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A.M. Comparini
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Usure des institutions et blocage de notre société

 

A regarder de près les domaines qui décrivent la santé de notre pays, on est frappé par une constatation aveuglante : en vingt ans, rien n’a changé en France ! Le taux de chômage, invariablement à 10%, touche les plus fragiles. La croissance n‘a pas bougé : elle était de 1,8% en 1985, exactement comme en 1995 ou 2005. Les déficits publics étaient supérieurs à 3 %, comme aujourd’hui. Il y a simplement deux changements : le nombre des retraités, qui a augmenté de 20%, et la dette, de 300 %.
Bien sûr, pendant ce temps les gouvernements ont traité de dossiers majeurs : les retraites, l’école et l’entreprise ou l’apport de l’innovation au développement. Mais à chaque fois en avançant à pas comptés alors que nos partenaires européens et mondiaux eux, l’accéléraient.
Je me suis souvent interrogée sur cette incapacité à l’adaptation de notre pays. Son endettement excessif n’explique pas tout. Il le prive, c’est vrai, de moyens pour financer la création d’emplois attendue par les jeunes et les quinquas, dont le taux d’activité est depuis 20 ans, l’un des plus bas d’Europe. Ou pour assurer sa croissance tout aussi attendue par ceux qui voient leur pouvoir d’achat entamé par les dépenses de logement, de formation des enfants et de santé.
Mais ce qui est le plus marquant, c’est que la France est souvent le théâtre de différents qui séparent les milieux sociaux, ou les déchirent à l’intérieur. Une situation qui s’est aggravée ces derniers mois : notre pays allant de crise en crise- les banlieues, le Cpe, l’affaire Clearstream. Toutes montrant, un pouvoir divisé et affaibli qui refuse à la fonction parlementaire, le droit à la parole et aux partenaires sociaux, la possibilité d’un débat ouvert.
Ce constat, je ne le fais pas par esprit franc tireur. Mais parce que je m’interroge, comme vous, sur la culture d’affrontement droite-gauche qui amène à la radicalisation des partis dominants et aux réformes conduites sabre au clair. Est-elle la bonne pour reconstruire le pays ? Est-ce nos institutions qui ne nous permettent plus de gouverner efficacement ? Et dans le respect authentique des citoyens pour que nul n’ait le sentiment d’être ignoré dans ses aspirations ?
Ce constat est à l’origine de mes appels fréquents à un changement des méthodes de gouvernement, à une nouvelle République. Elle reposerait sur le principe de responsabilité du Chef de l’Etat. Elu par le peuple, il doit être celui qui Gouverne et rend des comptes au peuple. Rien de la réalité de la vie des Français ne doit lui échapper. Le Premier Ministre doit devenir le premier de ses ministres, simplement chargé de coordonner la politique gouvernementale.
Elle reposerait aussi sur la légitimité d’un Parlement représentatif et indépendant. Le peuple a son mot à dire sur son propre destin. Or, les règles qui enferment aujourd’hui la discussion parlementaire empêchent les députés de s’exprimer. Le Gouvernement impose plus qu’il n’essaie de convaincre et de travailler avec eux, ce qui se fait pourtant dans tous les pays démocratiques où le débat rendu obligatoire, évite bien des crises inutiles.
Pour certains d’entre vous, mes propos renouvelés sur la situation française, mêlant malaise économique, vulnérabilité sociale et perte d’autorité, ont pu paraître sévères. On voit, désormais, à quel point ils étaient justifiés. Ce qui se passe, à l’heure actuelle, me donne une grande force de conviction car le diagnostic établi avec mes collègues UDF sur la base de notre pratique s’avère exact.
Plus forte est donc, aujourd’hui, notre volonté de changement. D’initier un rassemblement pour faire de la France une Démocratie afin que notre peuple puisse à nouveau décider de son avenir, les corps intermédiaires, retrouver leurs responsabilités et notre pays, être gouverné de façon efficace et crédible

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