Le projet de réforme de la retraite fait la une des journaux. Il suscite inquiétude pour les uns, interrogations pour les autres. Comme l’avenir des retraites ne peut se réduire à un huis clos de spécialistes,
il est temps de dire : - Que
la crise du financement de notre système de retraite est inévitable et la réforme essentielle ! - Qu’il y a
urgence à consolider le régime par répartition dont l’équilibre est durablement menacé. - Que
la réforme en préparation n’est pas seulement une démarche comptable destinée à colmater les déficits actuels et à venir, nés de données démographiques irréfutables : le nombre de retraités augmente au moment même ou baisse le chiffre des actifs. -Que
cette réforme doit aller plus loin ; elle doit prendre en compte des modes de vie, des attentes de nos concitoyens bien différents de ce qu’ils étaient en 1945 au moment de la constitution de notre assurance vieillesse.
Oui, nous devons saisir cette occasion ! Saisir cette occasion pour se poser quelques questions : faut-il travailler plus longtemps en échange d’une retraite plus généreuse ? Ou bien, faut-il maintenir les pensions actuelles - tant inégales d’ailleurs - et garder un age de départ à la retraite, 60 ans, qui est le plus bas des pays européens ? Au fond cela revient à
accorder une plus grande liberté de choix : travailler plus longtemps ou arrêter plus tôt.
Saisir cette occasion pour se fixer des principes, comme celui d’établir une retraite minimale revalorisée ; les petites retraites étant trop nombreuses. Mais aussi de permettre à ceux qui ont commencé à travailler très jeunes de partir dés qu’ils ont atteint la durée de cotisations légales. C’est encore unifier le système et tendre vers l’égalité de traitement public-privé. Saisir cette occasion, c’est surtout en finir avec les préretraites (notre économie a besoin des seniors), instaurer un départ progressif, avoir la possibilité de travailler même après la retraite en réformant les textes sur le cumul emploi- retraite. C’est enfin introduire une dose de capitalisation. Cette réforme vaste que notre pays doit avoir le
courage de mettre en œuvre, a besoin d’un dialogue confiant. Un
dialogue nourri des expériences de nos partenaires européens et de pragmatisme. C’est en ce sens que j’aborde la discussion parlementaire qui s’engage.
Anne-Marie Comparini