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lettre d'information
 

Explication de vote Budget Enseignement supérieur et Recherche pour 2006

 

BUDGET RECHERCHE pour 2006
Explication de vote d’Anne-Marie COMPARINI au nom du groupe UDF
Séance du vendredi 18 novembre 2005


Monsieur le président,
Monsieur le ministre,
Chers collègues

Nos débats sont dominés par un constat unique : l’attractivité scientifique de la France peut tirer sa croissance, à condition que notre Pays rompe avec la faiblesse des moyens accordés à l’université–recherche et remédie aux défaillances organisationnelles du système.
Le budget 2006 a le mérite, comme le gouvernement s’y était engagé, de disposer d’un volume de crédits supérieur à celui des années précédentes. Des postes d’enseignants chercheurs, de IATOS seront crées. Néanmoins, s’agissant d’un secteur stratégique qui ne peut subir un « stop et go » fragilisateur, ils auraient dû s’inscrire dans une programmation pluriannuelle pour l’université et pour la recherche. Vrai moyen de donner des perspectives aux jeunes scientifiques et de faire passer le message qu’à chaque alternance, on ne repart pas à à zéro.

En matière de locaux. Nous connaissons tous les campus, leur vétusté et leur fonctionnement d’un autre âge. Le CPER se réalise bon an mal an. Là aussi, nous aurions aimé une volonté manifeste de préparer dès a présent le futur programme de modernisation des campus. Pourquoi attendre la fin du CPER, qui fait souvent perdre une ou deux années à la réalisation des investissements? Il y a encore tant à faire pour que nos universités tiennent la comparaison face aux universités étrangères!

En ce qui concerne les étudiants, l’application du rapport Anciaux sur les logements permet de rattraper le déficit chronique. Cependant avec l’augmentation des loyers, il faut aussi aider les jeunes à financer leurs études. Vous proposez des prêts bancaires à taux réduit, c’est bien je les avais demandé l’an dernier. Mais aujourd’hui, je veux insister sur la nécessité d’une réglementation pour mieux encadrer et mieux indemniser leurs stages en entreprises obligatoires. Les jeunes font des études pour permettre à notre économie d’entrer de plain-pied dans le monde du Savoir. Attention de ne pas le faire au détriment d’une génération qui commence sa vie dans la précarité !

Par ailleurs, l’incitation à créer des pôles de recherche et d’enseignement supérieur et les mesures destinées à revaloriser le doctorat sont louables.
Pourtant, on n’attaque pas les racines du mal avec seulement des moyens financiers. Les universités et la recherche, qui n’ont pas déméritées, ont tout aussi besoin d’améliorations
organisationnelles pour corriger le cloisonnement excessif, la rigidité des statuts, le manque d’ouvertures vers le privé, la lourdeur de gestion du système universitaire, comme le démontre excellemment la Cour des comptes.
Voilà pourquoi le groupe UDF regrette que pour la deuxième année consécutive, nous étudiions un budget sans avoir eu à débattre du projet d’orientation de la recherche. Le bon sens veut que les moyens financiers viennent après avoir défini ce qu’on veut faire. Et dans ce domaine les questions ne manquent pas.
Ainsi la multiplicité des agences vaut-elle fondation visible d’une véritable politique ? Assure-t-elle la créativité, la souplesse, l’émergence de jeunes équipes, condition du succès de la recherche fondamentale? L’indexation des allocations pour les doctorants met-elle notre université au niveau d’une université moderne et attractive pour les jeunes chercheurs ? Un véritable parcours professionnel crée en leur faveur n’est-il pas préférable ? Des questions, direz-vous, à examiner dans le cadre du projet de loi d’orientation de la recherche.

Nous nous abstiendrons donc en attendant qu’il soit examiné. C’est une abstention incitative à donner à notre système trop centralisé, plus de liberté et d’autonomie.
Parce que notre attente est forte d’une université française, qui inclut enseignement supérieur privé et grandes écoles, capable de dispenser des connaissances dans des campus bien équipés, avec des enseignants qui éclairent leurs cours par des ouvertures sur la recherche, des partenariats avec l’entreprise, de nombreux étudiants ne connaissent pas la vie réelle en entreprise, et par la mise en réseaux avec les autres universités du monde et notamment européennes.

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