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lettre d'information
 

Question orale sur l'entreprise au féminin

 

Question orale sans débat
Séance du mardi 21juin 2005

Développer et faciliter l’entreprise au féminin




Anne-Marie COMPARINI

Madame la Ministre,

Dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre a déclaré qu’il fallait aller chercher les emplois là où ils se trouvaient. Ayant participé à la table ronde «entrepreneurs au féminin» organisée à Lyon dans le cadre du salon de l’Entrepreneur que Monsieur le Premier Ministre a inauguré la semaine dernière, j’ai pensé qu’il y avait là une opportunité à saisir.

Vous le savez, Madame la ministre, les femmes qui entreprennent, co-entreprennent ou reprennent des entreprises, constituent une force économique indéniable. Elles ont créé l’année dernière 27% des entreprises en France, et donc un grand nombre des emplois dont notre pays a tant besoin.
Mais reconnaissons le, l’entrepreneuriat au féminin est, en France, pas assez connu, insuffisamment pris en compte et son développement peu soutenu, alors qu’il pourrait contribuer de manière décisive à la croissance de notre économie. Un chiffre, qui révèle le manque de dynamisme de la France à cette égard : plus de la moitié des entreprises outre Atlantique sont dues à l’initiative des femmes

Pourtant, tout semble avoir été fait : le législatif est intervenu : la loi récente pour l’initiative économique a bénéficié aux femmes. Le précédent gouvernement aussi, a agit, puisque la charte pour l’égalité lancée par Madame Ameline prévoit un volet création et des dispositions concrètes et bien adaptées. Enfin les acteurs de la promotion, de l’entraide et de l’accompagnement existent et sont actifs.

Malheureusement leurs actions ne donnent pas les résultats escomptés pour une raison simple : les initiatives des uns et des autres se font trop souvent de manière isolées et cloisonnées ce qui limite leur portée. En définitive, la mentalité collective à l’égard des femmes a encore, dans ce domaine, la vie dure.

Bref, ce qui manque, soyons clair, ce n’est pas une loi supplémentaire ou la création de nouvelles structures de réseaux entrepreunarials et institutionnels. C’est, à l’instar d’autres pays, comme la Grande Bretagne, le Canada, l’Italie ou encore la Belgique qui depuis longtemps oeuvrent dans ce domaine, un plan global en faveur de la promotion des femmes créatrices d’entreprises.

Aussi ma question est simple. Le gouvernement compte-t-il s’engager de manière forte et lisible dans une véritable stratégie qui mobilise tous les acteurs, les aide à se coordonner et qui veille à l’inscription et à la prise en compte de cette problématique dans tous les textes que nous serons amenés à discuter.

Je vous remercie.

Mme Catherine Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité
Le dynamisme entrepreneurial est un facteur essentiel de la croissance économique et les femmes y ont toute leur place, même si leurs capacités d'initiative ne sont pas encore suffisamment valorisées - le taux d'entrepreneuriat féminin stagne entre 27 et 30%.
Pour l'augmenter, Nicole Ameline a développé des partenariats avec l'ensemble des professionnels qui interviennent dans les dispositifs d'aide à la création et à la reprise d'entreprises. Cette politique a porté ses fruits, mais il faut aller encore plus loin. La Charte nationale de l'égalité entre les hommes et les femmes contient ainsi nombre d'engagements de partenaires, essentiellement ministériels, afin notamment de valoriser l'esprit d'entreprise dans le cadre de la formation initiale, de généraliser l'information et l'accompagnement des femmes en matière d'aide juridique, financière et fiscale, ou d'améliorer l'accès des femmes aux financements, notamment bancaires.


Par ailleurs, un protocole d'accord signé entre mon ministère et l'assemblée permanente des chambres des métiers prévoit de doubler en trois ans le nombre de femmes chefs d'entreprises.
En outre, les règles de gestion du fonds de garantie à l'initiative des femmes ont été adaptées pour assurer l'instruction et la sélection de dossiers au plus près des personnes qui ont un projet de création. Les débuts sont encourageants puisque nous sommes passés de 79 dossiers en 2003 à 195 en 2004.
Toutes ces initiatives commencent à porter leurs fruits. L'Auvergne a ainsi atteint un taux d'entrepreneuriat féminin de près de 40%, tandis que le Limousin avoisine les 36%.
Nous allons poursuivre cette démarche, et je rencontrerai cet été l'ensemble des acteurs pour que nous puissions réfléchir à l'accompagnement.

Mme Anne-Marie Comparini - Je vous remercie d'œuvrer dans le sens du rassemblement de tous les acteurs.

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