Mesdames et Messieurs, comme tous les ans, nous voilà réunis pour les vœux de la 1ère circonscription que je représente à l’Assemblée Nationale.
Je tiens à remercier les personnalités politiques, civiles et militaires qui nous honorent de leur présence, mais aussi celles et ceux qui m’ont apporté tout au long de l’année leur collaboration : que serait un homme ou une femme politique sans une équipe sympathisante ?! Sans oublier celles et ceux qui m’ont adressé des dossiers et que j’ai invité parce qu’ils contribuent par leurs observations à mon travail parlementaire.
Cette cérémonie me donne l’occasion de vous dire, ma gratitude et mes vœux d’espoir pour chacun d’entre vous et bien sûr, pour notre Pays.
De l’espoir, certains me trouveront peut être optimiste.
C’est vrai, par mes nombreuses rencontres à Lyon, je connais vos inquiétudes et parfois votre crainte en l’avenir et je sais que l’économie française n’a toujours pas éloigné d’elle les signes d’essoufflement.
Ainsi, le chômage reste depuis 20 ans un fléau pour de trop nombreuses familles et n’arrive pas, même en période de croissance, à descendre en dessous des 8% alors que certains de nos partenaires européens y parviennent.
Un chômage qui touche particulièrement les jeunes et les plus de 50 ans, nous privant de leur créativité et leurs compétences.
La croissance est trop faible pour investir en force dans la formation et l’innovation, là où la dépense publique serait efficace.
Nos finances publiques explosent – plus de 1000 milliards d’euros d’endettement. Notre commerce extérieur s’effondre alors que celui des Allemands, pourtant avec le même Euro, se porte bien !
A ces chiffres préoccupants, s’ajoutent les violences liées au terrorisme, et les catastrophes naturelles comme celle en Asie qui sapent insidieusement notre moral et pourraient si nous n’y prenons garde, nous conduire à un repli sur soi.
Et bien malgré ce constat « d’hiver social », je conserve de l’espoir. Nous pouvons nous en sortir : notre pays a de forts atouts et les Français de l’ingéniosité, ils sont capables d’inventer – regardez la réussite d’Airbus -, d’investir dans la connaissance, et d’accepter l’amélioration du service public. Voyez les bons résultats obtenus dans le domaine de la sécurité intérieure et de la modernisation de nos armées.
Vous l’aurez compris, je ne veux pas m’en tenir à un état des lieux résigné. Je crois au contraire qu’il nous faut tous -citoyens et politiques- parler et discuter des actions sur lesquelles nous aurons à nous mobiliser. Pour le « que faire », d’excellents rapports ne suffisent pas, l'adhésion du peuple est indispensable.
Dans ce contexte, j’ai abordé les dossiers en 2004 à partir d’idées simples :
1° En sachant d’abord qu’il n’y a pas de politique sociale viable si elle ne donne pas la priorité à la création d’activités, sources d’emplois ! Aussi comme j’ai eu l’occasion plusieurs fois de l’exposer à la tribune de l’Assemblée, il est impératif que la France crée plus d’activité par :
- Le goût du travail retrouvé : sortons de l’obsédante question des 35 heures et encourageons plutôt ceux qui veulent travailler plus ! Je ne dis pas cela par libéralisme effréné mais parce que je constate que les 35 heures pénalisent les classes moyennes et renforcent les inégalités.
- En donnant de vrais moyens à l’enseignement supérieur et à la recherche pour faire jeu égal avec les pôles universitaires étrangers.
- Par la mise en place de pôles technologiques, à l’image de ce que nous avons lancé à Grenoble et à Lyon, nouvelle expression de notre potentiel industriel et des emplois de demain!
2° En ayant conscience que le financement de la protection sociale doit être courageusement repensé. Notre société est bien différente de celle de 1945 qui a vu naître la protection sociale. Aujourd’hui l’environnement économique, social et démographique a changé. Dans tous les pays, quelques soient leurs modalités d’organisation, le réexamen des régimes de protection sociale est à l’ordre du jour. A nous aussi de dépasser les demi mesures et d’agir même si la réforme parait être un art compliqué.
Je le dis clairement. Je suis pour la réforme mais dans l’équité. Ce principe m’a conduit à faire partie de ceux qui ont estimé par exemple qu’on ne change pas les règles d’un contrat en cours pour la pension de réversion des veuves ou qu’il doit y avoir égalité de traitement pour les enseignants du public et du privé au regard de la retraite.
