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Politique de l’emploi et fiscalité

 

La France se trouve dans une situation assez paradoxale : la persistance d’un niveau de chômage encore élevé (9%) par rapport à la moyenne européenne alors que le phénomène de pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs de l’économie est avéré depuis plusieurs années. Cette disharmonie est liée à une politique de l’emploi inadaptée qu’il convient de réformer par des mesures qui favoriseront l’accès au travail notamment des plus jeunes mais aussi celui des actifs « vieillissants » (plus de 55 ans).

Le gouvernement Jospin se glorifie d’être le grand responsable de la décrue significative du chômage constatée au cours des années 1997-2000 (1,6 millions d’emplois créés) alors que la réalité est un peu plus nuancée. L’économie française est en effet portée à partir de 1997 par la relance nette de l’économie mondiale, premier facteur ; les mesures d’allègement des charges pesant sur les bas salaires par les gouvernements Balladur et Juppé (1993-1997) auraient quant à elles permis la création ou la sauvegarde de près de 500 000 emplois.

Le gouvernement Jospin évoque ostensiblement l’application des lois de réduction du temps de travail (lois dite Aubry I de 1998 et Aubry II de 2000) comme moteur de la reprise de l’emploi. Les économistes sont très partagés sur la réalité de cet effet, mais il est avéré que l’application de ces « lois des 35 heures » provoque de graves problèmes dans certains secteurs, surtout lorsque la pénurie de main d’œuvre existe, et de manière critique pour les petites entreprises. Plus globalement, l’effet des lois Aubry à long terme comporte un risque certain de fragilisation de la situation financière des entreprises qu’il conviendra d’éviter par un assouplissement des conditions d’application de ces lois. L’alourdissement des comptes publics lié au financement par l’Etat de cette politique se chiffre annuellement en dizaines de milliards de francs.

Il conviendrait de laisser une plus grande latitude aux salariés eux-mêmes, un certain nombre exprimant le souhait légitime de travailler davantage pour obtenir un revenu plus confortable. Le régime des heures supplémentaires doit être par conséquent allégé.

Après l’embellie, le marché de l’emploi connaît une situation plus inquiétante, illustrée par la croissance du taux de chômage depuis maintenant dix mois consécutifs (hors janvier). La politique de l’emploi du gouvernement Jospin trouve ainsi ses limites. Il est incontestable que le poids des cotisations sociales est trop lourd en France et que la stratégie mise à l’œuvre par les gouvernements Balladur et Juppé, celle d’un allègement conséquent des charges sociales sur le travail, doit être confirmée. L’idée « d’ emplois francs » correspond à cette tendance : François Bayrou préconise en effet la limitation des cotisations patronales à 10% pendant cinq années pour les salaires les plus faibles. La réduction des charges sociales permet d’augmenter le salaire direct des employés : c’est ainsi que le niveau du SMIC pourrait être élevé au seuil de 1000 euros nets.

La juxtaposition d’un chômage relativement élevé et d’une pénurie d’emploi peut s’expliquer par certains facteurs spécifiques, en particulier l’existence de ce que l’on appelle les « trappes à inactivité » dont le RMI constitue l’archétype. Le fait que la rémunération des emplois les moins qualifiés ne procure pas un revenu significativement supérieur à celui découlant des différentes allocations disponibles (RMI, aide au logement,…) provoque certainement un refus du travail chez certains. Il est donc nécessaire de permettre la revalorisation des bas salaires par l’application de la politique évoquée ci-dessus (allègement des charges sociales). Parallèlement, la réinsertion des rmistes, actuellement virtuelle, pourrait être favorisée par la mise en œuvre d’une mesure destinée à réellement assurer l’intégration de ces personnes en rupture de lien social : la mise en place d’un RMA (pour activité), c’est-à-dire l’organisation d’une activité d’intérêt public à mi-temps pour les bénéficiaires de cette allocation. On est loin de la philosophie socialiste fondée sur l’assistanat dont la proposition de création d’un RMI-jeunes n’est que le dernier avatar en date !

L’amélioration de la situation de l’emploi en France passe également par une politique de formation professionnelle continue beaucoup plus ambitieuse. Il s’agit d’assurer à la fois l’adaptabilité des travailleurs et les possibilités de promotion par la formation. La généralisation d’un compte épargne temps formation, permettant l’accès à une formation sur 12 mois (avec salaire garanti) contribuerait certainement à l’amélioration de la situation et à la mobilité ascendante des travailleurs.

Le faible taux d’activité des travailleurs « âgés » (55-64 ans) en France constitue un élément particulièrement négatif : désastreux gaspillage de compétences souvent irremplaçables d’une part et accentuation de la crise du système de retraites français d’autre part. Il s’agit de modifier les mentalités pour que les entreprises apprennent à travailler avec leurs salariés les plus âgés en adaptant les postes de travail, en faisant évoluer les méthodes de travail et en imaginant des actions de formation originales qui permettent à ces salariés de maintenir leur employabilité.


Le chantier de la politique de l’emploi est considérable, du fait de l’inadaptation globale des dispositifs existants. La compétitivité des entreprises françaises doit être confortée par un allègement des prélèvements pesant à la fois sur le travail et le capital, afin d’éviter une fuite des investissements financiers et une délocalisation des productions et (ou) des recrutements.

 

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