liens - contact


UDF
 Les temps forts de l'UDF
 UDF Assemblée Nationale
   - Communiqués UDF
   - Dossiers et Fiches d'actualité du Groupe UDF
   - Discours UDF
 UDF Rhône
 Rejoindre l'UDF
 Archives
Zoom sur

 

 

 

 

lettre d'information
 

Note d’actualité sur la candidature de la Turquie dans l’Union européenne (8.9.2004)

 

« L’heure de vérité arrive », c’est ainsi que le Commissaire européen en charge de l’élargissement, Guenter Verheugen, qualifie la décision que doivent prendre les 25 en décembre prochain concernant le lancement ou non des négociations pour l’entrée de la Turquie dans l’Union.
C’est effectivement au cours de ce dernier trimestre 2004 que la Commission, puis le Conseil doivent se prononcer sur la demande d’adhésion d’Ankara. Les propos du Commissaire laissent à penser que le feu vert sera donné aux autorités turques, lançant ainsi un processus – long mais inéluctable - qui aboutira à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

Devant un tel scénario qui entraînerait une remise en cause même de l’idée européenne, l’UDF se mobilise pour interpeller l’opinion française mais également les autorités françaises (le gouvernement ne tenant pas le même discours que l’UMP).
François BAYROU a rappelé dimanche 5 septembre lors des universités d’été de l’UDF, que cette décision était lourde de conséquences pour l’avenir de l’Europe et pèserait fortement dans les débats à venir sur la ratification de la Constitution européenne. Comme il le souligne justement, le refus de l’UDF de voir la Turquie dans l’Union n’est pas dicté par des considérations religieuses (les musulmans sont présents dans l’Union, le problème n’est donc pas à ce niveau) mais par notre volonté de maintenir les capacités pour l’Union de devenir une puissance internationale indépendante. L’entrée de la Turquie, de par son poids démographique, ses frontières asiatiques, son alliance militaire avec les Etats-Unis, et sa culture politique, ne peut qu’affaiblir la cohérence interne de l’UE.

Cette année, l’Union s’est élargit à Dix nouveaux Etats qui ne partagent pas tous la même vision de la construction européenne, les candidatures de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Croatie se profilent à l’horizon 2007, la Constitution européenne qui est censée adapter les institutions à ces élargissements n’est pas assurée de voir le jour tant les référendums français et britanniques sont à hauts risques, et l’on voudrait lancer dès 2005 les négociations avec la Turquie. Pour couler le navire européen, on ne s’y prendrait pas autrement ! Face à ce danger, l’UDF se mobilise pour faire pression sur le gouvernement français qui suit la position du Chef de l’Etat, favorable à l’entrée de la Turquie.

Les partisans de cette entrée utilisent quelques arguments qu’il convient d’analyser :

- le premier consiste à rappeler comme le fait Michel ROCARD, les promesses européennes faîtes à la Turquie et ce depuis 1964 date à laquelle la CEE signe un accord d’association avec la Turquie, accord qui se transformera en union douanière en 1996. Nous aurions pu en rester là mais en 1999 les Quinze ont reconnu à la Turquie la possibilité d’être candidate. Sur quels critères, les opinions publiques n’en n’ont jamais été informées, au point qu’aujourd’hui une décision aussi importante pour l’avenir des Européens va être prise sans leur consentement. Il faut d’ailleurs souligner que les accords d’union douanière n’entraînent pas forcément une adhésion à l’Europe.
Il est à craindre que les électeurs européens utiliseront le vote sur le projet constitutionnel pour donner leur avis sur cette manière de gouverner. En rejetant le texte, ils souhaiteront peut être envoyer un signal aux dirigeants politiques qui construisent l’Europe sans les citoyens. Un sentiment renforcé par le fait que la décision de 1964 s’est prise dans un contexte géopolitique très différent de celui que l’on connaît aujourd’hui.

- le second argument porte sur l’intérêt politique et géostratégique de la candidature turque : faire rentrer ce pays, c’est renforcer la démocratie en Turquie, confortant ainsi la stabilité politique sur le continent européen, c’est aussi renforcer la défense du continent. La démocratie turque a-t-elle réellement besoin de l’intégration européenne pour avancer ? Si tel est le cas, nous devrions ouvrir des négociations d’adhésion avec l’ensemble des pays entourant l’Europe pour en faire de véritables démocraties. A vrai dire, cet argument n’est pas très sérieux, parce que la Turquie n’aurait jamais dû obtenir le statut de candidat au motif qu’elle n’est pas une démocratie au sens européen et qu’elle n’a toujours pas reconnu le génocide arménien. La décision des Quinze en 1999 fut non seulement une décision politique dangereuse pour l’avenir de l’union mais également une décision immorale. A l’image de l’Ukraine et de la Russie, la Turquie doit être considérée comme un partenaire privilégié avec lequel des coopérations renforcées doivent être mises en place (économie, sécurité) mais ne pas en devenir un membre à part entière. La Turquie fera les progrès démocratiques qu’elle doit faire, dans son intérêt, et continuera à servir de lien entre l’Europe et le Proche-Orient. Certains essaient de nous vendre ce pays comme la vitrine d’un islam laïque et démocratique mais ils oublient qu’aux yeux des autres nations musulmanes, la Turquie est vue comme l’alliée des Américains et d’Israël, autant dire un contre-exemple. A tel point que nous ne sommes pas sûrs que sa présence dans l’Union soit un plus dans la relation européens-arabes.

Quant à la défense européenne qui serait ainsi renforcée, on ne peut que se moquer des Européens en prétendant cela : hormis le Royaume-Uni aucun autre Etat européen que la Turquie n’est plus proche des Etats-Unis sur le plan militaire. Intégrée à l’OTAN, la Turquie ne peut devenir le moteur de la défense européenne, sauf à ce que Washington délègue à l’Europe la gestion de l’OTAN, mais là on peut toujours rêver.

Finalement, les partisans de l’entrée de la Turquie dans l’Europe participent à la dilution du projet européen que les pères fondateurs avaient imaginé au lendemain de la seconde guerre mondiale. Dans cette affaire, le plus choquant c’est de voir de sincères européens comme Michel ROCARD militer pour la candidature de la Turquie qui entraînera de facto la fin du rêve européen. Ajoutée aux bas coups – politiciens – portés par Laurent FABIUS au référendum sur le projet de Constitution européenne, cette candidature turque va être au cœur des préoccupations des Français, et l’on voit bien que dans ces conditions la ratification du traité constitutionnel s’avère être de plus en plus délicate.

Fidèle à ses convictions européennes, l’UDF militera pour le non à la Turquie avec l’espoir qu’aucune décision ne sera prise à l’automne, et pour le oui en 2005 pour ne pas laisser l’Europe des 25 entre les mains de ce mauvais traité de Nice.


Envoyer l'article

 

Recherche
agenda
Dossiers