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lettre d'information
 

AM Comparini défend une Agence Européenne pour la coopération extérieure de l'Union Européenne

 

Anne-Marie COMPARINI est intervenue au nom du Groupe UDF lors de la séance du mardi 11 mai afin de soumettre à l'Assemblée nationale une proposition de résolution tendant à créer l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des Etats membres de l’Union européenne. "Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, mes chers collègues, La proposition de résolution de création de l’agence de gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures de l’Union est la suite logique de la mise en place de l’espace Schengen et certainement, l’une des 1ères nécessités liées à l’élargissement aux 1O nouveaux pays. Qu’on y songe : l’Union compte désormais 6000 kilomètres de frontières terrestres, 85000 KM de frontières maritimes. C’est dire que le moment est venu, pour l’Union, de garantir à ses citoyens un niveau élevé et uniforme de contrôle et de surveillance de ses frontières extérieures. Cette proposition s’inscrit aussi dans un processus d’harmonisation des législations européennes que nos partenaires danois, italiens, allemands, anglais et nous mêmes avons entrepris depuis deux ans. Cependant, il faut constater les retards en ce domaine, cinq ans après le Traité d’Amsterdam, nous sommes encore loin d’une harmonisation complète sur l’immigration. Une harmonisation à 25 qui devient urgente dans un espace unifié qui se construit tous les jours. S’agissant de cette agence, permettez moi de saisir l’occasion de ce débat pour rappeler quelques unes de nos préoccupations. La 1ère préoccupation concerne le suivi du fonctionnement de l’agence. Une évaluation réalisée par la présidence grecque en juin 2003 montrait que les agences Europol et Eurojust souffraient d’un manque patent de suivi et d’une absence de surveillance. Aujourd’hui, en étudiant ce projet d’Agence européenne, nous souhaitons qu’elle ne devienne pas une énième coquille vide qui n’aurait d’opérationnel que le nom ! Le Groupe UDF souhaite donc que les parlements nationaux soient tenus informés du fonctionnement et des activités de l’agence. Que des objectifs chiffrés soient fixés à l’avance et proposés, discutés pourquoi pas lors d’un débat annuel. Ce pourrait être le travail de la Délégation pour l’UE. Préoccupation aussi sur les conditions de travail des futurs agents chargés de la police. Comme le rappelle notre collègue Thierry Mariani, de graves lacunes subsistent en matière de formation, d'effectifs, de salaires et d'équipements. Le faible niveau de rémunération peut favoriser l'apparition de phénomènes de corruption et nous devons donc, veiller à ce que les fonds débloqués par Bruxelles (963 millions d’euros sur trois ans) soient effectivement employés pour renforcer les infrastructures et les équipements existants. Cette remarque m’amène à m’interroger sur la question des moyens et l’évolution du budget européen : peut-on demander plus d’Europe et en même temps réclamer une baisse des budgets communautaires !? La troisième préoccupation concerne les compétences, leur réelle application. L’agence devra, nous dit-on, mettre en œuvre les moyens appropriés pour lutter contre le terrorisme et les multiples dangers qui menacent le monde actuel. Je souhaiterai savoir comment une équipe de trente personnes pourra, en pratique, s’occuper de l’ensemble de ces problèmes. Ainsi, je souhaiterais connaître les relations de l’Agence avec le coordinateur de la lutte contre le terrorisme, désigné à l’issue du dernier Conseil européen de Bruxelles les 25 et 26 mars dernier ? Quelles actions communes allons nous engager avec nos différents partenaires européens pour faire de cette lutte anti-terroriste un instrument efficace de prévention, et quel sera le rôle précis de l’Agence européenne dans cette lutte ? Sur ces points, les zones d’ombre sont nombreuses, il convient de les lever car l’émotion suscitée par les attentats de Madrid mérite plus que des mots. Il faut des actes forts et de l’efficacité dans l’action communautaire. Si la création de l’Agence est bien sûr un progrès, elle ne peut répondre, on le voit, à l’ensemble de ces questions. Et l’on ne peut que regretter la frilosité de certains chefs de gouvernement pour ne pas aller plus loin dans la mise en place d’un corps de police et de douane européen. Face à la menace terroriste nous ne devons pas avoir une conception molle de l’Europe nous devons au contraire mettre en œuvre une stratégie commune de défense. C’est un objectif atteignable car le recours aux coopérations renforcées montre qu’il est possible de s’orienter rapidement vers la création d’un tel corps. L’Europe à 25, célébrée à juste titre comme un moment historique, doit rapidement rassurer nos concitoyens dans ses capacités à renforcer leur sécurité. C’est aussi à cette condition que nous maintiendrons l’attachement des Français à cet idéal européen que l’UDF défendra en juin prochain. Je vous remercie."

 

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