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lettre d'information
 

Le Congrès national de l'UDF

 

Le congrès national de l’ UDF s'est tenu les 17,18,19 janvier 2003 au Palais de la Mutualité de Paris.



- SOMMAIRE -


Ouverture du Congrès.
Intervention inaugurale de François Bayrou.
Ouverture de la nuit citoyenne.

Les tables rondes du samedi matin.
>>> Les nouveaux statuts de l'UDF.
>>> Table ronde relative à la décentralisation, à la santé, à l’économie et aux politiques sociales.
>>> Table ronde sur l’Europe, le conflit au Proche-Orient et la situation en Irak.
>>> Débat de politique générale.

Le dimanche matin.
>>>Intervention des principaux leaders.
>>>Discours de clôture de François Bayrou.

* * *



Ouverture du Congrès

Le congrès s'est ouvert vendredi soir par l’intervention de Didier Bariani, président de la fédération de Paris. Il a accueillit les congressistes et a rappelé que l'UDF vient de vivre une période difficile, mais qu’elle a su résister grâce à François Bayrou ; ces derniers mois ont prouvé que le parti centriste a un véritable chef. D.Bariani l'a remercié pour son courage, et a indiqué que l’UDF doit avoir toute sa place au sein de la majorité.

Le président de la commission de contrôle a ensuite donné le résultat du scrutin pour l’élection du Président de l’UDF. Le nombre des inscrits s’élevait à 42.172, 22.885 votants.

François Bayrou a été réélu président de l’ UDF avec 95,6 % des voix ( Ali Gharbi obtenant 2,91 % et Jérome Millière 1,63 % des voix).




Intervention inaugurale de François Bayrou

Le nouveau président de l’UDF, réélu pour 2 ans, fut appelé à la tribune où il débuta son discours en rappelant le bon souvenir de son avant dernier meeting tenu, dans cette salle, lors de l’élection présidentielle. Campagne au cours de laquelle il voulait changer le paysage politique français. Il souligna que l’on a voulu étouffer l’UDF en tentant de la faire disparaître. Il évoqua même un contrat sur notre mouvement afin d’exécuter l’UDF en utilisant 2 moyens qui font plier les faibles : la menace et d’alléchantes promesses.


Il a remercié les 70 parlementaires, députés, sénateurs et députés européens qui ont su résister. Il a égalament remercié les dizaines de militants qui ont dit NON à cet oukase ; qui ont choisi de relever le défi. Il est ensuite revenu sur l’élection de Christian Blanc dans la 3éme circonscription des Yvelines. Ce dernier a prouvé que les électeurs ont soutenu notre volonté de résistance. François Bayrou a proclamé que la France est un pays de libertés qui, comme tous les pays de libertés, ne s’accommode pas des partis uniques imposés par la force. Il a affirmé que, pour l’UDF, se termine le temps de la défensive et commence le temps de l’offensive. 2002 aura tissée un lien très fort entre lui et l’ensemble des membres du parti : "je peux vous dire quelle gratitude je dois à chacun d’entre vous", il a souligné le courage et la colère des militants qui, en bons soldats, ont tenu bon. Même si des colonels se révélaient parfois indignes de leur confiance.

Selon lui, une famille politique ne peut pas se dissoudre au bénéfice d’une manœuvre de pouvoir, il a précisé que l’adhésion confiante des militants lui a donné la force nécessaire pour tenir bon, et reste persuadé que, lorsque l’UDF gagnera dans les années futures, il faudra se souvenir de ces jours de 2002 où tout paraissait perdu. C’est dans ces moments là que s’est forgé l’avenir national dont l'UDF et ses militants auront la charge.
Pour atteindre cet objectif, François Bayrou a appellé à conduire cette entreprise avec enthousiasme, dynamisme, volonté et organisation. Ce congrès doit avoir 2 objectifs : présenter les réformes nécessaires afin que la France réussisse, et préparer les options pour l’avenir afin de les présenter aux français pour qu’ils puissent choisir.

