EDITO NOVEMBRE 2004
L’UDF, une parole libre au service de notre démocratie.
Garder notre liberté de parole et agir pour que les textes proposés par le gouvernement soient justes et adaptés aux besoins d’aujourd’hui : c’est la voie que nous, députés UDF avons choisi à l’Assemblée nationale. C’est là d’ailleurs toute la noblesse de la fonction politique, et notre conviction profonde : savoir écouter et entendre pour entreprendre.
Certains dans les allées du Pouvoir, qui aiment les êtres dociles, s’émeuvent de cette autonomie qui nous amènent parfois à nous abstenir, d’autres fois à voter contre un texte.
Pourtant trois exemples viennent témoigner cette semaine de la justesse de notre comportement.
D’abord la question de la Turquie. Pendant plus de deux mois avec F. Bayrou nous avons « bataillé » et réclamé un débat pour expliquer qu’élargir l’Europe à la Turquie c’est la diluer et lui faire perdre tout son sens. Le gouvernement a d’abord éludé la question, puis refusé le débat pour enfin, l’accepter mais sans vote. Quoiqu’il en soit les résultats sont là. Notre message est passé au sein de l’Assemblée nationale. Il passe au plus haut niveau de l’Etat. La position française bouge : l’Hérald Tribune- quotidien international des affaires- ne disait-il pas dans son édition du 8 novembre, que la France s’emploie à convaincre ses partenaires européens de la nécessité de dire clairement aux Turcs que les discussions engagées avec eux peuvent déboucher non sur une adhésion, mais sur un seul partenariat.
Deuxième exemple les pensions de reversion aux veuves, dispositif technique complexe qui équivaut selon la réforme des retraites de 2003, a transformé un montant fixe en allocation différentielle. A l’époque de l’examen de loi le groupe UDF, conscient du coté particulièrement néfaste de ce changement, avait demandé que la pension de reversion soit au minimum au niveau de l’assurance veuvage et qu’elle corresponde à un droit acquis qui ne puisse être remis en question chaque année. Le gouvernement avait malheureusement rejeté ces propositions. Aujourd’hui après avoir suspendu l’application du décret, il doit revoir sa copie en fonction des recommandations, qui rejoignent d’ailleurs notre propre analyse, faites par le Comité d’Orientation des Retraites.
Troisième exemple enfin, le système de santé français.
Le Parlement a travaillé depuis deux ans sur les questions de santé tant il est vrai qu’il faut repenser totalement notre système de soins. Mais engager une telle refonte ne peut se faire en négligeant l’un des principaux acteurs : l’hôpital.
Nous n’avons eu de cesse de réclamer une attention particulière à l’hospitalisation - publique ou privée - parce que nous connaissons la situation qui se dégrade dans nos hôpitaux sous l’effet conjugué d’une surconsommation médicale et de pénurie d’infirmières et de médecins dans certaines spécialités pourtant essentielles à notre santé. Sans réponse sur ces éléments nous avons, voté contre le projet de financement de la sécurité sociale pour 2005.
Il n’y a rien d’offusquant dans notre attitude. En travaillant comme nous le faisons et en faisant passé souvent votre propre opinion sur des dossiers que nous étudions au Parlement, j’ai le sentiment comme la plupart de mes collègues de l’Union pour la Démocratie Française (UDF), d’œuvrer pour que le terme démocratie qui figure dans l’appellation du groupe auquel j’appartiens, retrouve dans notre pays toute sa vitalité.