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L’organisation du système de santé constitue un enjeu majeur de la politique gouvernementale, d’autant plus que la branche maladie de la Sécurité Sociale représente actuellement la seule qui soit déficitaire.
Les dépenses de santé
La France se distingue par un niveau considérable de dépenses de santé par rapport à ses voisins de l’OCDE (10% du PIB étant consacré à ce secteur, contre 7,5% en moyenne), alors que les indicateurs de santé sont comparables.
Viellissement de la population
Le phénomène de vieillissement, incontestable, va connaître dans les décennies qui s’annoncent, une accentuation qui nécessitera des besoins de financement encore plus considérables, alors que le système actuel français est marqué par un mélange de gaspillages et de pénuries.
Le vieillissement est une donnée essentielle : La population des + de 65 ans est amenée à croître de façon très forte puisque entre 1990 et 2020 (à indice de fécondité et solde migratoire constants) elle augmenterait de 66%, alors que la population globale n’augmentera (idem) que de 12%. Quant aux personnes très âgées, les effectifs devraient exploser : 140% de croissance sur la même période. Les effets de ce vieillissement, déjà à l’œuvre actuellement, conduiront à une croissance énorme des dépenses : Le non respect de l’objectif de maîtrise des dépenses de santé (croissance en volume des dépenses de 6-7% par rapport à un objectif de 2-3%) constaté depuis plusieurs années témoigne d’un échec. Au-delà de l’effet âge évoqué ci-dessus, on est en présence d’un effet génération : les nouvelles générations sont de plus en plus exigeantes en matière de soins par rapport à leurs devancières.
Plus de prévention
La prévalence du curatif sur le préventif est une tradition française : l’échec persistant en matière de sécurité routière (encore deux fois plus de morts sur les routes en France par rapport au cas britannique) rend compte de cette faiblesse de la politique préventive. Certaines études mettent en évidence que les progrès, indéniables, de la médecine curative n’interviendraient qu’à hauteur de 15% dans l’allongement constaté de la durée de vie au cours du dernier demi-siècle ! Il est donc nécessaire de développer des politiques de prévention dans tous les domaines de la santé, en y associant tous les acteurs du secteur mais aussi les intervenants éducatifs.
L'hôpital
En ce qui concerne le système hospitalier, les rigidités de gestion sont encore trop fortes : Il conviendrait d’engager une véritable régionalisation de la politique de santé pour assurer une meilleure adéquation de l’offre aux besoins au niveau local. Il apparaît que les inégalités de l’offre sont davantage infra-régionales qu’interrégionales. La mise en place des ARH en 1996 doit être renforcée par une véritable autonomisation des établissements.
Personnes âgées dépendantes
La dépendance croissante des personnes âgées a motivé la mise en place récente de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) qui sera gérée par les départements : attribution d’une allocation, dont le niveau dépend des revenus et du taux de dépendance. L’évolution est positive, mais les modes de financement ne sont pas complètement clarifiés.
Assurer le financement des dépenses
Les besoins de financement du système de santé vont connaître une progression très importante au cours des décennies prochaines. Le rationnement des soins n’est pas envisageable, mais la coexistence d’un secteur public et d’un secteur libéral ne doit pas conduire aux situations de pénurie d’équipement dans certains cas, de gaspillage dans d’autres cas. La question du financement de la santé doit devenir un enjeu prioritaire du gouvernement dans la mesure où l’accroissement, inéluctable comme nous l’avons vu, des dépenses de santé ne constitue pas un mal en soi, puisqu’il sous-entend une amélioration du bien-être général.
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