François Bayrou a rejeté les insinuations faites par certains qui estiment que l’UDF souhaite l’échec du gouvernement ; l’échec serait un échec du pays selon lui ! . Les suggestions qu’il faites au gouvernement ne doivent pas être perçues comme des critiques mais comme des éléments favorisant l’intérêt du pays.


Il faut faire de l’éducation nationale une priorité, et a confirmé son opposition à la décision soutenue par la France de l’entrée de la Turquie dans l’union européenne. L’UDF soutient sans réserve la mobilisation du pays autour d’une politique de sécurité ainsi que la politique menée par Nicolas Sarkozy.
Favorable aux orientations suivies par le ministre de la Santé en ce qui concerne la gestion des 35 heures à l’hôpital, il l’est également au processus de décentralisation engagée par le gouvernement, mais regrette qu’on ne voit pas plus clair dans ces orientations gouvernementales. L’UDF doit avoir une position originale au sein de la majorité. Notre soutien ne doit pas être mécanique, l’UDF doit pouvoir être un parti non inféodé, libre et responsable.


François Bayrou a ensuite remercié l’ensemble de l’équipe qui, sous la direction de Pierre Albertini, a rédigé le projet politique, et l’ensemble des adhérents ayant contribué à l’élaboration de ce projet :plus de 200 contributions ont été envoyées par les fédérations afin d’enrichir ce projet.


Le président de l'UDF a enfin conclut son discours en affirmant que, dans les mois à venir, le parti centriste doit devenir un parti conquérant. C’est pourquoi une attention particulière sera portée sur l’organisation et l’animation du mouvement ; au bout du compte un parti offensif, ce sont toujours des candidats, et il a rappelé qu’à l’UDF les idées primeront toujours.

François Bayrou a indiqué que ce congrès doit être un congrès de l’ouverture avec de nombreux grands témoins extérieurs au mouvement ; il s'est dit convaincu que la société française contient des ressources dont la société politique se prive. L’UDF ne doit pas être un parti verrouillé par des logiques d’appareil, mais le parti d’un grand courant politique nouveau, capable de faire travailler ensemble des gens venus d ‘horizon différent.
Les mots d’ordre de ce congrès doivent être liberté de pensée, ouverture, indépendance des comportements et rassemblement des français. L’ UDF doit offrir à notre pays la liberté de choix qui lui permettra de trouver son destin





Ouverture de la nuit citoyenne

Cette soirée s’appuie sur les 200 contributions transmises par les fédérations. Elle a également permis à des experts invités par l’UDF à venir débattre sur les grands thèmes de société.

Le premier abordé a été : solidarité, pauvreté et intégration.
Ce thème permet à des représentants de l’association ATD-Quart Monde et du Droit au Logement (DAL) de venir alerter le congrès sur les difficultés de mise en œuvre de la loi contre les exclusions votée lors de la précédente législature.
Le représentant de l’Association Droit au Logement a développé un discours accusateur envers les élus et de méfiance vis à vis de la nouvelle majorité. Ses propos sont très idéologiquement marqués à gauche. Cette nuit se poursuit par l’intervention remarquée de Malek Bouthi, président de SOS-Racismes, qui plaide avec brio pour une intégration réussie des jeunes issus de l’immigration. Il a refusé l’idée du déclin de la France et a estimé que notre pays doit désormais comprendre que plusieurs cultures composent l’identité nationale. Il a rejeté l’idée de communautarisme et a plaidé pour une véritable laïcité de la République. Il est ovationné par le congrès.


Le deuxième thème abordé est relatif à l’insertion et à l’handicap.
Il est rappelé que 2003 est l’année internationale du handicap et que l’insertion des personnes handicapées dans la société a été définie comme une priorité par le Président de la République. Les intervenants ont rappelé qu’il existe plusieurs types de handicaps.
L’accent est mis sur la nécessité de prévoir des logements accessibles techniquement et financièrement. Le président de la mission pour l’année du handicap a rappelé que le handicap peut frapper tout le monde. Et qu’il concerne plus de 5 millions de personnes... Les investissements réalisés pour faciliter la vie des personnes handicapées peuvent également servir à des personnes valides.


La nuit citoyenne s'est poursuivi tard avec des discussions de fond sur d’autres thèmes.




