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A.M. Comparini
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lettre d'information
 

Réforme de l’assurance-maladie : un fardeau pour les générations futures.

 

Le régime d’assurance maladie français est en faillite. Avec 35 milliards d’euros de déficit cumulé , des facteurs naturels d’augmentation des dépenses du fait de l’allongement de la vie et la hausse des coûts de soin, la question qui aurait dû être posée est évidente : à quel effort sommes nous prêts pour maintenir un haut niveau de protection médicale ? Pour réponse, le gouvernement a proposé : Un plan de financement qui transfère les déficits sur les générations futures. De ce fait, les médicaments et les soins consommés aujourd’hui seront payés par nos enfants et petits enfants. Il est moralement inacceptable, sitôt que nous nous trouvons face à une situation difficile, de reporter l’effort sur d’autres générations que la nôtre. De ne pas assumer nos dépenses et de les léguer à ceux qui devront payer des cotisations en 2020, au risque de créer une nouvelle fracture dans notre société : une fracture intergénérationnelle. Un plan de financement qui pénalise les plus bas revenus en réduisant l’abattement sur la CSG. Je suis pour la réforme, mais juste et équitablement répartie. Or, cette mesure est socialement discutable. L’UDF proposait d’ailleurs d’exonérer les bas revenus. Enfin, un plan qui ressemble à tous ceux que nous avons connu depuis 20 ans. Il ne résorbera pas les déficits et ne règle rien. Certes, le dossier médical et le médecin traitant sont d’excellents outils mais ils sont insuffisants pour réduire totalement dans les deux ans à venir nos dépassements. Il aurait fallu, comme l’UDF le proposait, traiter l’hôpital (il représente 50% du budget de l’assurance maladie) et le rapprocher de la médecine ambulatoire, mobiliser tous les acteurs de la Santé dans une organisation claire et régionalisée, introduire la prévention. J’aurai pu, dans une vision purement technicienne, noter l’absence de ces éléments techniques et m’abstenir de voter pour un plan sécurité sociale de plus, même s’il fait faire un petit pas. Mais plus fort que la technique, des élus responsables doivent aussi prendre en compte l’incidence éthique de leur vote. C’est cette préoccupation fondamentale- refuser de faire porter le fardeau de la dette aux jeunes de 2020- qui m’a conduit à voter contre le projet gouvernemental. Je l’ai fait sans joie, tant une vraie réforme aurait été non seulement nécessaire, mais urgente dans notre pays.

 

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