François Bayrou sur RTL à propos des violences urbaines
Une entente nationale pour pérenniser les politiques publiques dans les banlieues - 08.11.05
François Bayrou n’est pas opposé à l’instauration d’un couvre-feu décidé par le Premier ministre mais se demande comment on va réussir à l’appliquer. Le président de l’UDF juge la situation inquiétante, et révélatrice d’une crise de l‘Etat et de notre démocratie. François Bayrou prône une continuité des politiques publiques dans les banlieues.
La manière dont les Français ressentent les événements, le désordre dans les rues et l’image que donne la France à l’étranger est une « calamité publique » selon François Bayrou. Le Président de l’UDF n’est pas hostile à l’instauration d’un couvre-feu pour faire revenir la calme mais il s’interroge sur son application : « La difficulté n’est pas de le décréter mais de l’appliquer… Comment faire respecter le couvre-feu quand on a 9500 policiers sur l’ensemble de la France ?...» François Bayrou trouve la situation actuelle très inquiétante : « il n’y a pas que les banlieues qui soient dans cet état mais c’est toute la société française qui est en état d’implosion ». Le président de l’UDF a avancé deux explications à cette crise profonde : un Etat centralisé, hypertrophié devenu impuissant et une démocratie qui ne fonctionne pas bien. « On lui demande tout et il peut faire de moins en moins » constate François Bayrou à propos de l’Etat. S’ajoutent à cela des responsables politiques qui en raison de l’organisation de notre démocratie, peuvent pendant très longtemps ignorer la réalité malgré les avertissements. Le président de l’UDF a constaté que ces événements avaient été prévus et annoncés par tous ceux qui s’inquiétaient de la « déstabilisation de française ». Il estime que « tant que l’on ne changera pas la démocratie, on aura des accidents de cet ordre ».
François Bayrou a souligné qu’à chaque alternance politique, on passe son temps à défaire ce qui a été fait par le gouvernement précédent : le gouvernement vient ainsi d’annoncer qu’il va rétablir des subventions aux associations. Idem pour les emplois jeunes. François Bayrou estime que ce n’est pas une bonne politique car elle ne permet pas de rassurer les gens sur le long terme. Il prône à la place, une continuité de la politique dans les banlieues et souhaite que toutes les formations politiques démocratiques se mettent d’accord pour décider une politique sur le long terme qui perdurera au-delà des alternances. En attendant le retour au calme, François Bayrou s’est fixé une règle de conduite pendant toute la durée de la crise : « aucune polémique pendant cette période de déstabilisation française lourde ». Néanmoins, le président de l’UDF a estimé que les mots peuvent avoir un « effet détonateur », « amplificateur », et que les responsables politiques doivent être des repères, sinon ils ne font pas leur travail. Il a ainsi jugé l’absence du Président de la République sur ce dossier, « remarquable ». Il a rappelé que celui-ci avait été élu au suffrage universel en 1995 sur le thème de la fracture sociale, et en 2002 sur la sécurité, les banlieues se retrouvent aujourd'hui au coeur de ces deux problèmes.