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lettre d'information
 

Discours d'ouverture d'Anne-Marie COMPARINI

 

Allocution d'Anne-Marie COMPARINI en ouverture du Congrès Extraordinaire de l'UDF à Lyon les 28 et 29 janvier 2006
Mes chers amis, cher François, Pour le Congrès extraordinaire, la Fédération du Rhône s’était promise de bien vous accueillir. Mais jen’avais pas imaginé qu’on vous offrirait un week-end de neige ! Quoi qu’il en soit, vous avez bravé le mauvais temps et nous voilà réunis à Lyon, et c’est avec joie que je vous accueille tous au nom de la Fédération du Rhône. Et j’ai une pensée pour ceux des 2 800 inscrits qui ont été bloqués quelque part en France et qui sont maintenant avec nous ! J’aurais voulu pour ce discours d’ouverture avoir la faconde d’un Santini ou être drôle comme Maurice Leroy. Mais je ne le suis pas. Cela ne vous étonnera pas : depuis Pagnol et la fameuse partie de cartes, chacun sait que M. Brun, le lyonnais est plus sérieux que César ou Marius et qu’il ne verse pas dans l’émotion exubérante. Et pourtant, une fois n’est pas coutume, je suis vraiment heureuse que Lyon ait été choisie pour ce qui sera à mes yeux, un moment historique pour notre mouvement. Pour tout vous dire, je serai même enchantée si l’esprit de notre ville pouvait l’inspirer. En disant cela, je vois déjà certains se demander « mais quel est donc cet esprit lyonnais ? » J’en vois d’autres, rechercher les traits de caractère que nous retirons de notre réputation de capitale de la gastronomie. Ou plus récemment du titre de Champion de France de foot pour la 4ème année consécutive, et bientôt pour la 5ème fois. Permettez moi de vous dire, c’est déjà pas mal. Car pour être cela, il faut aimer le travail bien fait, les efforts sans cesse renouvelés et l’esprit de compétition. Mais ce n’est pas suffisant pour expliquer notre esprit lyonnais, car il est le fruit d’une histoire ancienne. 2 OOO ans durant lesquels Lyon s’enracine pour devenir au fil des siècles une métropole économique, intellectuelle et artistique à vocation européenne. Et surtout pour, peu à peu, forger l’esprit de ses habitants. Qu’on en juge. Depuis les grandes foires du Moyen Age ou les intenses activités marchandes et bancaires de la Renaissance qui ont vu s’implanter à Lyon, tour à tour, Suisses, Allemands et Italiens, nous savons que nos « bonnes fées sont étrangères ». L’ouverture au monde est donc chez nous une deuxième nature et nous en apprécions ses bienfaits. Depuis les Canuts ou sous l’influence des penseurs humanistes du 19ème siècle, nous savons aussi qu’il n’y a de richesses que d’hommes. Ainsi les progrès scientifiques que nous recherchons avec force car ils sont à la base du développement, vont-ils de pair, pour nous, avec les avancées sociales. Enfin, depuis sainte Blandine et les premières communautés chrétiennes, depuis Lyon, la girondine face à Paris, la révolutionnaire, depuis la tragique période des lendemains de 40, nous nous reconnaissons dans les Lyonnais qui ont su résister à la soumission et qui ont dû pour défendre nos libertés premières, essentielles, faire preuve de la vertu des temps difficiles : le caractère. Vous le voyez, mes chers amis, le hasard a bien fait les choses en nous réunissant ici. Je suis convaincue que cet esprit lyonnais qui ressemble étrangement à celui de notre famille politique soufflera sur nos travaux et les stimulera pour établir les bases du projet UDF pour la France. Certains diront un projet ? Ne faut-il pas d’abord fixer notre identité ? Pour moi, notre identité, notre positionnement, la liberté de notre ton, c’est par nos actes fondateurs et par la mise en œuvre d’idées nouvelles au service de notre Pays, que nous les définirons. Et que nous échapperons enfin à un manichéisme réducteur qui inspire certains milieux et qui consiste à dire en guise de programme « je suis d’un camp ou de l’autre ». L’affaire, j’en conviens, n’est pas mince. C’est vrai, ce congrès n’est pas comme nous l’avions imaginé, puisqu’il n’y a qu’une motion. Mais finalement ça tombe bien, nous allons pouvoir travailler. Travailler sur du concret. Du concret qui parle plus aux Français que tous ces débats sur la vie parfois agitée des partis ! Depuis des mois, nos équipes débattent sur les grands chantiers ouverts par François. Déjà, des propositions se dessinent. Elles rompent avec les modes de pensée et d’action des dernières décennies et elles nous font changer d’époque. Mais elles doivent d’être encore affinées et mieux partagées entre nous. Dès lors vous en conviendrez, ces deux journées nous seront bien utiles. Elles le seront aussi, pour affirmer notre liberté de penser et d’agir, hors des anciens clivages. Je sais bien que ces clivages, la fameuse « bipolarisation » qui a marqué notre vie politique depuis plus 30 ans sont devenus une habitude, bien confortable pour certains. Mais ils ont réduit dans le même temps la diversité de l’expression politique et finalement, supprimé la parole libre. Et dans les temps difficiles, il faut parler. Il faut débattre. Et bien expliquons sereinement ce que pourrait être à mes yeux l’UDF. D’abord, un pôle de ralliement d’hommes et de femmes qui ne veulent plus qu’élection après élection les Français aient une image des politiques au mieux dévalorisée, au pire rejetée, une image qui provoque abstention, vote extrêmes et une France toujours coupée en deux quelque soit le sujet abordé. Ensuite, un pôle qui refuse d’éluder le débat. Le débat, c’est le seul moyen d’éviter les réactions épidermiques qui conduisent à une radicalisation des partis dominants, à la négation des réalités et à des réformes menées sabre au clair. Enfin, un pole d’hommes et de femmes qui assumeraient leurs responsabilités, notamment à l’égard de la jeune génération. Il n’y a pas qu’une Planète en bon état que nous devons lui léguer. Nous lui devons aussi un Pays rassemblé qui sait à nouveau vivre dans la perspective de demain. Pensons à tout cela mes chers amis en ce début de Congrès, les Français l’attendent, et souhaitons que cet esprit lyonnais que vous connaissez bien maintenant inspire notre action pour les mois à venir, des mois qui vous le savez seront déterminants pour notre mouvement.

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