Les tables rondes du samedi matin

François Bayrou a ouvert la séance en reprenant les grands axes du discours qu’il a prononcé la veille; il a précisé que la journée de samedi s’articulera autour de plusieurs tables rondes successives qui aborderont les grands thèmes de la société française. Il a confirmé que des experts extérieurs à l’UDF viendront approfondir notre réflexion.


Les statuts de l'UDF

Bernard Lehideux, président du groupe au conseil régional d’Ile-de-France, et en charge de la réflexion sur les statuts, a présenté au congrès les modifications statutaires suivantes :
- Il n’est plus possible d’adhérer en groupe à l’UDF; l’adhésion est un acte individuel.
-Tout nouveau militant pourra voter lors des scrutions internes s’il a adhéré depuis 2 mois.

B.Lehideux a précisé que le bureau politique, qui sera élu ce jour, sera élargi puisqu’il comptera 206 membres élus par les conseillers nationaux, mais également l’ensemble des parlementaires, des responsables d’exécutifs locaux, des présidents et délégués départementaux des fédérations et des responsables des groupes politiques UDF dans les collectivités.



Table ronde relative à la décentralisation, à la santé, à l’économie et aux politiques sociales.

La 1ére table ronde relative à la décentralisation, à la santé, à l’économie et aux politiques sociales est présidée par Bernard Bosson.


Décentralisation


Sur la décentralisation, l’UDF a rappelé qu’elle est favorable au développement de ce principe. Le projet gouvernemental semble toutefois être très en retrait par rapport au souhait de notre parti.

Il est précisé qu’une véritable décentralisation ne pourra pas être faite si l’autonomie financière des collectivités territoriales n’est pas garantie. Il est souhaité que leur soient allouées d’autres ressources financières et fiscales.
La décentralisation doit avoir pour but de simplifier l’organisation des pouvoirs en France. L’UDF s'est prononcée pour que des compétences claires soient attribuées à chaque collectivité.

La décentralisation doit également entraîner la baisse des impôts nationaux, elle doit être l’occasion de repenser le fonctionnement de l’Etat et doit s’inscrire dans un processus de réforme de l’Etat.

L’UDF s'est prononcée pour que les Régions se voient attribuer l’ensemble des politiques de formation. Les routes nationales pourraient revenir aux départements ainsi que les politiques d’insertion par l’emploi.

A cet instant, le congrès accueille Monsieur Dupuy, sociologue, qui vient présenter son analyse sur la société française. Sur la nécessité de réforme. Il a constaté que notre société vit une période complexe marquée par de nombreux blocages.
Le résultat du 21 avril 2002 démontre que notre société traverse une crise profonde que certains peuvent juger comme étant pré-révolutionnaire. Il estime que la nécessite de réforme est aujourd’hui indispensable pour tenter de transformer une société de plus en plus bloquée.



Solidarités et politiques sociales


Après cette intervention, sont venues les questions relatives à l’action sociale et à la solidarité. Ces deux chapitres ont été l'occasion pour la sénatrice Valérie Létard et par Rodolphe Thomas, député du Calvados de faire le point sur leurs travaux. Ils ont rappelé que l’UDF se prononce pour la transformation du RMI en RMA (revenu minimum d'activité).

La sénatrice a estimé que les politiques d’insertion doivent être différenciées selon les types de personnes auxquelles elles s’adressent, et s'est prononcée pour qu’un revenu minimum soit automatiquement versé à des personnes jugées dans l’impossibilité sociale de retrouver une activité professionnelle.
Pour les personnes moins exclues, elle a souhaitée que des contrats aidés -type CES et CEC- soient mis en place en lien avec les collectivités territoriales.
Elle a, en outres, estimé que, pour les personnes les plus proches de l’emploi, un revenu minimum doit leur être versé tout en développant une politique active d’insertion et les obliger à avoir une activité d’intérêt public le temps qu’elles se réinsèrent complètement dans la société.



