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lettre d'information
 

Compte-rendu du Congrès Extrordinaire de l'UDF à Lyon

 

Anne Marie Comparini ouvre, au nom de la Fédération du Rhône, le congrès, et se dit très heureuse que Lyon ait été choisie pour ce qui sera un moment historique pour notre mouvement. Elle serait enchantée que l’esprit lyonnais inspire notre congrès. Elle rappelle que Lyon ne se résume pas seulement à la capitale de la gastronomie ou plus récemment aux titres de champions de France de l’Olympique Lyonnais. L’esprit lyonnais est le fruit de 2000ans d’histoire, où, au fil des siècles, notre ville devient une métropole économique, intellectuelle, artistique à vocation européenne. L’ouverture au monde est une 2éme nature chez nous, et pour les lyonnais le développement du progrès scientifique va forcément de pair avec les avancées sociales, et durant toute l’Histoire, Lyon a su résister à la soumission. C’est pourquoi notre députée considère que l’esprit lyonnais ressemble étrangement à celui de notre famille politique. L’UDF doit échapper à un manichéisme réducteur qui oblige à dire je suis d’un camp ou je suis de l’autre. Les propositions de l’UDF rompent avec les modes de pensées et d’actions des dernières décennies, même si elles doivent être encore affinées. Ces 2 journées sont utiles pour affirmer notre liberté de penser et d’agir hors des vieux clivages. L’UDF doit être un pôle de ralliement d’hommes et de femmes qui n’éludent pas le débat. La présence de l’UDF doit permettre de lutter contre la radicalisation des partis dominants et veiller à léguer à la jeune génération une Planète en bon état et un pays rassemblé. Anne Marie Comparini clôture son intervention en espérant que l’esprit lyonnais inspire notre action pour les mois à venir qui seront déterminants pour notre mouvement. François Bayrou remercie tout d’abord les organisateurs qui ont su préparer ce Congrès en 5 semaines, et salue également les nombreuses délégations diplomatiques présentes à notre congrès. Notre Président félicite les participants qui ont bravé les intempéries, a une pensée pour ceux qui sont encore bloqués par la neige. Ici à Lyon, FB tient à souligner l’attachement qu’il porte à Raymond Barre, et se souvient également des événements qui ont suivis les élections régionales de 1998 dont AM Comparini a été l’héroïne. Il retrace ensuite les principales étapes qu’a du franchir l’UDF ces dernières années. Toute son action a pour objet de renforcer l’indépendance de notre mouvement, indépendance manifestée récemment par le refus de voter le budget dont nous ne partageons pas les grandes orientations. Il est conscient que c’est une décision politique dont l’importance n’a échappé à personne, puis revient sur les raisons à l’origine de ce congrès. Il reconnaît qu’une polémique s’ est développée avec Gilles de Robien au sujet de la stratégie du Parti. Aussi, après la décision du bureau politique, un congrès a été décidé, 2 motions devant initialement s’affronter. Il regrette que Gilles de Robien ait choisi de ne pas déposer de motion car il n’est pas dans les habitudes de notre famille politique de fuir les débats démocratiques. FB n’a aucun conflit personnel avec de Robien même s’il reconnaît avoir été blessé par l’utilisation de certains mots. Le trait d’union classique entre UDF-RPR, et désormais UDF-UMP, signifie pour les français que UDF égale UMP. Or il existe des différences et cette assimilation n’a eu que des conséquences désagréables pour l’UDF. François Bayrou refuse de se soumettre à un bloc ou à un autre, et rejette cette situation binaire que tentent d’imposer l’ UMP et le PS. L’indépendance de l’UDF est un choix vital pour notre mouvement, un choix que nous offrons à la société française. Les 25 dernières années, où les alternances se sont succédées, ont produit une situation désastreuse pour notre Pays. François Bayrou dit avoir honte que la question du déclin de la France soit devenue une question du débat politique, veut combattre cette idée de déclin et souhaite que la situation change. La présence d’un Centre libre et fort doit permettre d’éviter que ce ne soit pas le noyau dur de la droite et le noyau dur de la gauche qui gouvernent la politique française. A la loi du plus fort proposé par l’ UMP et à la loi du plus illusoire proposé par le PS, l’UDF propose un autre projet de société où règne la loi du plus juste. Le député-maire de Rouen Pierre Albertini, en charge du projet UDF, synthétise les différentes contributions