter son soutien et sa contribution aux réformes utiles mais aussi être crédible dans ses critiques des textes qui ne vont pas dans le bon sens.
C’est en effet au Parlement qu’il reviendra d’équilibrer les pouvoirs pour garantir que les réformes iront bien dans le sens de l’intérêt général, or, toute la Ve République a connu des majorités pléthoriques, aux ordres du pouvoir, qui ont puissamment contribué par leur suivisme à l’affaiblissement, la vassalisation du Parlement.
Anne-Marie COMPARINI estime que le respect strict de la séparation des pouvoirs est une exigence aujourd’hui encore plus forte car les décisions publiques sont de plus en plus complexes : l’efficacité démocratique commande que débats publics et décisions publiques soient bien articulées, tant pour la prise de décisions que pour leur mise en œuvre et leur évaluation. Or nous savons bien d’expérience qu’un Parlement aux ordres, où l’opposition est marginalisée, ne peut assumer l’organisation de vrais débats publics contradictoires approfondis. C’est d’ailleurs la principale raison pour laquelle l’inflation normative de lois votées à la hâte continue de s’accompagner de leur non-application sur le terrain.
La voie de l’Udf-MoDem se veut donc équilibrée : ni alignement systématique sur le gouvernement, ni opposition systématique.
la crise politique et sociale dépend surtout des institutions : elles doivent être bien séparées les unes des autres pour pouvoir exercer leurs fonctions en toute clarté, pour se contrôler les unes les autres et pour que les citoyens soient réellement protégées contre les abus de pouvoir. Par contre, la confusion des pouvoirs, leur concentration entre les mêmes mains conduit toujours à l’impuissance.
C’est de préserver la démocratie qu’il est question dans ces élections législatives : par son engagement pour une opposition constructive et libre, seul le MoDem peut être le garant de la qualité du travail parlementaire et le lieu d’élaboration du renouveau démocratique.
Après cette présentation très directe, Anne-Marie COMPARINI a donné la parole à la salle. La trentaine de participants présents avait en réalité beaucoup de questions.
La première a porté sur le premier mandat d’Anne-Marie COMPARINI à l’Assemblée nationale, son expérience et sa méthode de travail. Anne-Marie COMPARINI a précisé à cette occasion que, pour bien connaître les textes présentés, il est nécessaire que les députés se spécialisent. Ainsi, elle a indiqué qu’elle s’était, au sein du Groupe UDF, spécialisé sur les dossiers de la recherche et de l’enseignement supérieur, des PME, de l’Europe, de l’égalité Homme/Femme, et de la Réforme de l’Etat.
Un jeune homme présent et qui s’est dit nouvellement intéressé par la politique bien qu’ayant toujours sensible aux discours écologiques, a souhaité connaître les propositions d’Anne-Marie COMPARINI en matière environnementale inspirées de son expérience d’élue.
A cette occasion, Anne-Marie COMPARINI a indiqué que les deux premiers mouvements a avoir rejoint le MoDem étaient Cap 21 (Mouvement écologiste mené par Corinne Lepage) et les Ecologistes Indépendants d’Antoine Waechter, et que ces contributions étaient importantes dans le travail des élus MoDem en la matière.
Elle a ensuite rappelé toutes les mesures concrètes qu’il était possible de mettre en place et qu’elle avait déjà lancé à la Région Rhône-Alpes en matière de lutte contre le réchauffement planétaire : Développement des TER et des transports collectifs, recherche en énergies renouvelables (éoliennes, thermiques, solaires) en collaboration avec les associations et les entreprises), tout cela en plus du lancement de la filière bois dans les lycées, et les constructions écologiques qui contribuent à la préservation de l’environnement sur un territoire.
Elle rappelle que l’Allemagne est très avancée en énergie photovoltaîque alors que la France est le parent pauvre de l’Europe en la matière.