Retraites


Intervention de Michel Godet, auteur de l’ouvrage "2006 : Le Grand Tournant"
Il a abordé les questions démographiques et le problème posé par l’avenir des retraites, en démontrant que notre régime de retraite actuel est particulièrement inégalitaire et qu’il ne pourra pas survivre à 2006. Année qui verra un grand nombre de personnes partir en retraite.

Il a constaté que le système actuel est plus protecteur pour les agents du secteur public qui, de plus, bénéficient d’une espérance de vie supérieure à celle d’un ouvrier.

Il a, par ailleurs, relevcé que cette inégalité démographique touche de plein fouet les personnes qui ont un travail pénible ne leur permettant pas de profiter de leur retraite, et démontre aussi que le système de retraite actuel est plus pénalisant pour les familles nombreuses. Une réforme des retraites doit s’imposer comme un acte de justice sociale.






Table ronde sur l’Europe, le conflit au Proche-Orient et la situation en Irak.

Alain Lamassoure, qui préside cette table ronde, fait le point sur l’avancée des travaux de la convention sur l’avenir de l’Europe présidée par V. Giscard d’Estaing, en indiquant que cette convention va poursuivre ses travaux d’une manière plus active et que les premières propositions devraient être prochainement présentées.

Il a rappelé que l’objectif de cette convention est d’adapter les institutions européennes en raison de l’élargissement à 25 qui doit prochainement intervenir. Cette table ronde a été l’occasion d’analyser les récentes propositions franco-allemandes concernant la présidence de l’Union.

Denis Badré, sénateur des Hauts de Seine, Maire de Ville d’Avray, a exposé les principales dispositions contenues dans le compromis franco-allemand en expliquant que les positions ne sont pas toutes identiques à l’UDF. A.Lamassoure a estimé que tout rapprochement des positions franco-allemandes est bénéfique pour l’Europe alors que François Bayrou et Jean Louis Bourlanges considèrent que le principe de double présidence pour l’Europe serait néfaste pour l’avenir de l’Union ; à plus ou moins long terme, cela serait la source d’un conflit de légitimité.

Jean Louis Bourlanges a, quant à lui, critiqué le compromis franco-allemand en regrettant qu’il y ait concurrence entre le Président de la Commission et le Président du Conseil. Il a estimé que le système mis en place risquerait de ne pas fonctionner. Il juge ce compromis peu lisible et difficilement acceptable par l’ensemble des états de l’Union.

Cette table ronde sur l’Europe est aussi l’occasion pour Jean Dionis du Séjour, député du Lot et Garonne d’exprimer son refus de voir la Turquie intégrer l’Union Européenne. Il a estimé que la Turquie n’est pas suffisamment ancrée en Europe sur le plan géographique, et a considèré que ce pays n’a pas tiré les conséquences de son passé quant au génocide arménien.


Le conflit au Proche Orient est évoqué par la présence d’un représentant du Conseil des Institutions Juives de France, et par un représentant de la mosquée de Bordeaux.

Le représentant juif a regreté que la France ait perdu son rôle d’interlocuteur privilégié d’Israël, cet état de fait s’expliquant par la volonté française de ne pas suffisamment condamner le manque de fermeté menée par l’autorité palestinienne. Il souhaite que la France redevienne un véritable partenaire d’Israël. Selon lui, il conviendrait de renforcer les partenariats économiques et culturels entre les deux pays.

Le représentant de la mosquée de Bordeaux souhaite qu’une politique d’apaisement s’instaure au Proche Orient et que l’autonomie de l’autorité palestinienne soit reconnue et renforcée.


Le 3éme débat concerne la situation en Irak et la position de l'UDF face à une éventuelle guerre. Jean Claude Casanova a exposé les différents scénarios possibles. Il estime que les Américains sont dans une logique guerrière démontrée par le fort déploiement de troupes déjà sur place. Il se dit préoccupé quant à l’avenir de cette région.

François Bayrou réaffirme la position de l’UDF en rappelant que l'UDF soutient la démarche de la France et les positions prises par Jacques Chirac. L’UDF a estimé que les inspections sur le terrain doivent être menées à leur terme avant de prendre une position définitive.FRançois Bayrou a résumé la position des militants de l'UDF par cette formule : "Pas de preuves, pas de guerre".