rédigées pour ce congrès, plusieurs thèmes se dégageant à l’intérieur de ces textes : l’Europe et les Institutions étant les 2 thèmes prioritaires. Concernant l’avenir de l’Europe, les auteurs des contributions sont inquiets sur la situation de blocage de l’Union, et estiment que l’UDF doit être euro offensive pour proposer des moyens de relance du projet politique européen. Au sujet des institutions, le constat est qu’elles sont usées, il est indispensable de les réformer. Grâce à l’instauration du scrutin proportionnel et au renforcement des pouvoirs du Parlement, le débat ne semble pas encore tranché parmi les contributaires pour savoir s’il est nécessaire de changer de République pour changer nos institutions. La synthèse des contributions démontre que les signataires de ces textes sont très attachés à l’indépendance de l’UDF. Jean Christophe Lagarde, député-maire de Drancy, revient sur lés émeutes urbaines de novembre 2005, la Seine Saint-Denis ayant été au cœur de ces incidents. Il nous fait partager la solitude qu’il a ressentie face à cette situation exceptionnelle et dramatique. Ces événements sont comparables à une jacquerie –qui si rien n’est fait- se reproduira. Il regrette que le gouvernement, et plus généralement la France, ait déjà oublié événements, et fait comme si rien ne s’était passé. Pour JC L cette jacquerie a pour origine le désespoir d’une population qui n’a trouvé que le moyen de brûler des voitures pour se faire entendre. Comment vivre ensemble ? Il regrette que les maires ne soient consultés que lors de ces moments de crise, et dénonce la stigmatisation de certaines populations et de certains lieux. JCL se déclare favorable à la stratégie d’indépendance de l’UDF développée par F.Bayrou, même si elle comporte des risques. Il rappelle qu’au sein de l’UDF chacun est libre d’exprimer des opinions divergentes, comme ce fut son cas lors du référendum européen Thierry Cornillet, député européen, <:b>insiste sur la nécessité d’un centre fort d’une UDF indépendante et souhaite également réaffirmer que l’UDF, contrairement à ce que certains pensent, est un parti démocratique où chacun peut s’exprimer et où les militants peuvent voter sur la stratégie du parti. Rappelant que des Radicaux comme lui se trouvent très à l’aise au sein de l’UDF, il met en garde contre les divisions internes qui pourraient entraîner la perte de notre mouvement. Jean Arthuis, Président de la Commission des finances du Sénat, <:b>revient sur la situation budgétaire de notre pays et considère que les français prennent progressivement conscience de la situation d’endettement de la France. Il conviendra de développer une politique de réduction des déficits, et de veiller à mettre en place des mesures favorables au développement économique. Jean Marie Cavada, député européen, revient sur le blocage de l’union européenne, à la suite de l’échec du référendum du 29 mai dernier, et souhaite que l’UDF soit une force de proposition pour relancer l’Union. Il démontre que l’UDF peut être une force attractive pour des personnalités de la société civile, telles Claire Gibault, le Général Morillon ou lui-même. L’UDF doit être une force centrale de la vie politique française. Jean- Claude Casanova axe son intervention sur les crises de la société française, et analyse le recul de l’influence française dans le monde et les divers points de blocage auxquels doit faire face notre pays. Il constate que la France doute d’elle-même et connaît certaines caractéristiques d’un pays en déclin. Plusieurs orateurs se succèdent pour souligner que le projet UDF devra tenir compte des difficultés rencontrées par le monde rural qui ne doit pas être oublié au profit d’un développement excessif des pôles urbains. Cette première journée se clôture par les résultats du vote sur la motion présentée par F.Bayrou : 90,9 % des votants soit plus de 13.000 personnes approuvent la motion qui proclame l’indépendance de l’UDF. A la suite de la proclamation des résultats, notre Président François Bayrou déclare vivre un moment très émouvant car cela fait un grand nombre d’années qu’il rêve de voir l’UDF au centre de la vie politique française. Par ce vote, l’UDF se libère de toutes les dépendances et s’adresse enfin directement aux français. Ce vote prouve que, désormais il y a des milliers de femmes et d’hommes qui ont décidé de changer la politique. L’UDF et ses adhérents sont porteurs d’un nouvel espoir. Le mouvement se donne pour objectif de parler au nom de ceux qui n’ont jamais la parole.