Je suis pour la réforme mais adaptée à notre époque. La santé en est le meilleur exemple. Les performances en matière de soins médicaux ou hospitaliers ont un coût qu’il faudra assumer face au vieillissement de la population, si nous voulons assurer une vie digne aux personnes âgées ou handicapées.
3° Nos problèmes doivent s’étudier à une autre échelle que celle de nos Etats. Et cette autre échelle, nous l’avons avec l’Europe. Depuis 50 ans d’ailleurs, elle nous l’a montré : antidote aux guerres, elle a peu à peu joué un rôle majeur dans notre vie au point de devenir un modèle socioéconomique bien spécifique dans le monde. Un modèle qui ne peut être condamné par un élargissement sans fin qui diluerait le projet européen et donc l’affaiblirait. Ce souci de la pérennité du projet européen explique mon refus de l’entrée de la Turquie, défendant plutôt un partenariat privilégié avec ce voisin oriental.
4° Enfin, j’ai toujours pensé que la démocratie doit être vivante: il est normal que les Français ne soient pas muets sur les grandes affaires qui les concernent. Mais elle a besoin d’être renforcée dans notre pays où les pouvoirs sont trop concentrés en raison du mode de scrutin, et de l’être par la recherche d’un bon équilibre entre le ressenti de la majorité politique parlementaire et le vécu de la société. Dans cet esprit, j’ai utilisé ma liberté d’expression, condition de la libre discussion, pour parfois m’abstenir sur des textes, d’autres fois voter contre, et souvent approuver. Certains s’en étonnent mais comme le dit souvent François BAYROU, « si nous pensons tous la même chose, c’est que nous ne pensons rien ».
Ces principes resteront au cœur de mon action en 2005.
Une année encore bien chargée. Avec le vote du traité constitutionnel européen. Nous ne pouvons nous abstenir ou nous tenir à l’écart en votant contre. Comment la France qui a toujours été à l’avant-garde, même aux heures les plus sombres, se tiendrait-elle dans son coin au moment où l’Europe adapte sa maison, suite à sa réunification?
La question de la Turquie ne rend pas pour moi le projet européen orphelin. Bien au contraire. Même si je n’exagère pas la portée de la Constitution, en l’adoptant nous montrerons que nous voulons continuer les avancées : telle la mise en place d’un vrai pouvoir politique qui fera entendre notre voix dans le monde, aux côtés d’Une Amérique qui investit aujourd’hui un Président, relégitimé par son peuple. Cette Constitution renforcera clairement les Parlements et donnera du sens à la citoyenneté européenne. Elle permet la mise en place d’une gouvernance économique, qui aujourd’hui fait bien défaut étant donné que nous avons la même monnaie. L’Europe en préservant son modèle économique et social est la seule réponse pour mieux affronter l’extension du progrès technologique au monde entier. La France ne peut s’en éloigner.
En 2005, Nous aurons également à traiter de l’avenir de nos jeunes avec l’examen des projets de lois d’orientation sur l’école et sur la recherche.
Je me pencherai aussi sur l’évolution rapide de l’économie avec le texte sur la sauvegarde des entreprises, et avec les recommandations sur la directive services que je transmettrai au gouvernement.
En défendant auprès du Ministre de la Justice, ma proposition de loi pour mieux protéger l’enfant face aux violences sexuelles, je répondrai à l’attente des associations et des magistrats lyonnais qui m’ont alerté l’an dernier sur ce fléau !
Enfin, je suivrai avec attention la maîtrise des finances publiques, car comme le disait Raymond BARRE : « Des comptes en désordre, c’est un pays qui s’abandonne ».
Et je ne souhaite pas que mon pays s’abandonne !
Je veux au contraire qu’il rende nos concitoyens plus responsables de leur destin et leur redonne confiance en l’Europe. En effet, si en surface, l’économie et la techno-science donnent l’impression de mener le monde, les véritables acteurs du changement, ce sont les Hommes et les Femmes avec leurs compétences et leurs capacités à entreprendre.
Aussi souhaiterai-je en conclusion que chacun d’entre vous puisse tenir sa place dans notre société et se la voit reconnaître.
C’est à ce prix que la France retrouvera un horizon que j’espère plus heureux.