Débat de politique générale

S’ouvre ensuite le débat de politique générale sur la situation politique nationale. Sera également évoqué durant ce débat le positionnement et l’avenir de l’UDF. Le congrès a accueilli Corinne Lepage, ancien ministre de de l’environnement et présidente de Cap 21. Elle a rappelé son hostilité à un parti unique à droite représentée par l'UMP, a réaffirmé son souhait de défendre le pluralisme et annonce qu’elle souhaite développer un partenariat entre Cap 21 et l’UDF tout en respectant l’identité de chaque formation. François Bayrou s'est réjouit de cette position.


La parole est donnée à un militant socialiste parisien qui s'est déclaré déçu par les orientations prises par la direction prises par la direction du PS actuel ; il a appelé à un rapprochement entre certains membres du PS et de l’UDF. Son discours parfois ambigu a suscité un grand nombre de réactions parmi les congressistes.
Yvan Lachaud, député du Gard, UDF d’origine ayant rejoint l’UMP, venait de décider de rejoindre définitivement l’UDF. Il a reconnu qu’il n’avait pas eu la force de résister aux pressions subies avant les élections de juin dernier. Et se réjouit d’avoir retrouvé sa famille d’origine.


Puis, la parole est donnée à Maurice Leroy, député du Loir et Cher, qui a estimé que ce congrès est la preuve que l’UDF est toujours vivante malgré la volonté de l’UMP. Il s'est prononcé pour que l’UDF soit présente partout quel que soit les modes de scrutin ; il a signalé que les derniers sondages prouvent que les Français sont sensibles au combat mené par François Bayrou et que les Français témoignent de leur attachement au pluralisme. Il a poursuivit en constatant que les causes, ayant provoqué le choc du 21 avril, n’ont pas disparues contrairement à ce que pense le gouvernement. Il a interpelé Jean Pierre Raffarin afin que de vraies réformes soient menées ; en cas d’échec du gouvernement, l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir est à craindre. L’UDF doit être plus écoutée et respectée au sein de la majorité.


Intervention de Thierry Cornillet.
Le vice-président de la Région Rhône-Alpes a estimé que les combats menés par François Bayrou au cours de l’année 2002 ont légitimé l’existence de l’UDF. Que la majorité doit comprendre 2 pôles, l’UMP et l’UDF. Il a signalé que le congrès est la preuve que l'UDF est, bel et bien, vivante et constructive. Qui plus, il a affirmé que la question de l’existence de l’UDF doit être considérée comme une affaire réglée.


Intervention de Jean Christophe Lagarde.
Le député-maire de Drancy a informé le congrès des propos tenus par le président de l’UMP qui s’est inquiété devant les médias du ton agressif de François Bayrou envers son parti. Jean-Christophe Lagarde a ironisé sur cette position ; ce n’est pas l’UDF qui doit inquiéter l’UMP mais plutôt la situation économique de la France ! Il a fait part de son inquiétude sur la situation de notre pays par rapport à nos partenaires étrangers, et a terminé son intervention en affirmant que la question de l’existence de l’UDF ne doit pas être posée. Le plus dur commence pour ce mouvement qui doit trouver son véritable positionnement et se doit de faire des propositions au pays.


Intervention de Bernard Lehideux.
Le président du groupe UDF de la Région Ile-de-France a appelé les congressistes à créer les fédérations régionales de l’UDF pour fédérer les énergies et mieux préparer les échéances de 2004.




Dimanche matin : tribune libre

Les principaux leaders de l’UDF s’expriment avant le discours de clôture notre Président.


Intervention des principaux leaders


André Santini, député-maire d'Issy-les-Moulineaux ouvre la matinée en réaffirmant que ce congrès démontre que l’UDF doit continuer d’exister face à la grosse machine de l’ump. L’UDF doit être perçue comme indispensable au débat et être capable de faire entendre un message original. Il salue le courage de son président d’avoir tenu bon lors de ses derniers mois.