Dimanche matin 29 janvier 2006
François Sauvadet, le porte-parole de l’UDF,tire les enseignements des résultats obtenus par la motion de François Bayrou. Les adhérents ont fait le choix d’une UDF indépendante. Cette ligne politique doit désormais devenir notre ligne commune à tous, et ce signe d’indépendance est un signe donné aux français, notamment à ceux qui en ont assez de cette impuissance publique et qui se désespèrent que les choses ne puissent changer. Il constate que le vote des français a entraîné 7 alternances successives, renvoyant dos à dos les partis de gouvernement qui se sont succédés. Actuellement les indicateurs sont en panne, l’Europe dans l’impasse, le vivre ensemble républicain cédant la place au communautarisme. L’UDF devait sortir de la spirale infernale de la confusion qui faisait croire que l’UDF et l’UMP c’était pareil, nous voulons que les choses changent. Nous souhaitons reprendre le flambeau de l’Europe, une Europe politique avec des frontières clairement définies, nous voulons un Parlement respecté et écouté où tous les sujets qui intéressent les français soient réellement débattus, nous voulons des institutions rénovées. Stigmatisant les querelles entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy alors que, selon lui, ils ont la même conception du pouvoir mais avec des mots différents. Il dénonce aussi les propositions illusoires de la gauche et le renoncement à l’Europe des socialistes. L’UDF veut au contraire une vraie démocratie avec un nouveau dialogue social, et souhaite développer une politique qui favorise l’emploi et l’actualité en donnant accès à la connaissance et au savoir. Le mouvement veut imaginer de nouvelles solidarités en évitant de stigmatiser ceux qui sont au bord du chemin, mais en développpant leur responsabilisation. L’UDF a 16 mois pour préparer l’avenir de la France et nous avons la chance d’avoir, parmi nous, des hommes et des femmes qui ne cherchent pas des places, mais qui veulent changer le cours des choses pour un avenir collectif différent. La feuille de route est simple : Pour 2007, François Bayrou, Président, l’UDF majoritaire, c’est à nous de convaincre que l’avenir est ici. Marielle de Sarnez revient sur l’adoption de la motion qui proclame une UDF libre, et estime que c’est un choix qui a été réalisé librement et qui engage tous les militants du Parti. Ce choix est un formidable espoir de voir enfin notre famille politique s’assumer et s’affranchir de toutes ses tutelles. En prenant cette décision, nous avons tourné le dos au passé. Ce congrès est le début nouvelle d’une nouvelle histoire. Cette liberté conquise, l’UDF l’offre aux Français. La France doute et s’interroge sur elle-même depuis le choc du 21 avril 2002, et malheureusement depuis cette date rien n’a changé. Les français continuent de dire leur mal de vivre, leur mal être mais personne ne les entend. Marielle de Sarnez constate une distance sidérale entre les discours officiels et la réalité vécue par nos concitoyens, et remarque que notre société est de plus en plus violente.De nombreux enseignants se font insulter voire agresser. Par rapport à ces événements, elle reproche à l’Etat de ne pas avoir apporté une réponse politique humaine, mais une réponse administrative. Elle considère que le monde politique a depuis trop longtemps abandonné le champ des actes pour celui des mots, et le champ de la vision pour celui de la communication. Pour notre députée européenne, nous sommes entrés dans un siècle nouveau mais notre vie politique s’est arrêtée au siècle dernier. Avec une France coupée en 2, notre vie politique est comme déconnectée des temps dans lesquels nous vivons. Les partis politiques traditionnels qui nous gouvernent sont à bout de course, les familles UMP et PS sont fatiguées, épuisées, incapables de se renouveler. L’UDF proposera un choix nouveau d’une France apaisée et stable où nous devons construire une nouvelle majorité capable de réunir des femmes et des hommes de sensibilité différente dans le but de les faire travailler ensemble au seul service des français. Elle préconise que, sur certains thèmes d’intérêt national, des positions communes soient arrêtées et perdurent dans le temps. Elle cite l’exemple de la question des retraites et l’avenir des banlieues, elle estime que l’incapacité des partis politiques à travailler ensemble