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Intervention d'Anne-Marie COMPARINI sur l'Entrepreneuriat au féminin

 

Intervention au Salon des Entrepreneurs. 16 JUIN 2005.
Conférence sur l'Entrepreneuriat au féminin


Lorsque j’ai accepté de participer à cette table ronde, je ne pensais pas qu’elle aurait lieu dans un contexte de mobilisation pour l’emploi.
Alors disons le, haut et fort : les femmes qui entreprennent, co- entreprennent ou reprennent des entreprises sont des partenaires majeurs de l’économie, une force indéniable. Elles créent des emplois dont notre Pays a besoin tant le chômage structurel nous enferme depuis 20 ans dans une gangue douloureuse pour tous.
Mais reconnaissons le, l’entreprenariat au féminin est, en France, pas assez connu, insuffisamment pris en compte et son développement peu soutenu.
Pourtant le législateur est intervenu : la loi récente pour l’initiative économique de 2003 a bénéficié aux femmes. Le gouvernement aussi, puisque la charte pour l’égalité lancée par Madame Ameline prévoit un volet création et des dispositions concrètes adaptées. Et les acteurs - associations qui travaillent, forment et conseillent les femmes ou institutionnels- existent.
Or, ces actions ne donnent pas le résultat attendu. Je sais bien que la mentalité collective à l’égard des femmes a la vie dure ! Mais est- ce la seule explication ?

C’est pourquoi, j’ai voulu étudier ce que d’autres pays font pour développer l’entreprenariat au féminin et faciliter son accès au monde des affaires. Et réfléchir avec vous sur le parti nous pouvons tirer de ces expériences.
1. Il passe d’abord par la sensibilisation à l’idée d’entreprendre au féminin et sa promotion dans l’opinion. Je ne suis pas convaincue que l’opinion publique en général et les structures de pouvoir ont une connaissance précise de la place tenue par les françaises dans l’économie. Dit-on suffisamment fort que déjà 27% des chefs d’entreprise sont des femmes et que tous les ans, un quart des créateurs sont féminins.
De la taille des entreprises qu’elles créent ou dirigent. L’entreprise au féminin s’exerce souvent dans les tpe du commerce et des services. Ces activités là, quelque soit le genre du créateur, sont ignorées. Ce qui est une erreur : ce n’est pas la taille de l’entreprise ou sa branche d’activité qui en fait sa noblesse mais bien l’acte d’entreprendre.
Des domaines dans lesquelles elles interviennent majoritairement.
Ces propos ne sont pas gratuits car à la méconnaissance du rôle des femmes dans notre économie s’ajoute une méconnaissance générale de l’apport des petites entreprises à notre dynamisme global.

2. Il passe ensuite par l’engagement au plus haut niveau à faire de l’entreprise au féminin une priorité.
Soyons clair ce n’est pas qu’une histoire de loi. D’ailleurs, elles ne suffisent pas à changer les mentalités cf. loi sur l’égalité professionnelle.
En demandant un tel engagement, ce n’est pas un appel à une énième loi et qui plus est une loi spécifique.
Ce qu’il faut,
C’est un plan stratégique global. Un Conseil consultatif national des femmes entrepreneures ou l’Observatoire de la parité pourrait servir de source de recommandations aux dirigeants : par exemple en attirant leur attention sur les répercussions des lois et des politiques en préparation sur les femmes entrepreneurs.
Un plan qui met en mouvement tous les acteurs, car un plan stratégique ne suffit pas, s’il n’est pas appliqué au niveau local. A tout moment, une créatrice doit pouvoir trouver l’accompagnement, l’expertise qui lui permet de surmonter les obstacles. Dans cette perspective, il serait intéressant de connaître les leçons que tire l’assemblée permanente des chambres de métiers de la déclaration d’intention signée il y a un an.
Et de manière coordonnée par une coopération étroite d’acteurs et d’institutions. Les associations sont nombreuses, les institutions aussi. Pouvoir les distinguer ne veut pas dire les opposer mais rechercher la meilleure lisibilité attendue si souvent par nos concitoyens. Faut-il un guichet unique ? Non, il en existe déjà. Je crois plutôt à la généralisation de l’information et de l’accompagnement des femmes par la mobilisation des institutions et des réseaux d’accompagnement.
Un plan qui apporte des réponses aux obstacles rencontrés par les femmes créatrices pour s’engager davantage dans la création d’entreprise.
L’accès au financement. Les micros prêts, le fonds de garantie à l’initiative des femmes, sont-ils facilement accessibles aux femmes ? Sont-elles informées des outils financiers mis à leur disposition ? Loi dutreil 1 et 2. Il faut une évaluation, car la répartition des rôles sociaux entre les hommes et les femmes prédétermine trop souvent les choix bancaires.
Leur accès aux réseaux d’entraide, de tutorat,
Leur accès à la formation adaptée à l’entrepreneuriat féminin et à ses conditions d’exercice.

Le débat qui va suivre enrichira ces quelques réflexions. Il me sera bien utile car je compte intervenir très prochainement auprès du gouvernement pour qu’il fasse de l’entreprenariat féminin, un des piliers de sa bataille pour l’emploi. Tous les pays qui ont misé sur la diversité et la mixité ont dynamisé leur économie.

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