Anne-Marie Comparini centre son intervention sur le contexte international mais aussi économique ; elle se prononce pour que l’audace soit un principe qui guide l’action publique. Elle constate que la situation actuelle est difficile, cite le cas de MétalEurop contraint de fermer prochainement et préconise le développement de politique de formation afin de répondre à ces transformations économiques. Selon la Présidente de Rhône-Alpes, il est nécessaire que, dans ce contexte national et international difficile, le gouvernement et les élus dans leur ensemble doivent insuffler un sentiment de confiance qui puisse ramener un peu de joie.


Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir et Cher, axe son discours sur le rôle des sénateurs et sur la nécessaire implantation de l’UDF sur le territoire national.


Marielle de Sarnez, dépurtée européen prend la parole pour remercier les congressistes de la qualité des débats de ce congrès qui fera date. Elle évoque la situation européenne en rappelant que les parlementaires européens UDF ne sont pas pleinement d’accord avec le compromis franco-allemand relatif aux institutions européennes. L’Europe n’a pas besoin de compromis mais d’une vision à long terme.


François Sauvadet, député de Cote d’Or et porte-parole de l’UDF, axe son intervention sur le nécessaire courage qu’il a fallu au président de l'UDF pour maintenir l’existence autonome de l’UDF, et rappelle que notre formation a subi ces derniers mois de fortes pressions de la part de son allié de l'UMP.


Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat, rappelle que l’UDF doit être pleinement dans la majorité parlementaire. Concernant les finances publiques, le sénateur évoque la nécessité absolue de lutter contre tout déficit public. Cette lutte doit entraîner une réflexion sur la réforme de l’Etat.


Michel Mercier, président du groupe de l’union centriste au Sénat, évoque la création de ce groupe où siégent 27 sénateurs et précise que ces parlementaires ont permis, pour la 1ére fois à l’UDF, d’exister en tant que tel au Sénat. Il rappelle que les groupes parlementaires peuvent être des relais par rapport aux préoccupations des fédérations et des militants. Le groupe au Sénat s ‘engage à être au service du parti.


Hervé Morin, député de l’Eure et président du groupe à l’Assemblée nationale, centre son intervention sur la faiblesse du parlement français par rapport au pouvoir exécutif et regrette que le parlement ne joue pas un rôle central dans notre démocratie. Il critique l’attitude du groupe majoritaire UMP approuvant l’ensemble des dispositions gouvernementales sans réel débat, et condamne l’attitude de l’opposition qui rejette systématiquement toutes nouvelles propositions.
Quant à l’avenir de l’UDF, Hervé Morin l’estime totalement légitime : elle aura, un jour, vocation à devenir un parti majoritaire.


La salle ovationne l’arrivée de Gilles de Robien, ministre des Transports, qui revient sur son action à la tête de son ministère en rappelant son entière détermination à lutter contre l’insécurité routière. Il évoque les relations entre l’UDF et l’UMP en soulignant que l’on peut être solidaire de l’action du gouvernement tout en étant fidèle à ses convictions et à sa famille politique.
Il appelle l’UDF et l’UMP à se respecter en partenaires responsables. L’UMP et son président doivent être plus à l’écoute, mais l’UDF ne doit pas systématiquement donner l’impression de contre-carrer l’ump, elle doit être la valeur ajoutée de la majorité.




Discours de clôture

François Bayrou prend la parole pour clôturer le Congrès, il annonce le décès de Françoise Giroud, et lui rend hommage.
Pour François Bayrou, ce congrès a confirmé l’intégrité et l’identité de la famille politique des centristes, libéraux et démocrates français. Ce message ne peut être porté que par l'UDF.
Il remercie les auteurs des 200 contributions parvenues au siége du part pour préparer le congrès. François Bayrou considère que le congrès a dégagé 3 idées fortes :

- la situation du 21 avril est toujours présente.

- la société française a besoin d’un projet et d’un idéal.

- un nouvel ordre du monde est nécessaire.

Le 21 avril a été un choc prévisible. Ce résultat est une rage du peuple qui a constaté que la démocratie ne fonctionnait plus.
Il revient sur l’action du gouvernement en matière de sécurité, salue l’action énergique du Ministre de l’Intérieur et rappelle que cette action a le soutien de l’UDF.

