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Anne-Marie Comparini l’avait annoncé : elle ne resterait pas les bras croisés en attendant la décision définitive qui consacrera le sort de la liaison ferroviaire Lyon-Turin. Après avoir écrit aux parlementaires pour les inviter à défendre la Transalpine à Paris, la députée était ce mercredi à Rome, pour y suivre la Conférence intergouvernementale franco-italienne. Les deux délégations n’ont pas ignoré le contenu et le constat négatif de l’audit réalisé par le gouvernement français. «Elles ont ainsi réaffirmé» précise Anne-Marie Comparini «la nécessité prioritaire de réaliser dans les meilleurs délais cette liaison ferroviaire. Tout comme elles ont aussi pris acte de la déclaration du ministre des Transports Gilles de Robien, confirmant que le gouvernement français ne remettrait pas en cause la signature du traité franco-italien qui engage la France.» Dans cette optique, la députée du Rhône et présidente du Conseil régional Rhône-Alpes a demandé que «les experts fournissent de nouveaux documents techniques réalistes donc plus sûrs et qui seraient validés par les deux parties. Ils pourraient ainsi servir à asseoir la volonté politique et s’avérer utile au moment du grand débat sur les infrastructures à l’Assemblée nationale.» Anne-Marie Comparini a aussi joué la carte européenne de la France. «A l’heure où les gouvernements européens sont divisés, il est bon de revenir au principe cher à Robert Schumann : « l’Europe doit se construire à partir de grands projets ». Or, le Lyon-Turin fait partie de ces actes concrets qui permettent de construire la nouvelle Europe, c'est-à-dire l’Europe qui n’ignore pas son sud au moment de son élargissement à l’est.» En effet, vital pour notre région dont les travaux de la CIG annoncent la sur-saturation autoroutière dès 2015, le Lyon-Turin, l’est tout autant pour l’Europe dont le centre de gravité va, à la faveur de l’élargissement de l’Union européenne, se déplacer vers l’est. A la croisée des axes nord-sud, la Transalpine reliera ainsi la péninsule ibérique à l’Italie du nord-ouest et à l’Europe centro-orientale, et ouvrira la Mer du Nord à la Méditerranée et à l’Adriatique. «Relier Londres et Barcelone à Rome, Budapest, Francfort ou Berlin par les Alpes, mettre l’Europe de l’Est et l’Arc sud-européen à égalité avec l’Europe du Nord, voilà un pari» pour Anne-Marie Comparini «que la France doit relever.»
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