Comparini Blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 7 juin 2007

Après les dérives du bipartisme, les charmes d’une Assemblée monocolore ? Pour une mobilisation de chacun contre la concentration excessive des pouvoirs

La cause semble entendue : la victoire de la majorité présidentielle est acquise, reste à en déterminer l’ampleur. 70, 80% ? Aucun parti sous la Ve République, même aux plus glorieuses heures du gaullisme ou du mitterrandisme, n’aura détenu à lui seul une majorité de sièges aussi écrasante. La vague de 1993 était en effet portée par deux partis (RPR et UDF).

Entendons-nous bien : disposer d’une majorité est nécessaire pour lancer des réformes qui ne le sont pas moins ; les épisodes de cohabitation ont engendré plus de confusion que de construction. Mais le phénomène que nous vivons ces dernières semaines est tout autre : il s’agit de la plus excessive entreprise de concentration des pouvoirs aux mains d’un seul homme, si bien que Matignon comme les ministères se profilent de plus en plus comme des succursales de l’Elysée, chargées de la seule exécution de mesures préparées « au château ».

De plus, comme on n’attrape pas les électeurs avec du vinaigre, la grande parade des effets d’annonce et des cadeaux fiscaux n’est pas près d’être enrayée, de manière à atteindre le seul but : obtenir le maximum de sièges et juguler par tous les moyens – comme j’en ai fait l’expérience avec le contenu de la profession de foi « initialement proposée » par mon adversaire – toute tentative de voie indépendante et libre. La création d’un parti-croupion comme le Nouveau Centre en témoigne.

Après avoir subi les méfaits du bipartisme stérile, les Français sont-ils prêts à accepter les ravages du quasi-parti unique, en termes de représentation parlementaire, qui nous est promis ??? Je le dis et je le répète : n’ayant jamais eu pour vocation de paralyser l’activité gouvernementale, je ne me sens guidée que par le souci d’exercer mon rôle de parlementaire, c’est-à-dire de garder la liberté et la faculté de discuter, voire d’amender, les textes de loi qui sont proposés, avant d’émettre un vote qui varie non pas en fonction de l’identité de « l’émetteur » mais de la qualité et de l’utilité du texte lui-même.

Je compte sur la maturité et le discernement des électeurs de la 1ère circonscription de Lyon pour m’aider à écarter la menace d’un Parlement monocolore qui ne saurait être en mesure de garantir un réel débat démocratique et d’apporter les réformes justes qui sont attendues.

Le meeting d’hier soir autour de François BAYROU, avec plus d’un millier de participants, m’a convaincue que cette mobilisation était en bonne voie.

Lire la suite

lundi 4 juin 2007

Le nouveau souffle du débat public

Ce qui me frappe dans les rencontres que j’effectue à un rythme quotidien ces dernières semaines, arpentant les différents quartiers de ma circonscription, des Etats-Unis à Vaise, en passant par Gerland, le Vieux-Lyon et le Point du Jour, ce n’est pas l’affluence : celle-ci est certes satisfaisante, plus d’une trentaine de participants à chaque débat, mais ce qui me marque le plus c’est la qualité du dialogue qui se développe avec et entre ces personnes qui ont choisi de venir parler librement de leurs attentes, de leurs craintes et de leurs espoirs. Qualité des questionnements, qualité des interventions, qualité du rapport à l’autre : notre dialogue s’enrichit jour après jour, à la faveur de cette culture retrouvée de l’échange qui exclut la polémique, l’outrance et l’agressivité. Une modération d’autant plus remarquable que cette assistance est marquée par une grande diversité, dans les parcours, dans les âges, dans les situations professionnelles. Cette modération, qui n’exclut en rien la fermeté des convictions, témoigne d’une évolution capitale de ce que j’appellerai « l’état d’esprit public » : elle renvoie probablement à une prise de conscience récente selon laquelle la stratégie de l’affrontement et du manichéisme n’est plus adaptée à l’ampleur de défis auxquels la France se trouve confrontée. Je me réjouis de cette évolution, persuadée que, tôt ou tard, ce nouveau souffle apporté au débat public, et auquel j’apporte ma modeste contribution, influera favorablement sur la pratique même de notre régime démocratique.

Lire la suite