est un mal terrible de la démocratie française qui nuit à l’intérêt du pays. Puis elle aborde les questions liées à la place des femmes dans la société, considérant que l’augmentation de l’activité féminine, l’allongement de la durée de la vie et l’ouverture des études à tous ont paradoxalement compliqué la vie des femmes d’aujourd’hui. C’est pourquoi l’UDF devra s’engager sur les questions liées à la parité, à la reconnaissance, et à l’égalité. Les femmes sont souvent contraintes d’assumer 2 vies familiale et professionnelle. Marielle de Sarnez soulève les discriminations dont sont victimes les femmes qui occupent plus fréquemment des emplois à temps partiel, et ont moins accès à des postes à haute responsabilité. Ces discriminations se retrouvent également dans le monde politique où les femmes majoritaires dans l’électorat sont ultra minoritaires dans les postes politiques. L’Assemblée Nationale se situe au 81éme rang mondial pour le nombre de femmes élues. C’est une honte française à laquelle nous devons mettre fin : un siècle nouveau s’est ouvert, nous devons nous en montrer digne avec humilité, mais avec force pour être fidèle aux attentes et aux espoirs de nos compatriotes. Michel Mercier, le Président du Groupe au Sénat et Trésorier national de l’UDF, se réjouit de la déclaration d’indépendance de l’UDF. Grâce à ce congrès, l’UDF s’est affirmée d’une façon incontournable. Elle est une vraie formation indépendante. Le Président de la Fédération du Rhône invite le Parti à être courageux : n’ayez pas peur, n’ayez pas peur d’être libres, d’être vous-même et d’aller, avec vos idées, au devant des français. Constatant que la distance entre la vie politique et la vie réelle s’aggrave, notre liberté n’a de sens que si l’on est capable de s’ouvrir sur les réalités sociales du pays. Dans peu de temps, l’UDF devra passer de l’indépendance aux propositions. Le Président Mercier remercie les congressistes de leur présence et de leur enthousiasme. Jacqueline Gourault, Sénatrice du Loir et Cher, salue la mobilisation exceptionnelle des adhérents qui ont su braver les intempéries, et souligne que l’adoption de la motion votée par + de 90 % engage chaque militant de l’UDF. C’est le respect d’un choix démocratique, cette volonté d’indépendance ayant débuté le 21 avril 2002 où nous avons constaté l’échec patent des 2 formations politiques qui dominent la vie politique française : Echec d’un PS rétrograde qui mène une politique de déresponsabilisation et d’illusion. Dès 2002, les parlementaires UDF ont été ignorés, traités comme ceux qui devaient disparaître, et la création d’un parti unique UMP portait en germe l’immobilisme et une union artificielle. Depuis 4 ans, malgré de nombreux échecs, un rendez-vous européen raté et une crise dans les banlieues, rien n’a changé dans les 2 principales formations politiques qui deviennent la caricature de ce qu’ils sont. Elle stigmatise l’attitude de l’UMP qui a voulu imposer la soumission à l’UDF et qui, désormais, connaît une profonde division en son sein. Elle critique le comportement du PS où l’absence de projet se cache derrière le tapage médiatique des querelles de personnes. Par contre, notre indépendance décidée hier au soir est un véritable message d’espoir pour toutes celles et tous ceux qui veulent croire à la politique. L’indépendance, c’est la garantie de rechercher des alliances sur la base d’un projet partagé et d’un contrat que nous proposerons à ceux qui veulent nous rejoindre. Sur cette base, ces alliances futures seront sincères et durables. Notre choix d’indépendance est exigeant et courageux, c’est un choix d’ouverture et de rassemblement. Hervé Morin remercie les congressistes, rappelle que l’UDF a alerté depuis 4 ans sur les crises de la société française et réclame de rompre avec la politique actuelle pour mener des des actions résolument nouvelles, mais l’UDF n’est jamais écoutée depuis 4 ans. Sur la crises des banlieues, il doute que des actions concrètes soient menées pour résoudre le problème. Le Président du groupe UDF à l’Assemblée Nationale axe son discours sur le rôle de l’Etat : il faut rompre résolument avec la pratique du pouvoir qui, depuis 25 ans, donne la nausée à nos compatriotes. Conscient que les dérives de l’Etat constatées ces dernières années donnent une mauvaise image des élus, il se prononce pour la