«Le rapport Pébereau sur la dette : une nouvelle leçon de chose, preuve de l’utilité de l’UDF comme force indépendante dans le paysage politique français.
Petit rappel des faits.
Octobre 2005. Les députés UDF votent contre le budget 2006. J’en fais partie. Animée par le sens des responsabilités, je ne peux alors voter pour un budget qui alourdit la dette, laisse filer les dépenses et « repasse » la facture des déficits actuels aux générations futures. Avec une dette non pas de 1162 milliards mais en vérité de plus de 2 000 milliards d’euros, j’estime que mon acte – fort, j’en conviens- doit attirer l’attention des français sur l’aggravation de la dette, que nous dénonçons d’ailleurs depuis quatre ans tel la « voix qui prêche dans le désert ».
Tollé contre les députés UDF. On ne retient qu’une chose : l’UDF est-elle dans l’opposition ?
Décembre 2005. Le rapport Pébereau tombe. Il dresse un état accablant de la situation financière de la France, et ne fait que confirmer notre analyse. Dans l’urgence, le Premier ministre annonce la création d’une conférence qui verra le jour en 2006 et devra proposer des solutions pour 2007. Nouveau discours, nouveaux actes reportés, comme par hasard, sur l’année électorale.
Loin de moi l’idée de susciter la querelle, la situation est si grave. Mais quel dommage que MM. De Villepin et Breton aient préféré, il y a deux mois à peine lors de l’examen du budget, déclencher une bronca contre les députés UDF plutôt que d’entendre nos propositions : limiter le renouvellement des fonctionnaires, arrêter de faire du déficit qui sont d’ailleurs aujourd’hui celles de M. Pébereau. Ils auraient gagné en temps et en actions !
Mais ainsi va la France et cet épisode en est une nouvelle illustration. Les situations graves et douloureuses sont connues de tous, les solutions existent et peuvent être appliquées pour peu qu’un dialogue s’instaure. Mais soit le gouvernement ne veut pas voir l’évidence, soit lorsqu’elle saute aux yeux, il reporte l’action en créant une énième commission.
Pour ma part, j’ai choisi sans contrainte depuis le début de mon mandat de dire la vérité. J’agis en conséquence : lorsqu’un texte gouvernemental ne me semble pas adapté aux préoccupations de mes concitoyens je le dis, je l’explique et propose avec mes collègues de l’UDF une autre solution.
Aujourd’hui et puisque la fin d’année est propice au bilan, je suis touchée par vos observations et les sondages qui montrent la bonne image dont bénéficie l’UDF. Les français sont de plus en plus nombreux à comprendre notre positionnement qui se veut authentique et qui échappe au clivage simpliste PS.UMP.
Anne-Marie COMPARINI