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A.M. Comparini
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"ENFIN"

 

Le Premier ministre, en remplaçant le CPE par un parcours d’insertion pour les jeunes sans qualification, a mis fin au spectacle attristant donné par son gouvernement, tiré à hue et à dia, ces dernières semaines.
Il aura fallu deux mois de crise profonde pour en arriver là. Et nous le savons tous, le gouvernement aurait pu en faire l’économie, s’il avait - au lieu de s’entêter et de malmener les principes de notre Etat de droit et de notre démocratie- préalablement instauré un vrai dialogue tant avec les parlementaires qu’avec les organisations syndicales et patronales, évitant ainsi de confondre urgence et précipitation.

Il est temps désormais de se remettre au travail.
Pour l’emploi des jeunes. Avec mes collègues UDF, nous entendons le faire avec tous les partenaires sociaux et les mouvements étudiants pour proposer aux jeunes le moyen de trouver leur place dans la vie active.
Mais aussi pour un autre grand chantier : rendre notre démocratie vivante, car cette crise sans précédent aura montré l’effondrement de nos institutions, avec un Président de la République qui promulgue une loi qu’il ne faut pas appliquer et un gouvernement qui transfère ses pouvoirs aux présidents des groupes UMP de l’Assemblée et du Sénat.

Vous avez été nombreux à me parler de cette crise de régime marquée par la confusion et la concentration des pouvoirs et à m’interroger sur les moyens de faire vivre une démocratie moderne et exister des corps intermédiaires. N’est-ce pas d’ailleurs le message du 21 avril 2002, lorsque nos concitoyens demandaient par leur vote une démocratie plus proche d’eux !
C’est vrai, on ne gouverne plus à notre époque sans le peuple. Souvent d’ailleurs dans mes éditos de ces 2 dernières années, rendant compte de mes activités parlementaires, je vous ai parlé de notre système institutionnel qui néglige la concertation et ne laisse pas assez de place à la parole libre des parlementaires.

Vous comprenez dès lors pourquoi l’UDF, aujourd’hui plus encore qu’hier, appelle de ses vœux l’avènement d’une République qui ne reposerait plus entre les mains d’un seul parti, qui serait fondée sur des règles d’une « démocratie saine » où le Parlement représenterait le peuple dans toutes ses composantes et où des mécanismes de « passage en force » tel le 49-3 seraient supprimés.

Tout cela pour favoriser l’écoute, la concertation et le débat et permettre les réformes partagées dont notre pays a besoin.


Anne-Marie COMPARINI

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