reconstruction d’un esprit public où l’Etat soit incontestable, efficace et exemplaire. En France la place de l’Etat est centrale car il a investi dans un grand nombre de domaine d’activités. Dans notre pays, le service public est un modèle de société, voire une philosophie politique. Les français retrouveront confiance lorsqu’ils seront persuadés que leur système étatique re-fonctionne. Hervé Morin appelle l’UDF à retrouver un esprit révolutionnaire pour remettre l’Etat d’aplomb. Celui ci devra respecter la loi et le Parlement en lui redonnant un vrai pouvoir de contrôle. Si l’action est contrôlée, elle devient crédible. L’Etat devra respecter les propres règles qu’il impose aux autres, notamment aux entreprises. La loi ne doit s’occuper que des sujets essentiels et l’Etat se doit de garantir la stabilité juridique et l’intangibilité des textes. Dénonçant la multiplication des contrats de travail, il se prononce pour un pouvoir vertueux, les français veulent un Etat qui respectent la loi mais ils veulent aussi un Etat efficace et courageux qui va au bout des réformes. Regrettant qu’en France la politique soit vue comme une carrière et non pas comme une aventure, il se prononce pour l’inscription d’une limitation du cumul des mandats dans le temps. L’Etat et les gouvernants doivent dire la vérité aux français. Il doit faire un effort pédagogique, mais également avoir une fonction stratégique. Le problème est que la France a vécu sur le mythe d’une France grande et puissante, capable de défier les Etats Unis comme pouvait le faire le Général de Gaulle. Or ce mythe s’est effondré et les français commencent à réaliser que notre pays n’est qu’une puissance moyenne, affaiblie en Europe, de moins en moins écoutée sur le plan international. Pour cela, Hervé Morin réclame que le Chef de l’Etat soit en relation permanente avec les français pour expliquer son action, il n’est plus envisageable que celui ci ne s’exprime que lors de rares événements. Les français veulent des hommes politiques qui prennent des risques et acceptent l’échec. Il veut un Etat qui respecte la société civile, sélectionnant ses interventions car il n’est plus acceptable qu’il intervienne tous azimuts. Pour conclure il appelle les militants UDF à la rébellion contre un système à bout de souffle, au refus de la pensée unique : je vous invite à la passion car seule la passion renverse les montagnes François Bayrou débute son discours en exprimant un sentiment d’immense gratitude pour la petite équipe qui a organisé le congrès à Paris et à la Fédération du Rhône. Après avoir salué les représentations diplomatiques présentes, il remercie les journalistes –dont il sait que la profession connaît des difficultés- ayant suivi le congrès durant le week-end Ce congrès était au départ un congrès extraordinaire qui s’est transformé en extraordinaire congrès. Lors de celui-ci, notre formation politique a décidé d’assumer sa liberté et son autonomie. A l’issue du vote, l’UDF se définit désormais : l’UDF, le Parti Libre. C’est une communauté humaine qui se soude pour relever les défis de son temps. FB souligne la qualité de l’équipe UDF qui l’entoure depuis 2002. Cette équipe a toutes les qualités requises pour prendre les responsabilités demain. Ce congrès marque une rupture mais il est uneaussi une forme d’incarnation. Les membres de l’UDF n’ont pas seulement le destin du Centre dans la politique française, ce dont nous avons la charge, c’est l’espérance d’un pays qui avait depuis longtemps oublié le sens de ce mot. Le Président appelle de ces vœux qu’une génération d’hommes politiques résistants et rebelles apparaisse. Notre Parti doit être différent et rebelle, et surtout ne pas céder. Refusant de répondre à la question de l’appartenance de l’UDF à la majorité, il répond que la seule majorité qui nous intéresse c’est celle de 2007. L’UDF a une démarche de rassemblement capable de réunir des français qui ont des valeurs et des parcours différents, elle a vocation d’être une force politique de renouvellement et de rassemblement. Notre parti s’appuie des valeurs telles que l’honneur, l’ordre, mais également la générosité et le partage, valeurs qui doivent être réunies. Abordant la crise des banlieues, symptôme terrible des crises françaises, il s’étonne que l’on n’en parle presque plus alors que cela devrait être une priorité