Au niveau national, Anne-Marie COMPARIN rappelle qu’avec François BAYROU, ils soutiennent l’idée de la mise en place d’une écotaxe et du développement du ferroutage.
Ensuite, deux questions ont concerné l’action concrète de l’UDF-MoDem dans la future législature.
Répondant aux inquiétudes de la première personne, Anne-Marie COMPARINI a rappelé que l’UDF, quoi qu’on en dise, parviendra à obtenir au moins 20 députés au niveau national et qu’en tout état de cause, si tel n’était pas le cas, les députés MoDem s’inscrirait sous ce nom à l’Assemblée nationale et qu’ils s’organiseraient de toute manière de façon à former un groupe parlementaire uni.
Elle a aussi rappelé que même à 20, le poids de l’UDF-MoDem ne serait pas négligeable car sous la précédente législature, le groupe UDF, fort de 29 députés, avait pu alerter l’opinion par son vote sur des thèmes majeurs tels que la dette (l’UDF s’est d’abord abstenu puis a voté contre le dernier budget qu’elle jugeait trop en déficit) et que bien souvent, leurs remarques étaient ensuite confirmé. C’est le cas du dossier de l’endettement public. Le vote des parlementaires UDF avait entraîné la mise en place d’une commission d’enquête et du Rapport de Michel Pébereau qui a confirmé les alertes émises par les députés UDF.
Par ailleurs, elle a indiqué que l’Assemblée nationale se devait de rester une « caisse de résonance » car 20 qui protestent, cela est toujours plus significatif et plus audible que 300 qui votent comme un seul homme.
Interrogée sur le gouvernement formé par Nicolas Sarkozy et François Fillon, elle a indiqué que « l’ouverture » prônée devra se confirmer dans les texte car il ne s’agit pas que d’une ouverture à des hommes mais à des idées, et que cette ouverture nécessite une traduction, une déclinaison au sein de la future Assemblée nationale qui se devra d’être représentative du pluralisme.
La dernière question a porté sur l’immigration. En la matière, Anne-Marie COMPARINI a tout rappelé que l’UDF abordait cette question sans tabou mais avec beaucoup de pragmatisme et surtout la volonté de sortir des « fantasmes. »
Elle a d’abord rappelé les priorités de l’UDF qui sont codéveloppement et pôlitique européenne de l’immigration sans quoi il sera de toutes façons illusoire de vouloir gérer les flux.
Elle a ensuite indiqué sa forte opposition au principe de la « discrimination positive », notamment parce que cela conduit à vider les pays pauvres et en voie de développement des principales ressources humaines dont ils ont besoin justement pour se développer et se renforcer.
Enfin, elle a rappelé que l’important était de considérer les immigrés même sans papiers déjà sur notre sol national avant d’envisager d’autres politiques visant par exemple à autoriser la venue en France de certains étrangers selon leur profession afin de pallier les manques éventuels de notre pays.
Elle a salué l’action commune menée par le Secours Catholique et le Secours populaire qui organisent sur place dans les pays à fort taux migratoire des « guichets » permettant de repérer les savoir faire des postulants à l’immigration et à préparer leur venue en France.
Pus largement, si elle s’est dit pour une très grande fermeté à l’égard des délinquants, elle a tenu a rappelé avec force que derrière les « sans papiers », il y a des visages, des compétences, des vies et pas des délinquants ! L’expérience de la permanence parlementaire des 5 dernières années a montré que les deux lois dites Sarkozy avaient favorisé l’émergence de « ni ni » (ni régularisables, ni expulsables) et prolongeaient de nombreuses personnes établies en France depuis longtemps, y ayant installé leurs familles et un travail, dans des situations indignes et précaires sans que tout cela ne soit très cohérent. En effet, il est fréquent que certains sans papiers arrivent à passer des diplômes, à payer des impôts, sans pour autant avoir les titres de séjour en règle !
Après de deux heures de discussion, la soirée s'est prolongée autour d'un verre