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A.M. Comparini
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Edito: "Entre nous"

 

Ce dimanche, je lisais le rapport du commissaire européen sur l’état des prisons françaises, et les commentaires sur le chiffre, très faible, de la croissance française en 2005 ou celui, considérable, du déficit du commerce extérieur. Et j’ai eu envie de vous parler à vous, visiteurs de ce site.

En novembre dernier, porte-parole de mon groupe pour la Justice, j’avais dit avec les mêmes mots que le commissaire européen : « attention : nos prisons sont surpeuplées et indignes de notre siècle, ou encore arrêtons de légiférer, les magistrats n’arrivent pas à suivre notre inflation législative ». La presse avait alors considéré que j’épinglais le gouvernement.
Pourtant il n’y avait là que réflexion d’une élue pour qui la politique, c’est préparer son Pays au monde tel qu’il est.
En effet, qui peut nier que les fonctions de l’Etat : défense, police et justice doivent fonctionner correctement. Voilà pourquoi dans toutes mes activités parlementaires, comme dans mes engagements, je souhaite et j’agis pour que l’état se recentre sur son « métier ». Et je veille à garder ma liberté de parole pour que vous puissiez, à votre tour, réfléchir aux grandes questions de notre Pays. Entre nous, c’est beaucoup plus important que toutes les querelles politico médiatiques !

Autre sujet : la croissance qui n’aura progressé en 2005 que de 1,4%.
Au moment de l’examen du budget 2OO5, C. de Courson et tous les députés UDF, nous avions alerté le gouvernement sur la faiblesse prévisible du taux. Querelle d’experts avez-vous dû dire ! Ou ils se complaisent dans l’utilisation du déclin !
Non, ce n’était là encore que travail normal de vos représentants : la croissance est un indicateur qui traduit l’activité du pays et doit servir aux gouvernants pour ajuster leurs politiques. Or il nous était apparu qu’en refusant de regarder les réalités en face et voulant à tout prix retenir un taux fort pour la symbolique, la France se privait de solutions rapides et prenait du retard alors que nos partenaires ont engagé des réformes pour s’adapter et se remettre à créer. Entre nous, vouloir éviter que notre Pays s’enfonce, cela vaut bien un débat loyal et ouvert sur les propositions d’actions alternatives!

Enfin, les chiffres du commerce extérieur qui confirment l’ampleur historique du déficit des échanges français avec l’étranger, alors que l’Allemagne avec le même prix du pétrole et le même euro que nous, est champion du monde des exportateurs.
Chiffre douloureux qui éclaire notre chômage chronique et chiffre injuste car la France ne manque ni de talents, ni d’entreprises performantes. Mais voilà elles ne sont pas assez nombreuses sur les marchés mondiaux. Il faut, comme l’analysait fort justement mon invité de juillet 2005, Raymond Soubie, accompagner en priorité les PME- PMI dans leurs efforts en direction de marchés ciblés ou de produits très spécialisés.
Cette manière de traiter en profondeur les problèmes de l’économie française explique nos combats à l’assemblée nationale pour les PME PMI, grandes oubliées des textes législatifs. Pour la création d’emplois marchands.
Et vous savez que nos combats sont parfois sans complaisance. Parce qu’ils s’appuient sur vos observations. Sur les modes de pensée de ces 20 dernières années qui n’ont donné aucun résultat, sur les attitudes épidermiques qui ne conduisent qu’à une radicalisation des partis dominants, à la négation des réalités et à des réformes menées sabre au clair. Ou enfin, sur l’absence d’un vrai débat avec les français et leurs représentants.
Entre nous, cette rupture avec des schémas anciens et cet impératif de dialogue qui sortirait les dossiers du cercle décisionnel parisien et restreint, c’est vouloir changer d’époque et de méthodes de gouverner pour que notre pays retrouve dynamisme, bien être et solidarité.

Anne-Marie COMPARINI

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