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Le projet européen est au point mort, les européens doutent de la capacité de l’Union à les protéger. Or, ni la Commission, ni les Sommets de Chefs d’état et de gouvernement n’ont réussi au cours des dix derniers mois à sortir d’un silence gêné et à remettre l’Europe sur les rails en disant clairement à quoi elle sert et où elle va.
Pourtant il y a à dire. Je l’ai constaté les 8 et 9 mai à Bruxelles alors que pour la 1ère fois le président du Parlement européen avait rassemblé des députés, européens et nationaux, pour qu’ils s’expliquent sur la coupure profonde entre les citoyens et l’Europe et qu’ils proposent les moyens de créer une nouvelle dynamique.
Dialoguer entre députés de tous pays et de toutes familles politiques- présente bien des avantages. Nous connaissons le sentiment de nos concitoyens préoccupés par un élargissement sans fin qui fait perdre toute identité, par l’incapacité de l’Union à réagir aux effets de la mondialisation souvent associée à la perte d’emploi ou de pouvoir d’achat. Nous savons qu’en fait, c’est plus d’Europe, plus d’actions communes qu’ils attendent.
C’est pourquoi, avec mes collègues députés Udf présents à cette rencontre, nous avons développé quelques axes qui nous paraissent essentiels.
D’abord, il faut renforcer la capacité d’action de l’Europe en matière :
- de recherche pour réduire l’écart grandissant avec les Etats Unis qui pénalise les économies européennes ;
- d’immigration, car celle-ci n’est plus l’affaire d’un pays solitaire ; d’énergie puisque le climat et les énergies ne sont plus un enjeu national ;
- de défense face aux menaces nombreuses et sur lesquelles la voix européenne doit se faire entendre ;
- d’échanges internationaux qui doivent être humanisés.
Ensuite, il faut -c’est primordial- des règles de fonctionnement démocratiques et efficaces. Des règles que l’Europe n’a pas aujourd’hui et qui lui font d’autant plus défaut que nous sommes 25 états membres !
Alors bien sûr, nous respectons les 17 pays qui ont ratifié la Constitution. Pour eux, c’est vrai elle n’est pas morte.
Mais la France et les Pays-Bas ne l’ont pas fait et il est essentiel de ne pas ruser avec les Français. Nous l’avons dit clairement : les Français devront voter à nouveau mais sur un texte revu et corrigé. Un texte constitutionnel plus court qui pourrait être soumis le même jour à tous les européens, par exemple lorsqu’ils seront appelés à élire leurs nouveaux représentants en 2009.
L’Europe doit servir les européens, elle doit défendre le modèle de société auquel nous sommes attachés.
Aussi, il ne s’agit pas de contraindre et d’imposer mais d’agir avec détermination pour bâtir avec les peuples, l’Europe des peuples.
L’enjeu est bien là pour nous européens convaincus et dans ce domaine encore, notre parole libre peut être forte et entendue. Je l’espère au prochain Conseil des chefs d’état et de gouvernement des 15 et 16 juin !
Anne-Marie COMPARINI
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