nationale. Ce drame ressemble, comme l’a exprimé Jean Christophe Lagarde, à une jacquerie qui n’avait pas de chef, pas de mot d’ordre. C’est une forme de détresse qui ressemble à de l’automutilation. Le Président estime que le monde rural connait le même type de difficultés, mais tous les problèmes de la France ne relèvent pas uniquement des problèmes liés à la sécurité. Les citoyens français ont un réel besoin de reconnaissance et d’identité. Durant les 18 mois qui nous séparent des échéances politiques majeures, il ne sera pas nécessaire de détailler un grand nombre de promesses ou de mesures technocratiques mais plutôt de trouver les mots justes pour faire face à ces difficultés. Il faut arrêter de traiter les problèmes comme des dossiers, il faut les traiter comme des hommes. François Bayrou a refusé de signer la pétition contre l’homo-parentalité, non pas qu’il soit forcement favorable à cette mesure mais il constate que des milliers d’enfants sont élevés aujourd’hui par un père ou une mère homosexuel. Il fait part de divergences réelles avec Nicolas Sarkozy qui accepte parfois une surenchère de la violence même verbale. Les responsables politiques doivent écarter ce risque pour créer un pays uni et réconcilié. Evoquant ensuite le positionnement de l’UDF et le choix de l’indépendance, il est conscient que c’est un pari risqué mais, vu la situation du pays, prendre ce risque était un devoir. Tous les français prennent des risques dans leur vie, l’UDF n’est pas là pour maintenir le confort des places, des ors de la République. Nous sommes là car nous avons décidé de changer la vie et la situation de notre Pays. F.Bayrou prend l’engagement de ne pas faire de promesses électorales et considère que la mission de la politique est de conduire le monde. Aussi regrette t’il que l’Union Européenne n’intervienne pas pour défendre les emplois d’Arcelor en Europe. La politique doit conduire et bâtir la société sur des valeurs morales, elle doit lutter contre des valeurs qui seraient exclusivement financières. Il se prononce pour qu’une date soit trouvée pour commémorer les crimes liés à l’esclavage, et, à titre personnel il est favorable pour le 27 avril qui rappellerait le 27 avril 1848, date de l’abolition de l’esclavage par Victor Schoelcher. Le Président de la République est dans son rôle lorsqu’il rappelle les enjeux liés à la mémoire historique, aussi il ne comprend pas pourquoi la France et le Chef de l’Etat n’ont pas commémoré l’anniversaire d’Austerlitz. Le message de la France dans le monde doit garder son originalité en évitant toute forme d’arrogance. La place de la France doit rester centrale au cœur de l’Europe. Si notre pays n’assume pas son rôle de constructeur et d’inspirateur de l’Europe, il n’y aura plus de destin pour celle-ci. Regrettant que progressivement de recul en recul l’Europe s’efface, il souhaite que l’Union Européenne envoie des messages forts au Proche-Orient car il rappelle qu’elle est le principal financier de l’autorité palestinienne. Concernant la dissuasion nucléaire, F. Bayrou partage le point de vue du Président de la République lorsque celui ci affirme que les intérêts vitaux de la France ne se limitent pas à nos frontières, mais que l’intérêt vital de nos alliés est aussi notre intérêt. Le Président de l’UDF considère que l’arme atomique ne doit pas être utilisée pour faire face au terrorisme : c’est une arme de dernier recours. Il envisage de réformer la démocratie française, et considère que l’Assemblée Nationale devra à l’avenir respecter les diversités du pays en renforçant la place des femmes L’Etat doit être soumis aux mêmes règles et à la même justice que celle imposée aux citoyens. François Bayrou évoque ensuite l’affaire d’Outreau qui a démontré les défaillances du système judiciaire et a brisé des vies. Il souhaite rétablir l’équilibre entre l’accusateur et le défenseur dans la procédure pénale en créant un juge de l’instruction. Pour conclure, François Bayrou propose un projet d’espérance pour la France, il est persuadé que quelque chose a commencé à Lyon. Si les adhérents de l’UDF parlent le langage des gens, vieux et jeunes tous membres de la communauté nationale, alors aucune victoire ne nous est interdite car le pays a besoin à nouveau d’espérer.
Damien Thiébaut 28/29 janvier 2006

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