Les autres questions –telles la simplification de la démocratie, l’équilibre des finances publiques- ne sont pas encore réglées.
Se réjouissant de la disparition de la cohabitation, il regrette que notre parlement ait toujours aussi peu de pouvoir et déplore le peu d’assiduité des parlementaires qui n’ont pas réellement le pouvoir de proposer un texte de loi au gouvernement. Le parlement ne porte pas la parole du peuple, et souhaite un changement radical afin que le parlement retrouve du pouvoir.
Il évoque ensuite les problèmes liés à la démocratie locale. Bien qu’elle soit indispensable, elle est devenue un labyrinthe et une jungle. Il constate qu’on ne va pas vers une simplification de la démocratie locale devenue illisible. Le besoin de réforme est devenu indispensable. Elle devra clarifier et simplifier nos institutions.


Le Président de l'UDF réaffirme que la question des retraites est la clé de voûte de notre pacte social, et souhaite que les Français soient associés sur les principes qui doivent guider cette réforme. Les citoyens doivent être considérés comme des décideurs. Il rappelle qu’il dresse ce diagnostic en tant que partenaire du gouvernement Raffarin, et signale que le meilleur allié du gouvernement est celui qui parle avec lui, les yeux dans les yeux sans manier la brosse à reluire. Proclamant n’avoir aucune querelle et aucun contentieux avec le gouvernement de la France dirigé par Jean Pierre Raffarin, mais être en désaccord stratégique avec l’UMP, parti qui le soutient.


Il réaffirme son désaccord avec l’idée d’un parti unique à droite, et regrette les propos d’Alain Juppé qui s’est étonné durant le week-end de la liberté de ton de l’UDF. Il s’adresse à lui en rappelant que son parti détient tous les pouvoirs en France, et qu’il n’a aucun intérêt à voir l’allié UDF se taire. Il propose une rencontre à Alain Juppé afin de garantir un travail en commun, utile pour le pays.


Evoquant les modes de scrutin pour les élections européennes et régionales, il s’inquiète d’un amendement UMP qui modifie les seuils des suffrages pour être présent au second tour en remplaçant le mot exprimé par le mot inscrit. Ce changement serait une déclaration de guerre au pluralisme.


François Bayrou s’interrompt et salue l’arrivée de Jean Louis Borloo. L’accueil des participants est mitigé. François Bayrou en profite pour ajouter que le secteur de la politique de la ville devrait être considéré comme l’un des plus importants.


Revenant sur les questions européennes qui doivent être le débat le plus important, il souhaite que l’Europe soit considérée comme un enjeu crucial qui doit être débattu au plan national. Le choix de 8 circonscriptions inter-régionales est préférable au projet précédemment déposé par le gouvernement. Il regrette que ce mode de scrutin soit peu compréhensible même par les plus grands spécialistes des institutions.


Concernant la nécessaire définition d’un idéal, le président donne comme mission à l’UDF l’élaboration d’un projet qui fasse de l’UDF le parti de la Justice, devant mettre l’accent sur les politiques d’insertion avec le RMA.


La priorité absolue doit être donnée à l’éducation et rappelle un des engagements pris pendant la campagne présidentielle : aucun enfant ne peut entrer au collège sans savoir lire et écrire.


La politique du logement doit être une priorité avec pour objectif de faire diminuer sensiblement mal-logés et SDF.


En politique étrangère, François Bayrou approuve la position prise par le Président de la République concernant le conflit en Irak, et regrette que l’Europe soit divisée sur cette question.
Il réaffirme son hostilité au compromis franco-allemand qui prévoit deux présidents pour l’Europe. "L’Europe, c’est permettre de faire ensemble ce que nous ne pouvons pas faire tout seul. Nous voulons la puissance de l’Europe, il convient de simplifier ses institutions, il faut une constitution, un président". L’UDF se déclare favorable à l’Europe des peuples, contre l’Europe des initiés, et conclut en affirmant que "l’honneur de la France et le devoir de la France sont de présenter un plan lisible pour tous".




 

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