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M. Pierre Albertini - Depuis une vingtaine d'année, la France s'enfonce dans le doute. La grave dépression que nous connaissons est largement due à la persistance d'un chômage élevé qui touche toutes les familles. Le Premier ministre a rappelé que l'on n'a probablement pas tout essayé pour lutter contre ce fléau, et, sur ce point, il a trois fois raison : nous avons en effet accumulé des politiques en jouant sur tous les curseurs, mais sans cohérence aucune et jamais sur le long terme ; nous avons dépensé toujours plus d'argent sans pour autant être efficaces. Nous portons tous la responsabilité de ce grave échec.
Sur le plan de la méthode, le Gouvernement, en dessaisissant le Parlement, s'est privé d'un débat de fond qui aurait permis de prendre les Français à témoins. Peut-on imaginer que l'on pourra résorber le chômage sans leur demander d'être les acteurs de leur propre destin et d'adhérer aux priorités de la France et de l'Europe ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UDF)
Sur le fond, votre projet comporte des mesures certes intéressantes, en particulier certaines simplifications administratives et le chèque emploi en faveur des petites entreprises, mais elles sont homéopathiques quand un traitement de choc s'imposait ! Je n'ai de plus jamais rencontré un seul employeur qui souhaite disposer d'un contrat tel que le CNE : il s'agit là d'un contrat inutile, dangereux pour le dialogue social, et dont la gestion sera très complexe.
Je rappelle les quatre propositions que nous avions formulées : la modification d'une assiette des charges qui pénalise inutilement et injustement le travail, la nécessaire augmentation du volume de travail afin de pouvoir supporter un niveau de protection sociale élevé, la refondation du contrat de travail dans le sens d'une meilleure sécurité pour les employeurs et les salariés, l'activation du service public de l'emploi qui doit pratiquer un accompagnement individualisé dès les premières semaines de chômage.
Enfin, j'y insiste, ce n'est pas ailleurs, mais uniquement en nous-mêmes que nous trouverons les solutions qu'appelle le redressement de la France. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDF)
Dans sa grande majorité, le groupe UDF votera contre votre projet. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDF)
Résultat du vote: A la majorité de 322 voix contre 155, sur 483 votants et 477 suffrages exprimés, l'ensemble du projet de loi est adopté.
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