jeudi 7 juin 2007
Après les dérives du bipartisme, les charmes d’une Assemblée monocolore ? Pour une mobilisation de chacun contre la concentration excessive des pouvoirs
Par Anne-Marie Comparini, jeudi 7 juin 2007 à 11:44 :: General
La cause semble entendue : la victoire de la majorité présidentielle est acquise, reste à en déterminer l’ampleur. 70, 80% ? Aucun parti sous la Ve République, même aux plus glorieuses heures du gaullisme ou du mitterrandisme, n’aura détenu à lui seul une majorité de sièges aussi écrasante. La vague de 1993 était en effet portée par deux partis (RPR et UDF).
Entendons-nous bien : disposer d’une majorité est nécessaire pour lancer des réformes qui ne le sont pas moins ; les épisodes de cohabitation ont engendré plus de confusion que de construction. Mais le phénomène que nous vivons ces dernières semaines est tout autre : il s’agit de la plus excessive entreprise de concentration des pouvoirs aux mains d’un seul homme, si bien que Matignon comme les ministères se profilent de plus en plus comme des succursales de l’Elysée, chargées de la seule exécution de mesures préparées « au château ».
De plus, comme on n’attrape pas les électeurs avec du vinaigre, la grande parade des effets d’annonce et des cadeaux fiscaux n’est pas près d’être enrayée, de manière à atteindre le seul but : obtenir le maximum de sièges et juguler par tous les moyens – comme j’en ai fait l’expérience avec le contenu de la profession de foi « initialement proposée » par mon adversaire – toute tentative de voie indépendante et libre. La création d’un parti-croupion comme le Nouveau Centre en témoigne.
Après avoir subi les méfaits du bipartisme stérile, les Français sont-ils prêts à accepter les ravages du quasi-parti unique, en termes de représentation parlementaire, qui nous est promis ??? Je le dis et je le répète : n’ayant jamais eu pour vocation de paralyser l’activité gouvernementale, je ne me sens guidée que par le souci d’exercer mon rôle de parlementaire, c’est-à-dire de garder la liberté et la faculté de discuter, voire d’amender, les textes de loi qui sont proposés, avant d’émettre un vote qui varie non pas en fonction de l’identité de « l’émetteur » mais de la qualité et de l’utilité du texte lui-même.
Je compte sur la maturité et le discernement des électeurs de la 1ère circonscription de Lyon pour m’aider à écarter la menace d’un Parlement monocolore qui ne saurait être en mesure de garantir un réel débat démocratique et d’apporter les réformes justes qui sont attendues.
Le meeting d’hier soir autour de François BAYROU, avec plus d’un millier de participants, m’a convaincue que cette mobilisation était en bonne voie.