Alors que la Cour des Comptes vient de publier son rapport sur la Sécurité sociale, Jean-Luc PREEL, député de Vendée et porte-parole du Groupe UDF sur les questions de santé, et Charles de COURSON, député de la Marne, porte- parole du Groupe UDF sur les questions budgétaires, constatent l’ampleur des déficits actuels et futurs et l’absence de mesures de redressement.
Si la Cour relève une légère réduction du déficit global du régime général, passé de 13,2 milliards d’euros en 2004 à 11,6 milliards d’euros en 2005 « grâce au début de redressement enregistré par la branche maladie », elle dénonce une « amélioration en trompe l’œil » du régime général puisque toutes les branches sont dans le rouge alors qu’ « aucune amélioration globale n’est prévue pour les prochaines années». Il convient de rappeler que le déficit à combler en 2007 s’élèvera à 9 Milliards de d’euros.
Cette dérive de notre système de protection sociale confirme les inquiétudes manifestées par l’UDF depuis plusieurs années et confirme le manque de courage avéré dans la réalisation des réformes et notamment de celle de l’Assurance maladie contre laquelle le groupe UDF a voté. Cette situation est d’autant plus inquiétante que les recettes sont cette année en augmentation et bien supérieures à ce qui avait été prévu. La croissance de la masse salariale ayant largement profité à l’augmentation des recettes induites par la hausse de la CSG.
La situation du secteur hospitalier est également dramatique, puisque près d’un tiers des hôpitaux sont en déficit pour un budget qui représente déjà 45% de l’ONDAM. La baisse de 3% des tarifs appliqués aux cliniques privées sera-t-elle suffisante pour maîtriser l’effet inflationniste de la tarification à l’activité et les dépenses de la branche maladie ? Les revendications salariales des médecins libéraux et du personnel infirmier, ne sauraient le laisser présager.
La Cour consacre un pan entier de son rapport au régime des retraites dont la trésorerie déficitaire de 3 milliards d’euros va continuer de s’aggraver de 1 à 2 milliards par an. Cette situation pose la question de la nécessité d’une nouvelle réforme des retraites et plus particulièrement du régime agricole et des régimes spéciaux. L’égalité pour tous sera atteinte par la mise en place d’une retraite par points, mesure que l’UDF propose depuis longtemps pour apporter une réponse à la faillite du système. En effet, si cette mesure n’est pas mise en place, le système est condamné en l’état actuel à faire l’objet de mesures de restrictions budgétaires ou à la hausse des prélèvements obligatoires et des cotisations sociales, qui pèsent sur le contribuable sans offrir de véritable avenir à notre système de protection sociale.
Pour l’UDF, c’est tout le système qu’il faut remettre à plat. Le courage est nécessaire pour réformer enfin le régime des retraites, et le fonder sur l’égalité pour qu’il profite à tous.